A-t-on encore besoin de présenter Korn ? Ce groupe américain a popularisé un style de musique alors méconnu du grand public, mais désormais célèbre : le neo metal. En effet, que serait Limp Bizkit et autres sans Korn ?
Même si Korn a été tant copié, il n'a jamais été égalé. Car ce groupe a toutes les caractéristiques d'un très grand groupe de rock : un chanteur charismatique, Jonathan Davis, véritable fer de lance et vitrine du groupe. C'est lui qui compose et écrit les chansons de son groupe. C'est sa voix inimitable qui est en grande partie responsable du succès fulgurant du groupe, aidée par des mélodies imparables, des guitares furieuses et un batteur aux bras d'acier.
Korn a connu, en effet, très rapidement, un succès phénoménal, dès le premier album, au nom très original : Korn. Il faut se rendre à l'évidence : ce disque est fantastique. Il enchaîne les tubes à une vitesse incroyable : Blind, ball tongue, need to... Encore maintenant, sept ans après sa sortie, Korn reste le meilleur disque du groupe, et sert toujours de référence pour ce genre de musique. Avec cet album, Korn imposa au monde entier un style, qu'il confirmera avec son second album Life is peachy.
Ce dernier est dans la continuité de Korn avec quand même quelques changements. Les capacité vocales de Jonathan Davis sont plus exploitées, notamment avec ses fantastiques aboiements, qui annoncent la couleur dès twist, puis plus tard durant Wicked. Certains iront jusqu'à dire que life is peachy est le meilleur album de Korn, même si pour moi il ne reste qu'à la deuxième place juste derrière korn. En tout cas, il constitue une suite logique et confirme l'identité du groupe, acquise lors du premier album.
Identité quelque peu perdue lors du troisième album follow the leader. Car même si là de nombreuses chansons restent dans la lignée des album précédents, comme it's on ou dead bodies everywhere (vous aussi vous aimez ce titre), la participation du rappeur Ice Cube sur quelques chansons, pas forcement déplaisantes (all in the family), dérange un peu, tout comme le fait de laisser une chanson à succès de life is peachy (A.D.I.D.A.S.) figurer dans la track list, ce qui donne un arrière goût de marketing quelque peu désagréable, sur un album de Korn moins bon que les précédents il faut l'admettre, mais bien meilleur que ceux de tous les clones apparus après leurs premiers succès.
Mais la vraie déception réside dans le quatrième album, Issue, qui marque encore une cassure un peu plus profonde avec le passé de Korn. En lui même, ce disque n'est pas mauvais, mais plus grand public (ce qui ne veut pas dire que votre grand-mère fera ses courses en chantant du Korn). Qui aurait un jour cru qu'une chanson de Korn pourrait servir comme support pour une pub d'Adidas. Ce qui fait que les chansons sonnent comme du Korn, ont le goût de Korn, mais ne sont pas tout à fait du Korn. Et là, nous arrivons au principal problème de Korn.
Qu'un groupe fasse de la pub, vende des millions de disques et gagne beaucoup d'argent ne me dérange pas du tout. Mais que tout cet argent lui monte à la tête, et qu'il ne fasse des chansons non plus dans un but de recherche artistique, mais pour toucher le plus grand nombre de personnes et gagner encore plus d'argent, cela pose un réel problème. Et c'est ce à quoi tend Korn depuis follow the leader. La participation d'Ice Cube à follow the leader est peut être innocente, mais peut-être aussi pour attirer les fans de rap. Et j'ai les pires craintes pour le cinquième album qui va sortir cet été. Car même si aucune piste n'est encore disponible à l'écoute, une interview où Jonathan Davis avoue que "Korn essaie de devenir le plus heavy possible car c'est ce que le public veut", ne présage rien de bon.
Un groupe de la trempe de Korn n'a plus besoin de chercher son public, c'est le public qui devrait aller vers lui, à l'instar d'un vulgaire boys band. Jonathan Davis devrait laisser faire son talent sans prendre en compte toutes les considérations extérieures. Pour l'instant, il ne nous reste qu'à espérer que Korn ne soit pas encore totalement englouti dans l'océan du marketing, et que le prochain album soit meilleur que le dernier et renoue ainsi avec la qualité perdu de Korn et de life is peachy. Sinon il nous restera toujours les disques de Deftones, et les premiers album de Korn pour nous consoler en attendant un hypothétique prochain album.
11 juin 2002, 14h30. L'équipe de France vient de perdre 2-0 contre le Danemark, mais étrangement, je ne suis pas effondré comme le sont des millions de fans. La raison est que le 11 juin est justement la date de sortie mondiale du fameux cinquième album de Korn, untouchables, qui a fait fantasmer des milliers de fan sur le Net, où circulaient des rumeurs toutes plus étranges les unes que les autres, ainsi que des titres étranges, dont certains se révèlent être effectivement des démos de pistes présentent sur le CD. Et à cette heure précise, j'ai déjà ce CD qui tourne sur ma platine depuis quelques heures, afin de vous faire part de mes premières impressions à ce sujet.
Passons maintenant aux choses sérieuses : la musique en elle-même. Après mes premières écoutes de ce disque, je ne peux être sûr que de deux choses : que Korn aime brouiller les pistes, et que ce disque est très bon. En effet, alors que la mode actuelle en matière de metal, avec des groupes influencés par Korn comme Slipknot, Ill Niño ou Mushroomhead, consiste à faire le plus de bruit possible, si possible en hurlant, vous ne trouverez aucun passage chanté très violemment à la manière d'un bon vieux twist. Jonathan Davis a fait un travail vocal considérable, afin d'obtenir des effets inédits. Tout comme les guitaristes, qui utilisent parfois une nouvelle pédale, qui donne le son le plus lourd jamais obtenu avec cet instrument. Puisque nous sommes dans le domaine technique, profitons en pour dire que cet album a été enregistré avec une nouvelle technologie, d'habitude utilisée pour de la musique classique, pour rendre le son de meilleure qualité.
Alors que les précédents albums avaient plus ou moins en leur sein une ligne directrice, ce n'est pas le cas pour celui-ci : les titres s'enchaînent, mais ne se ressemblent pas, et sont parfois très déconcertants. Lors des premières écoutes, on ressent un peu le même sentiment que l'on a lorsqu'on écoute un disque de Tool. On n'a aucun repère, on ne sait plus dans quelle direction va partir la musique, ce qui est assez nouveau pour un groupe comme Korn. Malgré cela, on reconnaît la patte de Korn, mais on est étonné par des titres comme embrace ou wake up hate, introduisant des passages planant pour le premier et des sonorités electro dans l'autre, pour donner des titres ne ressemblant à rien de connu.
Cet album, même s'il ne révélera toutes ses qualités que par la suite, est néanmoins une bonne surprise et rassurera tous les fans ayant eu des doute quant à la possibilité pour Korn de rivaliser avec tous les nouveaux groupes à succès qui occupèrent le terrain pendant son absence. Cet album est la preuve que Korn ne s'abaisse pas à jouer dans le même registre que ses concurrents, et reste intouchable sur son piédestal. Pour info, Korn donnera un concert à Paris Bercy, le 14 septembre 2002. Réservez vite vos places, il n'y en aura peut être pas pour tout le monde !!
Loic []

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