6.5/10Rammstein - Rosenrot

/ Critique - écrit par weirdkorn, le 04/11/2005
Notre verdict : 6.5/10 - Reisenrot (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 13 réactions

A peine un an après Reise, Reise, Rammstein ressort déjà un nouvel album avec Rosenrot. C'est d'autant plus étonnant que le groupe allemand nous avait habitués à prendre notre mal en patience entre leurs précédents opus et qu'il vient juste de terminer une longue tournée de promotion. Seulement, après deux albums aux compositions ultra-travaillées, on se demande si Rammstein a pu disposer d'un temps similaire pour créer et produire au mieux leurs nouveaux titres. Après l'écoute de Rosenrot, on se dit effectivement que les Allemands n'auraient sûrement pas dû autant précipiter les choses.

Loin d'être mauvais, ce nouvel opus ne possède tout de même rien d'extraordinaire, en particulier pour un Rammstein. Rosenrot est totalement dans la veine de Reise, Reise et on a l'impression d'écouter une suite plus fade où il manquerait l'habituelle recherche musicale du groupe, à savoir un fond sonore parfaitement étudié et complexe qui permettait de mettre en avant n'importe quel titre. Sur Rosenrot, Rammstein n'est plus qu'un bon groupe de metal comme un autre dont ne ressort plus que le gros son habituel, la voix rauque de Till et un sens de la mélodie indéniable. La période indus est finie, le clavier est de plus en plus absent et on aurait aimé retrouver une batterie davantage marteau-piqueur.

En généralisant quelque peu, les chansons de Rosenrot ne prennent que trois formes puisqu'elles correspondent à du metal rentre-dedans, à du metal atmosphérique ou à des ballades, la deuxième catégorie étant la plus représentée mais aussi la plus répétitive. Till chante plus qu'il ne parle, le thème est à la mélancolie et à l'amour et les guitares viennent gonfler un son lent et aérien. Wo bist du, Hilf mir et Feuer und Wasser sont construits sur ce principe et sans être inintéressants manquent tout de même de profondeur. Spring et Rosenrot sont également particulièrement mélodiques mais légèrement plus musclés, le titre éponyme à l'album étant d'ailleurs vraiment bon grâce à un rythme entêtant et des riffs entraînants. Benzin et Mann gegen Mann nous rappellent déjà plus le Rammstein que l'on connaît grâce à leurs refrains particulièrement puissants. Zerstören et Te quiero puta restent dans cette veine metal mais avec une bonne dose d'innovation, Zerstören étant un des titres les plus nerveux du groupe avec un inhabituel solo et une fin rageuse. Quant à Te quiero puta, il tranche par son ton joyeux et ses paroles en espagnol. Doué dans la ballade (Seemann, Mutter, Nebel, Ohne dich), le groupe s'est encore une fois attelé à cet exercice sur Stirb nicht vor mir / don't die before I do et Ein Lied mais avec sans succès puisqu'elles donnent tout juste envie de dormir. Le fond musical n'est pas assez développé pour obtenir un résultat honnête et ce n'est pas le duo avec la chanteuse de Texas en anglais sur Stirb nicht vor mir qui aide.

Rosenrot semble tout droit sorti de Reise, reise même s'il n'arrive pas à son niveau faute à un manque d'originalité et de profondeur. Décevant pour du Rammstein, Rosenrot reste cependant un bon album de metal. On a juste l'impression que pas mal d'autres groupes auraient pu arriver au même résultat bien loin des choeurs et de la richesse de Mutter ou de la lourdeur de Sehnsucht.

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