Jude - Interview

/ Interview - écrit par Filipe, le 13/10/2005

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Interview de Jude

Mardi 11 octobre 2005, 16h45, réception du Terrass Hôtel, à deux pas du Moulin Rouge. Mon rendez-vous avec Michael "Jude" Christodal était fixé à 16h30, mais ce léger retard ne m'embête pas plus que ça. Après ces quelques minutes d'attente, l'ascenseur affiche à présent le compte à rebours de notre rencontre. 8,
7, 6... Le temps de me remémorer certaines questions incontournables, qu'il ne faut absolument pas que j'oublie de lui poser, parce que je ne risque pas de le revoir de sitôt... 5, 4, 3... Je m'apprête à vivre un moment unique et privilégié avec un artiste, dont je suis un inconditionnel de la première heure... 2... Un léger sentiment d'angoisse se fait ressentir. Ce "2" est terrible. Je prends conscience de l'imminence de l'événement... 1... Mon coeur s'apprête à flancher. Ce serait drôlement ennuyeux, si près du but... 0... La porte s'ouvre. Il était temps. Je suis plus impatient qu'angoissé en fin de compte. Le chanteur américain s'approche de moi. Nous nous saluons rapidement. Il s'excuse de son retard. Je ne lui en tiens pas rigueur, et lui indique une table non loin de l'accueil. Il est temps de voir s'il me reste quelque chose de mes douze années d'anglais.

Krinein : Jude, merci de nous accueillir à l'occasion de ton passage à Paris. La presse te compare souvent à Jeff Buckley, Beck, Bob Dylan ou Damien Rice, et définit ta musique comme un mélange de funk, folk, pop et rock. Pourrais-tu une bonne fois pour toutes nous décrire ton propre style de musique avec tes propres mots ?
Jude : Je crois qu'à force de répondre à cette question, je suis un peu responsable de ce mélange. Mais je ne peux vraiment pas coller une étiquette à ma musique. Par contre, je peux essayer de te dire d'où elle provient. (pause) J'essaie d'être un auteur-compositeur qui dit la vérité. Depuis mes débuts, je crois que mes chansons collent assez bien à la réalité. Ce sont des chansons narratives. (pause) Désolé, je vais peut-être paraître un peu présomptueux, mais même s'il y aura toujours des gens à qui l'on pourra me comparer, je crois que ce qui importe le plus, (pause) c'est ma voix. Je me suis laissé influencer par Paul Simon et de nombreux poètes. Par la musique folk, que mon père avait l'habitude de jouer. Par les Beatles, orchestralement et musicalement parlant. Parfois, j'essaie de reproduire certaines choses mais je n'essaie pas d'être Bruce Springsteen ou n'importe qui d'autre. Quelqu'un comme Jeff Buckley a connu des hauts et des bas, puis a disparu. Damien Rice s'est fait connaître assez vite, j'espère pour lui qu'il continuera d'être au top pendant longtemps. De mon côté, j'essaie d'écrire des choses censées, j'entends pour moi-même. Je n'essaie pas de changer le monde. Je me dis juste : que se passerait-il si je disais la vérité dans mes chansons, que j'imaginais les musiques autour et que je les chante sur scène ?

Quand as-tu décidé de vivre de ta musique ?
Quand je suis arrivé à Los Angeles aux alentours de 1994-95, je me suis mis à écrire plusieurs chansons. J'avais déjà suffisamment de matière. J'ai fait quelques petits boulots et puis j'ai eu l'opportunité de présenter quelques-uns de mes morceaux à des professionnels de la chanson. Je me suis inspiré de Bukowski, en tentant de trouver la vérité au milieu d'une foule de pensées. Je me suis astreint à cette vérité, en me permettant quelques écarts parfois. J'ai écrit quelques jolis vers. J'en ai retenu certains pour en faire des poèmes. Et puis, je les ai agrémentés de musiques. Les structures des chansons venaient d'elles-mêmes. Elles m'ont d'ailleurs aidé à exprimer mes pensées de façon plus précise. J'ai pu commencer à vivre de ces chansons à partir de 1996, lorsque j'ai enregistré mon premier album 430 N. Harper Avenue avec BMG Music. J'ai été assez libre pour écrire toutes ces chansons en fin de compte.

