10/10Korn - Korn

/ Critique - écrit par weirdkorn, le 07/06/2004
Notre verdict : 10/10 - Inkorntournable (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 4 minute(s) - 6 réactions

Il y a des albums qui arrivent à révolutionner le monde musical, à créer un genre nouveau qui sera mainte fois repris plus tard. Cet album, c'est Korn, premier disque du groupe du même nom qui va réussir à marquer toute une génération, tant par le contenu des paroles que par le style musical joué. Au début des années 90, le fusion prenait de l'ampleur avec Rage Against the Machine ou Faith No More et était un genre alliant phrasé rap, grosses guitares et un bon côté groovy. Korn va avec cet album pousser ces limites au maximum en apportant un son très grave et une puissance monstrueuse. Parce que l'on peut constater qu'il y a bien un avant et un après Korn dans le monde du métal. Le groupe a su créer un nouveau genre de musique. Le public l'a suivi et ce n'était pas gagné d'avance.

Korn est un groupe entièrement originaire de Bakersfield, ville paumée de Californie. En 1993, alors que David Silveria (batterie), Fieldy (basse), Head et Munky (guitare) cherchent un chanteur pour former leur nouveau groupe, ils tombent dans un club sur Jonathan Davis en train de chanter. Les quatre musiciens pensent que cet homme est le chaînon manquant de leur musique, l'homme qui leur permettra enfin d'exploser et le prennent donc en tant que chanteur. Rien à redire, c'était le choix qu'il fallait. Jonathan Davis, multi-instrumentaliste, est un condensé de tortures et de tourments qui va amener toute sa créativité au groupe et hurler toute la hargne qu'il garde en lui. Il va se servir de chaque chanson pour faire une psychanalyse publique et ressortir tous les traumatismes qui le hantent. Le 11 octobre 1994, sous l'égide de Ross Robinson, producteur encore inconnu, sort le premier album de Korn. L'histoire est en marche.

Il n'y a rien à redire, Korn est parfait de bout en bout. Cet album nous prend aux tripes comme aucun autre ne l'a fait auparavant et ne l'a encore fait. Chaque piste est un bijou de puissance, d'intensité, de noirceur et d'émotions. La guitare sonne très grave (première utilisation de l'Ibanez sept-cordes), la basse claque comme jamais apportant une rythmique de folie aidée par le jeu de David à la batterie mais ce que l'on retient avant tout, c'est le chant de Jonathan Davis. On ressent chaque parcelle d'émotion dégagée par sa voix. Il chante, il hurle, il pleure, il passe des passages les plus calmes aux plus violents en débitant à toute allure des borborygmes. Les textes autobiographiques sont somptueux, démontrant un malaise et une profondeur rare. C'est le son Korn, toute une folie, une rage interne s'empare de nous et nous transporte vers une autre dimension.

Korn débute par Blind et sa fameuse intro où Jonathan ouvre les hostilités avec un "Are you ready ?" déchirant qui a le mérite de prévenir le déluge que l'on va subir. Le rythme est dément, ponctué par de nombreux changements de rythme et une intensité progressive. Korn comporte douze titres, tous excellents mais je ne vais pas m'étendre sur chacun d'entre eux pour me concentrer sur mes préférés. Avec Clown et Faget, on rentre dans l'autobiographie pure et dure. Jonathan rentre dans son sujet préféré, son passé de souffre-douleur où les autres le maltraitent et le traitent de tapette parce qu'il n'entre pas dans le moule. Faget ne sera d'ailleurs jamais égalé. Cette chanson, c'est six minutes d'intensité croissante où Jonathan hurle toute sa rage envers les autres et sur le fait qu'ils ne le comprendront jamais. Ce titre démarre déjà très fort mais change complètement de direction à sa moitié pour le rendre unique et culte. La deuxième partie est une montée et une descente constantes de puissance où Jonathan extériorise toute sa rage, le tout se terminant dans un final d'une puissance et d'une intensité rarement égalées. Suit Shoots and Ladders qui commence par une cornemuse, donnant un rythme et une ambiance incroyables, calme et psychédélique au début pour de nouveau sombrer dans la folie la plus totale sur la fin. Le titre le plus chargé en émotion et qui marque le plus est le dernier, une habitude qu'a ensuite pris le groupe. Cette chanson, dénommée Daddy, parle à la première personne d'un petit garçon violé. Débutant sur une merveilleuse voix limpide, la basse nous ramène tout de suite vers la noirceur de Korn, tout comme l'intensité progressive qui s'installe, pour finir sur les sanglots et les hurlements de Jon. Une chanson qui marque, il n'y a pas de doute là dessus. Il faut d'ailleurs voir Korn en live lors de ces premières années pour mieux se rendre compte de la puissance émotionnelle et sonore du groupe. Jouant tous avec une rage intense, on est hypnotisé par la performance scénique de Jonathan duquel se dégage plus que du charisme, même une aura lors de l'interprétation de tous ses morceaux, faisant ressortir ses souffrances et sa hargne.

Vous l'aurez compris, Korn fait partie de ces albums indispensables. Ce disque prend aux tripes, tant par les paroles que par la musique. En créant un nouveau genre d'une puissance, d'une intensité et d'une profondeur difficilement égalable, Korn a montré toute l'étendue de son talent qu'il prouvera de nouveau par la suite. Impossible de rêver une meilleure entrée en matière.

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