7/10Eurockéennes de Belfort - Edition 2006

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 19/07/2006
Notre verdict : 7/10 - Un goût d'inachevé... (Ecrivez votre critique)

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Une semaine entière s'est écoulée depuis mon départ de Belfort où j'ai pu assister à mes troisièmes Eurockéennes. Celles-ci ne furent pas aussi enthousiasmantes que celles de 2005. Entre déceptions et claques musicales, ces Eurockéennes 2006 laissent un goût d'inachevé.

Avant Festival


L'édition 2006 des Eurockéennes est celle des paris avec plusieurs originalités musicales (4 groupes issus de 4 pays différents jouent avec des orchestres de la région franc-comtoise, Camille présente Nohara, une création avec les Pascals), une ouverture de la Grande Scène par la seule Anaïs, le développement du Sound System devenant quasiment une cinquième scène ou encore le groupe le plus cher de l'histoire des Eurockéennes (oui oui Depeche Mode). Paris réussis semble-t-il puisque le festival affiche complet quelques jours à l'avance : les journées du samedi et du vendredi sont partis très rapidement tandis que le dimanche traîne un peu malgré Muse, Sigur Ros ou encore Archive! Cette programmation audacieuse et en même temps assez grand public ne sera pas du goût de tout le monde puisque nombreux seront les habitués regrettant la non venue de Tool (aux conditions trop importantes pour les programmateurs) ou encore la multitude de groupes "Europe 2". Si on ajoute les annulations de The Subways ou Hellbats (vainqueurs du tremplin Franche-Comté mais avec une très forte notoriété semble-t-il), ce festival commençait sous d'étranges auspices.

Une première journée inégale

Le soleil tape dur pour cette première journée, et ça sera d'ailleurs le cas pour tout le week-end. Il n'y aura semble-t-il pas de boue pour ces Eurockéennes là! Mais il fait chaud et l'eau et la crème solaire ne seront pas de trop!
N'ayant franchement pas grand chose d'autre à faire au camping qu'à regarder les compétitions de BMX et un peu de lecture, nous sommes parmi les premiers à entrer sur le site du festival. Les gens s'éparpillent sur la presqu'île de Malsaucy, sans doute en quête de buvette, de nourriture. Pour ma part je m'arrête quelques minutes au Sound System sur lequel sévit DJ Asher Selector. Avec un tel nom pour une scène on peut évidemment s'attendre à du reggae. Les balances ne sont pas terminées qu'une petite dizaine de personnes s'arrête comme nous. Le DJ nous
propose ensuite un ensemble de sons reggae et rasta, à vrai dire peu convaincants pour moi. Il faut dire que le reggae n'est pas ma tasse de thé et qu'une fois qu'on a entendu les fameux Babylon, Respect etc. propres au reggae, on a fait le tour.
Nous décidons donc de tourner le dos à cette scène et de diriger vers le Chapiteau, qui a changé de tête cette année.

Venus gravite sur la scène d'abord seul puis accompagné du Conservatoire de Belfort. C'est la première des rencontres Un-Pop Classik. 4 festivals (les Eurocks donc, mais aussi le Benicassim espagnol, le danois Spot Festival et les Nuits Botaniques belges) se sont associés dans ce projet un peu fou faisant se rencontrer des artistes de chaque pays avec un véritable orchestre. Le représentant belge, Venus, habitué aux mélanges d'instruments, livre une très bonne pop plutôt sombre, magnifiée par les violons et autres contrebasses habituellement présents dans la musique du groupe. Le seul point regrettable de ce concert est l'apparente absence de communication entre les deux membres de cette création.
Du moins jusqu'à ce que nous nous sauvions. Car à la Loggia passe Benjie, vainqueur du tremplin allemand et raggaman à ses heures perdues. Le morceau mis en écoute sur le site du festival est plutôt impressionnant car Benjie arrive à magnifier l'allemand en mode ragga! Malheureusement sur scène c'est beaucoup moins convaincant. Première déception pour moi qui attendait vraiment beaucoup de cet artiste original.