Est-ce que tu avais des angoisses au tout début ? Peur de ne pas trouver ton public ou de ne pas avoir assez d'argent pour poursuivre dans cette voie ?
Oh oui, je crois que j'avais peur de ne pas réussir, tout simplement. Je ne m'attendais pas à connaître toutes les mésaventures qui me sont ensuite arrivées avec ma maison de disque. On ne sait jamais si les choses vont bien se passer par avance. C'était assez frustrant pour moi, parce que je voulais vraiment réussir à être au centre de conversations culturelles. Aux Etats-Unis, c'est assez difficile d'obtenir ce résultat. La radio m'en a écarté pendant un temps, mais je crois que ça va mieux maintenant. Je ne me pose plus toutes ces questions.

Je t'ai découvert en même temps que ton deuxième album, No One is Really Beautiful, sorti en 1998 grâce au concours du label Maverick. La presse spécialisée s'est montrée quasi unanime. Quelle a été ta réaction à l'époque face au succès de ce disque ?
Je me suis dit que j'étais très en retard. (sourire) Le disque aurait pu sortir deux ans plus tôt. Les chansons ont été écrites bien avant 1998. Mais j'ai mis beaucoup trop de temps à les enregistrer. Je ne vais jamais assez vite dans ce que j'entreprends. J'étais flatté, mais je n'étais pas surpris. J'étais frustré à cause de ces enregistrements. Certains auraient pu se faire plus simplement. Il y avait déjà eu un premier album, très éclectique. Le label voulait que je change un peu ma manière de composer. Moi, je voulais faire les choses à ma façon, suivant ce que je savais faire. Mais finalement, je suis assez fier de ce disque. (au serveur de l'hôtel, qui lui apporte son "café au lait") Merci monsieur...

Et puis en 2001, tu enregistres King of Yesterday. Tu n'es pas en mesure de faire le disque que tu souhaitais à l'époque. Le label a refusé que tu enregistres ta chanson Cuba. Que penses-tu de cet album aujourd'hui, avec le recul ? Si je te montrais la pochette du disque, quelle serait ta réaction ?
Je crois que je pointerais mon doigt sur les trois ou quatre chansons qui me plaisent vraiment, et que je joue en concert : Indian Lover, Red Room et King of Yesterday. Naïve m'a proposé de sortir une nouvelle version de cet album, de changer certaines chansons pour le marché français. J'ai retiré les choses qui ne me plaisaient vraiment pas, je les ai remplacées par d'autres. Le disque me plait davantage à présent, j'aurais aimé pouvoir l'enregistrer de cette manière auparavant. Mais bon, ça n'a pas pu se faire à ma façon. Les gens du label (ndlr : Maverick) trouvaient que le disque était assez désordonné. Je me suis battu avec eux. Je les ai détesté. Eux aussi m'ont détesté. Tout a été une histoire de compromis. Pour les rassurer, j'ai du faire en sorte que le disque soit diffusable à la radio. Plus tard, lorsqu'il a été question de le remodeler, je me suis dit que certains morceaux pop étaient quand même assez bons. J'ai retiré le titre I Do, qui figurait pour la troisième fois sur un disque à moi, ce qui me paraissait ridicule. La version finale de King of Yesterday ne compte plus que dix chansons à présent. Il comprend le titre Cuba, qui avait assassiné le disque la toute première fois.

Parle-nous à présent de la manière dont tu as enregistré ton quatrième album, Sarah. Sans l'appui d'une maison de disque, j'imagine que tes méthodes de travail ont du être bouleversées...
Effectivement, il n'y a que moi, ma guitare et mon micro sur ce disque. Les chansons étaient déjà écrites. Elles sont assez anciennes. Je n'avais ni label, ni appartement. Je me suis rendu chez un ami, dans son studio. Je lui ai demandé si je pouvais entreposer toutes mes affaires chez lui pour un temps. Il a été très gentil. Par la suite, je me suis rendu à cet endroit qui s'appelle "Bomb Factory", dans la "Valley", avec mes instruments et mes fichiers informatiques. Je n'allais pas très bien à l'époque, j'étais assez dépressif. J'ai contacté un ami, Clark Gamble, pour qu'il m'aide à franchir certains paliers. J'ai pu enrichir mes morceaux et construire l'album que j'avais prévu de faire. Je n'avais pas pu m'y prendre plus tôt, pour plusieurs raisons : A) j'étais toujours avec elle (ndlr : Sarah, son ancienne petite amie). B) les chansons ont été écrites suivant un certain ordre logique ; les premières datent de la période où tout allait bien entre nous deux ; les dernières ont été écrites au moment où l'on sentait tous les deux que notre relation était plus proche de la fin que du début ; la dernière a été écrite juste avant notre rupture. Pour ce disque, je ne peux pas dire qu'on ait été ultra productif. Mais au moins il sonnait juste. Et puis il y avait toujours cette chanson, Cuba, qui ne collait pas à l'ensemble du disque, à sa chronologie. J'ai hésité à la faire figurer en fin d'album. Voilà, c'est à peu près comme ça que les choses se sont passées. J'étais entouré de mes amis et je n'avais pas d'argent.

