9/10François Couturier - Nostalghia. Song For Tarkovsky

/ Critique - écrit par wqw..., le 12/10/2006
Notre verdict : 9/10 - Entre douceur tragique et sereine gravité (Ecrivez votre critique)

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La nostalgie de Couturier est marquée par la sagesse de l'âge, une érudition qui n'empêche aucune spontanéité ou poésie.

Malgré sa discrétion et à toujours privilégier la musique plutôt que de se mettre en avant, le pianiste François Couturier est sans aucun doute l'un des musiciens de jazz les plus respectés par ses pairs. Depuis plus d'une trentaine d'année, on le retrouve dans toutes les mutations du jazz en France, notamment en débutant avec Jacques Thollo, l'un des pères du freejazz français, puis en compagnie du contrebassiste Jean-Paul Celea. Il marque depuis, de sa patte influente, les diverses formations qu'il a pu intégrer.

Son jeu lyrique et inventif se caractérise par une impressionnante fluidité qui lui permet d'évoluer avec une étrange facilité dans les univers, toujours sincère, intime et curieux. En quête permanente de nouveautés qu'il intègre à ses propres créations, il développe un style, à la fois, traditionnel et romantique, tout en restant à l'écoute de la sensibilité esthétique du moment. On aura d'ailleurs pu apprécier ce travail sur les derniers albums d'Anouar Brahem en trio, (Le Pas du Chat Noir, Le Voyage de Sahar) avec l'accordéoniste Jean-Louis Matinier que l'on retrouve sur cet opus.

Nostalghia, première réalisation sous son nom depuis 1977, rend hommage au grand réalisateur russe Andrei Tarkovski (ndlr : gare au système métrique) et son travail aux travers des images, des films qui ont marqué Couturier (Le Sacrifice, Le Miroir, Solaris, etc.). Une errance caractéristique des productions ECM, qui privilégie le timbre, les vibrations des instruments, ce besoin de trouver la note juste, cette esthétique du silence. Un rêve pour lequel l'on rejoint la violoncelliste allemande Anja Lechner, une habituée de la maison, et l'ami fidèle, le saxophoniste Jean-Marc Larché. Ils égrainent ensemble, avec délicatesse, des compositions éthérées, et empruntent à Bach, Pergolèse ou Schnittke, des éléments de leurs oeuvres, les rendant méditatifs.

La nostalgie de François Couturier est marquée par la sagesse de l'âge, une érudition qui n'empêche aucune spontanéité ou poésie, car sous des formes classiques se cache un esprit aventureux, qui assume l'improvisation avec une rare dextérité. Un album faussement tempéré, raffiné et sans aucun doute le plus personnel de sa discographie. Une magie dépaysante, une émotion sincère.


François Couturier - Nostalghia. Song For Tarkovsky
01. Le Sacrifice
02. Crépusculaire (for Sven Nykvist)
03. Nostalghia (for Tonino Guerra)
04. Solaris
05. Miroir
06. Solaris II
07. Andrei
08. Ivan
09. Stalker (for Edouard Artemiev)
10. Le temps scellé
11. Toliu (for Anatoli Solonitsyne)
12. L'éternel retour (for Erland Josephson)

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