Juste après, Anaïs investit la Grande Scène. Enfin investit est peut-être un grand mot, car ce petit bout de femme, sa guitare et sa pédale d'effets semblent bien perdus au milieu de la gigantesque scène. D'ailleurs elle le dira elle-même : elle a été un peu folle d'ouvrir la Grande Scène pour Deftones! Mais le public est là pour elle et ses chansons passent bien, entre passages celtiques, voix death, rires et chanson française. La foule est rapidement dans sa poche et fera, comme le demande la chanteuse, le bruit de la mer, Anaïs faisant pour sa part les mouettes pour finir par le célèbre My heart will go on. Le seul bémol de sa prestation sera le trac qui lui verra oublier un bout de ses paroles. Mais Mon coeur, mon amour remet vite le concert dans le droit chemin. C'était couillu d'ouvrir la Grande Scène, mais Anaïs a su relever le défi. Et ce fut plutôt une réussite!
Mélange de styles et retour à la Loggia pour Jack and the Bearded Fishermen. Vainqueurs du tremplin Franche-Comté, Jack and The Bearded Fishermen décrivent leur musique comme de la Death Country. Finalement leur set se révèle plus basiquement métal. Les chansons se succèdent rapidement mais de façon terriblement efficaces. Tout ira si vite qu'ils finiront même le concert dix minutes avant la fin prévue. En tout cas, encore un beau gagnant de tremplin!
Si Jack and The Bearded Fishermen est allé aussi vite pour leur concert, c'est sans doute qu'ils ne voulaient pas rater une minute de Deftones qui se lancent sur la Grande Scène. Avant le festival, j'avais entendu quelques réserves sur la puissance scénique du groupe, notamment sur le chant de Chino. Autant dire que ces pires craintes se sont avérées vraies. La voix, semblant constamment hésiter entre grosse voix bourrine et hurlements de porc en train d'être castré, se révèle beaucoup moins intéressante que sur album. Certes Deftones reste un bon groupe, My own summer ou Be quiet and drive sont de pures tueries. Mais il n'en reste pas moins qu'un James Hetfield ou même un Jonathan Davis auraient su réellement apporter le plus nécessaire à un concert de ce genre, même si Chino semble être arrivé à se chauffer la voix au long du concert! Le groupe termine par un 7 Words du plus bel effet pour qui veux pogoter.
Petit détour par le Sound System pour manger tranquillement. La file des toilettes s'étend sur la pelouse cramée par le soleil. Ma copine fait la queue et moi j'écoute d'une oreille distraite les Arctic Monkeys. L'heure passe et la queue avance lentement. Dionysos va se pointer sur la Grande Scène. Et ce qui est prévisible arrive : nous allons manquer le début du deuxième Un-Pop Classik! Ici on sent une véritable alchimie entre Dionysos et la Synfonietta de Belfort, la musique rock et puissante forme un ensemble très cohérent et presque magique, vite brisé par un gros problème de son. Plus de son sur la Grande Scène pendant ce qui semble une éternité! Quelle catastrophe pour Dionysos qui prévoyait de sortir ce concert sur un double DVD! Mathias se fera aussi (et c'est devenu une habitude) son petit slam de 10 minutes dans la foule, suivi par le directeur de la Synfionieta (mais moins longtemps). Au final, entre l'arrivée tardive, la grosse coupure de son et le slam final, je n'ai eu l'impression de n'assister qu'à une version tronquée du concert de Dionysos : le public a à peine eu le temps de crier à tout Ta gueule le chat que c'était déjà fini. Quel dommage pour un concept excellent et un concert qui avait débuté à toute vitesse!
Changement de scène, changement de style, mais pas forcément changement de mentalité. We are Polysicks from Tokyo Japan!!! Ce sera la phrase fétiche du chanteur pour ce set. Quatre japonais habillés de combinaisons orange fluo, aux gimmicks façon manga lancent une musique électro-punk-rock qui donne une énorme pêche! Toute la Loggia se met en mouvement le sourire aux lèvres. C'est bougrement efficace, dansant et punk avant tout. Sans doute l'un des meilleurs concerts de ces Eurockéennes. Il est presque impossible de décrire l'ambiance enfièvrée qui se dégage alors du public, mais Dieu que c'est bon!!!!
De la musique plein les oreilles, ma copine me laisse seul pour finir la soirée car il est déjà tard. Je me pose par terre pour écouter The Strokes. Alors que dire si ce n'est que leur musique est sympathique, rock comme il le faut, ni trop peu, ni pas assez dans un concert ni trop mou, ni trop violent. Mais voilà à force de rester dans un centrisme appauvri, on n'apporte rien à la musique. Et The Strokes fait partie de cette catégorie de groupes de rock qui semblent emprunter encore et encore les mêmes chemins défoncés qu'ont débrousaillés les Beatles. Ce n'est pas mauvais, loin de là, mais ça n'engendre vraiment aucune passion. Que dommage !