Après avoir vécu tout ceci, peux-tu nous dire d'après toi ce qui diffère entre travailler avec et sans maison de disque ? Je sais que tu as été contacté par quelques labels pendant que tu enregistrais Sarah, mais tu as refusé toutes les offres qui te sont parvenues.
L'argent et la liberté. J'ai été déçu par eux mais maintenant ils me soutiennent à 100%. Ils respectent ma façon de penser. Je crois que si j'ai refusé toutes ces offres avant que le disque ne soit achevé, c'est que je savais que la mise au point de cet album allait prendre beaucoup de temps. Je ne voulais pas que d'autres personnes puissent l'écouter et me donner leur avis. J'en avais marre que l'on me dise : "Pourquoi est-ce que tu ne changerais pas ce mot ou celui-ci ?" J'ai un certain talent que je souhaite exploiter à ma façon, et ça ne m'intéresse pas de jouer les seconds rôles sur d'autres chansons. Après tout ce qui s'était produit autour de King of Yesterday, toute cette période de profonde frustration, je voulais faire un disque où l'on puisse lire en filigrane tout le processus de création ayant permis d'aboutir à son enregistrement. Je voulais que King of Yesterday soit un pied de nez aux grandes maisons de disque. Des titres comme Sit Ups ou Everything's Allright évoquent cette frustration. C'était un disque conceptuel. Aujourd'hui, il n'avait plus vraiment de raison d'être, c'était un peu bête de le conserver en tant que tel, d'où son remaniement. J'espère que cela répond à peu près à ta question. Je me suis un peu écarté, non ?

Non, non ! Comment es-tu entré en contact avec Naïve ? Est-ce que c'est toi qui es venu les voir ou bien l'inverse ?
Ils m'ont proposé de travailler avec eux autour de l'album Sarah. Je les avais rencontré auparavant pour d'autres projets. Cet album a retenu l'attention du directeur du label, Patrick Zelnick. Il lui a beaucoup plu, je pense. Je me suis alors adressé à mon avocat. Nous avons défini ensemble les termes du contrat, ce qui a pris environ une semaine. Quelqu'un autour de moi connaissait Naïve, et m'a encouragé à signer avec eux, plutôt qu'avec Universal ou une autre maison. Tout le monde a été très sympathique avec moi. Je pensais que Naïve allait vouloir en faire un plus gros disque. J'avais d'autres chansons déjà écrites sous la main. Mais la proposition de Naïve était plus intéressante : même s'ils se doutaient que Sarah n'allait pas se vendre à un million d'exemplaires, le disque leur plaisait en tant que tel. Il n'y a pas de single qui se détache tout particulièrement du disque. Ils m'ont dit que les autres chansons pourraient faire office d'un nouvel album par la suite. J'en chante certaines en concert. J'en ai chanté quelques unes dimanche dernier (ndlr : son concert du 9 octobre dernier à la Cigale). C'était vraiment très agréable. Le public a bien réagi et j'espère revenir très bientôt pour donner un nouvel aperçu de mon travail, aussi bien au public qu'à la presse. Je suis vraiment très fier de ce disque, du succès qu'il rencontre, parce qu'au départ je ne l'ai écrit que pour moi-même. Il me représente parfaitement. Cela peut paraître un peu prétentieux, mais c'est la vérité.

