Eurockéennes 2014 : un vendredi avec Stromae et Détroit

/ Compte-rendu de concert - écrit par nazonfly (), le 10/07/2014

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The Black Keys, Stromae, Skrillex, Pixies, Franz Ferdinand, Shaka Ponk, Détroit ou encore les Casseurs Flowters, voici quelques unes des affiches de cette vingt-sixième édition des Eurockéennes. Pas totalement honteuse mais pas non plus extraordinairement bandante, ce qui ne nous empêchera pas de nous rendre sur le site du Malsaucy pour trois jours de musique avec, en prime, une invitée dont on aurait pu se passer : la pluie. En effet, à peine les roues de la voiture franchisse le panneau Évette-Salbert que de grosses gouttes tombent du ciel. Elle ne cessera quasiment pas de tomber avant la fin de la journée…

Une fois la tente réglementairement plantée au camping, l'arrivée sur le site même du festival se fait en compagnie d'un escargot motorisé monté par un personnage en haut-de-forme, serait-ce le fameux escargot supersonique de L'histoire sans fin ? Une sympathique madeleine que nous croiserons plusieurs fois lors du festival. Accréditation oblige, la journée débute par un petit tour par l'espace VIP, histoire de découvrir ce qui est proposé. Se pose alors le premier dilemme de la journée : traîner sur le site et aller voir notamment Temples et Findlay ou rester planter avec la cinquantaine de personnes présentes devant France-Allemagne ? Avec un brin de honte, le football l'emporte (pas la France malheureusement). Dès le coup de sifflet final, je me précipie donc hors de l'espace VIP pour atteindre la proche Esplanade Green Room pour y découvrir Findlay. L'Esplanade Green Room, anciennement Chapiteau, est maintenant découverte et, sous les vertes couleurs d'une célèbre marque de bière, se pose comme une véritable deuxième grande scène. Sexy dans une seyante mini-jupe, la mancunienne Nathalie Findlay envoûte le public d'un rock ravageur qui, avec la reprise de I wanna be your dog des Stooges et le hit Off & on, nous laisse surtout beaucoup de regrets d'avoir préféré le football ! La suite se passe sur La Plage, toujours aussi belle, années après années, avec Benjamin Clementine. La foule est principalement composée d'une tripotée de donzelles, ce qui est loin d'être étrange quand le chanteur et pianiste est un beau black qui n'hésite pas à tomber la veste et à dévoiler ses zoulis biscottos (non je ne suis pas jaloux!). Ce sera d'ailleurs l'un des trois meilleurs moments du concert d'après la foule, avec la magnifique Cornerstone et la reprise de Emmenez-moi d'Aznavour fiévreusement entonnée par le public (les gars, vous gênez pas, si vous voulez entendre Emmenez-moi, vous pouvez toujours aller voir Charlie en concert). Sur scène en tout cas Clementine en impose et les oiseaux de ses mains volent sur le piano avec ferveur.

Les Pixies jouant en même temps que l'Anglais ne servent que d'instant de transition avec de se diriger vers Trash Talk au Club Loggia, le temps quand même d'entendre un très bon Where is my mind. Timing parfait s'il en est. Le Club Loggia fait désormais presque face à la grande scène et est complètement ouvert : oui il ne reste aucune scène couverte aux Eurockéennes, tant pis pour la pluie. Trash Talk semblait être l'un des groupes les plus intéressants du week-end. Las, ce sera surtout la plus grande déception : la mise en place de la scène est en retard et le concert débutera un quart d'heure après l'heure prévue, ce qui n'empêchera pas le groupe de balancer toute la sauce en une petite quinzaine de minutes. Au menu, chanteur au milieu de la fosse, foule qui pogote et circle pitise avec bonheur, boue qui vole un peu partout… Mais passer de 45 minutes de concert à 15 minutes, fussent-elles bonnes, reste quand même une grande déception. Dire que j'aurais pu aller voir Metronomy ou The Daptones Super Soul Revue à la place… La pluie nous ayant trempé jusqu'aux ostéoblastes, nous décidons, sans conviction, d'assister au show de Stromae sur la grande scène. Comme la foule coupe le vent, comme la foule dégage de la chaleur, autant être où il y a du monde ! Et du monde devant Stromae, il y en a. Beaucoup. Trop. La pire expérience foulistique avec Placebo, déjà sur la Grande Scène, en 2004. Stromae lui est à l'aise sur scène, fait quelques blagues entre les morceaux, instaure une ambiance gentillette. Musicalement ça reste quand même très inadapté au gigantisme d'une scène comme celle-ci même si Alors on danse ou Papaoutai font bien évidemment parfaitement danser le public.

La suite ne se passera pas sur la Green Room où chantait Mø, ni au Club Loggia où sévissait Odezenne, mais devant la Grande Scène vide. Après avoir vu Détroit au Théâtre Antique de Vienne, il était impossible de revoir le groupe de loin : on patiente donc devant la Grande Scène histoire d'avoir la place parfaite, à savoir en plein centre, à dix mètres de Bertrand Cantat. L'idéal pour un Tostaky des familles bien envoyé et qui aura eu raison de mon K-Way arraché au cours du pogo. La setlist ressemble furieusement à celle du Théâtre Antique mais en plus courte ! Pas de Lolita nie en bloc, pas de Un jour en France mais surtout pas d'Ange de désolation et pas de final avec Des armes. La communion entre le groupe et le public sur Lazy, Tostaky ou Comme elle vient est à des lieues du sublime aperçu à Vienne. Un très bon concert qui ne peut pourtant qu'être une déception au final : un comble ! La soirée se terminera devant les Casseurs Flowters, un show qui ne casse peut-être pas des briques mais que la bonne ambiance et le plaisir d'Orelsan et Gringe rendent sympathiques.

Une première journée avec à boire et à manger. Étrangement le meilleur concert sera aussi le plus décevant...

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