Le premier titre de King of Yesterday, Everyhing's Allright, était une façon assez ironique de faire état de tes sentiments de l'époque. Le premier morceau de ton album s'appelle Madonna. C'est une chanson d'amour. Est-ce qu'il faut y voir un quelconque rapport avec Maverick, le label de la célèbre star ?
(rires) Non, non, c'est juste un morceau qui évoque mon désir de rencontrer l'âme soeur. Il n'y a rien d'autre à comprendre. J'ai écrit cette chanson il y a bien longtemps. Aucun rapport avec elle. C'est une autre Madonna, dont je parle ici.

Les paroles de You and Me, "If there's one thing in life I truly hate, it's the worship of beauty", peuvent être rapprochées de celles de No One is Really Beautiful. Cette thématique de la beauté occupe donc une place prépondérante dans ta discographie. Comment expliques-tu cela ?
En fait, les deux chansons ont été écrites à la même époque. L'illusion de la beauté en tant que qualité humaine était une idée qui m'obsédait lorsque j'ai découvert Los Angeles. Je voulais me battre contre ça. Je pense que j'ai perdu ce combat. Mais ce qu'il en reste, c'est ce titre de chanson, qui est aussi celui de mon deuxième album. D'ailleurs, avec le recul, ce n'était pas un si bon titre que ça pour un album. (rires) J'aurais plutôt du l'appeler In Between ou I Do...

Your Love is Everything est une chanson qui évoque le besoin de se sentir désiré. D'où cette question, qui me turlupine depuis que je t'ai vu en concert : est-il nécessaire de se sentir malheureux pour écrire des chansons aussi tourmentées ?
Eh bien, je pense que oui. D'après mon expérience, bien sûr. Même en prenant les chansons qui sont écrites pour les vedettes de la scène pop, si l'on s'intéresse aux personnes qui en sont à l'origine, je suis persuadé qu'au plus profond de leur vie émotionnelle il existe quelque chose qui guide leur plume. Que l'on parle d'une chanson country, ou de quoi que ce soit. Ce sont des choses vraies qui sont écrites. Lorsqu'un compositeur invente quelque chose, ça se voit immédiatement. Enfin, je pense... Sans douleur émotionnelle, il n'y a pas cette espèce de couleur qui rend des paroles crédibles. Les chansons qui ne le sont pas ne servent à rien.

Mais lorsque tu te retrouves sur scène et que tu dois interpréter ce genre de chanson, tu n'es peut-être pas toujours dans cet état d'esprit. Ne me dis pas que tu souffres en permanence...
En fait, c'est assez amusant. Lorsque tu interprètes ce genre de titre pour la première fois, tu ressens vraiment cette douleur qui s'en dégage. Je crois que cet effet se prolonge pendant un certain temps. Un peu à la manière d'un acteur qui interprète un rôle dans une pièce. Et plus le temps passe, plus tes sentiments évoluent à l'égard de ce titre. Tu repenses à ce que tu as ressenti et tu acquières une certaine expérience. C'est là que la chanson prend tout son sens. Tu gardes ce lien affectif avec elle. Il ne s'agit pas simplement de l'interpréter, mais de vivre à travers elle. Lorsque j'interprète I Do sur scène, par exemple, on ne peut pas dire que je ressente une douleur aussi intense qu'il y a dix ans, mais je me rappelle de l'époque à laquelle je l'ai écrite. J'associe cette chanson à des événements du présent. Est-ce que ça répond à ta question ? (sourire)

Complètement. A propos des deux dernières chansons de l'album : Black Superman, qui évoque l'histoire d'un amour impossible, et Isn't it Over, dont le titre n'évoque rien de bon. Que doit-on comprendre ?
Parce que notre relation était en train de mourir. Quand une relation se termine, en général tu ne te dis pas "ouah, génial !". Une histoire qui s'arrête, c'est une chose très simple et très triste. Mon intention première n'était pas de saper le moral des personnes qui écouteraient ce disque. Ce disque, je l'ai d'abord écrit pour elle, pour qu'elle entende ce que j'avais à dire et qu'elle sache que je l'aimais encore. Cette relation a été très intense. Elle m'a beaucoup apporté. Je devenais un artiste à l'époque où je la fréquentais. Il faut prendre le disque comme une espèce de cadeau à son égard. C'est pour cette raison que je l'ai voulu sincère. Je l'aimais. A vrai dire, je l'aime encore. C'est comme ça. Je ne me disais pas : "Comment rendre les gens plus heureux ?" C'est la dernière chose à laquelle je pensais, à vrai dire. Je suivais mon instinct.

Après avoir entendu l'album, est-ce qu'elle te considère toujours comme un ami à elle ?
On se parle de temps en temps. Elle est mariée et très heureuse. (émotionné) On se parle de temps en temps. Elle ne m'a jamais appelé à propos du disque. Elle n'est jamais venue me voir à un concert. Elle était déjà fiancée et c'était de l'histoire ancienne. J'ai pris tellement de temps pour finir cet album... C'est vraiment un problème : je prends beaucoup de temps pour finir les choses que j'entreprends. C'était trop tard pour nous deux, en fait, puisque moi aussi je fréquentais déjà quelqu'un d'autre. Il fallait que les choses se terminent une bonne fois pour toutes entre nous. Cet album était une jolie façon d'en finir, d'après moi.

En tout cas, c'est un vrai plaisir d'écouter tes chansons. Tu écris des choses simples, à la portée de tous. Tu évoques des choses de la vie courante, auxquelles chacun peut s'identifier sans trop d'efforts. Comment expliques-tu que le public français t'apprécie autant ? Y'a-t-il une raison culturelle à cela ? Ou se produit-il le même phénomène dans d'autres pays ?
Non, je crois que la France est unique en son genre. J'espère avoir un peu plus de succès en Italie cette année. Nous avons réalisés quelques bons concerts là-bas l'an passé. Je reçois quelques lettres d'Irlande et d'Australie. Mais la France est le pays que j'ai le plus visité ces dernières années. Je remercierai toujours les français d'avoir bien voulu de mes chansons. Peut-être que les Français sont plus intelligents et sympathiques (rires). Non, honnêtement je ne connais pas vraiment les raisons de mon succès ici. Je crois qu'en France, les gens aiment ce genre de chansons, tout simplement. Et puis j'ai eu l'opportunité de sortir des disques ici, contrairement à la Grande Bretagne, par exemple. J'adore venir à Paris. Ma chambre est au dernier étage, j'ai une vue imprenable sur Montmartre. Je vis des jours heureux ici (rires).

En concert, tu reprends tes anciens titres (I'm Sorry Now, I Do, Brad and Suzy) avec le même plaisir qu'auparavant. Tu proposes même au public de participer et tu le fais avec beaucoup d'humour. Tu joues également un morceau, généralement en fin de concert, que tu n'as jamais enregistré sur un de tes disques : On the Dancefloor. Y'a-t-il une raison particulière à cela ?
J'aurais pu le mettre sur le disque qui suivrait King of Yesterday en 2001, sauf que ce disque n'a jamais vu le jour. On est en 2005 à présent. Je ne pouvais raisonnablement pas le faire figurer sur Sarah. On le retrouvera peut-être sur le prochain disque, j'imagine. C'est un peu bête de devoir dire : "Je le mettrai sur le prochain, mais pas sur celui-ci". En plus, je sais que les gens l'aiment bien. Je l'ai joué ici même en 2001.

Et pour finir, quels sont tes projets pour ces prochains mois ?
On verra bien ce que le temps nous réserve. J'ai déjà quelques chansons pour mon prochain album. Quand je les écrivais entre 2001 et maintenant, il y avait des gens comme les Killers ou Franz Ferdinand qui sortaient des choses. C'est très frustrant de se sentir en retard sur les autres. Les gens autour de moi me disent : "Eh, tu as entendu le dernier album d'untel, et celui-ci, et celui-ci..." Je ne me préoccupe plus de ça. Si un album met un peu plus de temps à sortir, eh bien tant pis, ça ne me dérange plus.

Merci beaucoup. Tu es vraiment quelqu'un d'adorable et je te souhaite de connaître encore de longues années de carrière et de succès.
Merci à toi. En espérant te revoir l'année prochaine.


Je remercie également Jean-Charles de chez Naïve pour avoir organisé cette rencontre. Enfin, je remercie Emeric pour m'avoir aidé à mettre au point cette interview en un temps record.

Liste des morceaux figurant sur l'album Sarah, édité par Naïve le 19 avril dernier :

01 - Madonna
02 - Perfect Plank
03 - You and Me
04 - Crescent Heights
05 - Your Love Is Everything
06 - If You Need
07 - Living Together
08 - Black Superman
09 - Isn't It Over

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