Je reste cette fois devant la Grande Scène et me rapproche au plus près car vient maintenant l'un des événements de ces Eurocks : Daft Punk pour l'une de leurs seules dates françaises ! Autour de moi les gens commencent à se poser des questions sur le show : verra-t-on notamment la grande pyramide entrevue sur quelques vidéos pirates du Coachella? Derrière un grand rideau, les techniciens s'affairent. On ne peut que deviner ce qui se passe. Puis le concert commence, le rideau s'affaire dévoilant une pyramide de plusieurs mètres de haut, entourée de néons. Et dans cette pyramide, les deux masqués technoïdes se cachent derrière leur casque. Et balancent un superbe show musical et lumineux. Les tubes s'enchaînent et le décor s'allume de mille feux, c'est beau, c'est puissant, ça prend aux tripes. Tout le monde danse, pogotouille, lève les mains au ciel. C'est vraiment un très bon concert pour finir exténué une première journée eurockéenne !

Le creux du week-end

Sur le papier, ce samedi semblait être la moins bonne journée du week-end, la moins attendue par le public. Et elle sera la moins appréciée des gens qui y étaient selon un sondage sur le forum du site des Eurockéennes. Malgré Depeche Mode ou Camille !
La foule se masse en ce caniculaire samedi devant les grilles du Malsaucy qui tarde à ouvrir ses portes. Les rares coins d'ombre sont vite squattés et il ne reste plus qu'à attendre sous un soleil de plomb, juste à côté d'un corbeau venu sans aucun doute pour Depeche Mode.
Comme le jour précédent, mon choix se porte d'emblée sur un vainqueur de tremplin, Free's B présenté comme de l'electro-dub-metal et auteur d'un très bon morceau intitulté Part 2 en écoute sur le site. En live, l'ensemble guitare-basse-batterie-machines est vraiment puissant et fait immanquablement danser le public. Le mélange des genres est décidemment l'avenir de la musique. Free's B réussit une alchimie presque parfaite, malgré une certaine tendance à se répéter, peut-être à cause de l'absence totale de voix sur leurs morceaux. Ce groupe est à mon avis à surveiller !
Tiré par ma copine, je traîne les pieds pour aller voir Enhancer sur la Grande Scène. Le groupe a, en effet, plutôt mauvaise réputation. Du metal pour les jeunes c'est forcément mauvais. Un peu comme du Kyo en plus bourrin (d'ailleurs ils se moqueront allègrement du groupe pour ados). Le line-up de Enhancer se rapproche de celui d'un groupe d'un rap avant notamment trois chanteurs qui interviennent sur les morceaux et mettent vite le feu à la Grande Scène. Ces mecs-là savent jouer avec le public comme peu arrivent à le faire : un énorme ballon est envoyé dans la foule, clin d'oeil à la Coupe du Monde, un des chanteurs slammera plusieurs fois dans le public tandis que les autres tiennent le concert sur scène. Le must du show? Sans doute quand le groupe fera s'asseoir le public en hommage aux gens qui travaillent pour le festival. Slipknot l'avait déjà fait il y a deux ans, mais avec beaucoup moins de réussite! Enhancer sera, pour moi, l'une des grosses surprises du festival !
Petit transfert vers la Place pour I love UFO, un combo français qui met le feu sur scène. J'avoue que mes souvenirs sont plutôt vagues sur ce groupe, à part une chose : c'était vraiment bon !
Après une pause pour manger un bout, nous nous dirigeons vers le Chapiteau où se déroule une création artistique entre Camille et un ensemble d'une quinzaine de japonais multi-instrumentises, multi-artistes, les Pascals. L'univers des japonais est profondément décalé et colle du coup parfaitement avec celui de la française désormais largement reconnue. Cela fonctionne très bien et c'est pratiquement magique sur scène. Décidemment ces créations apportent réellement quelque chose de plus quand on confronte deux artistes aux ambiances fortes, comme Nosfell et Ez3kiel en 2005. Le concert s'achèvera malheureusement sur un "Allez les Bleus" consécutif à la victoire française contre le Brésil et jurant avec le concert.

Mais déjà tout le monde se sauve rapidement pour être aux premières loges pour le concert de Depeche Mode. Evidemment je me retrouve très très loin de la scène, spécialement agencée pour le groupe des 80s : les musiciens sont placés sur ce qui ressemble de (très) loin à des soucoupes volantes, deux écrans géants (en plus des deux habituels sur la Grande Scène) sont suspendus dans les airs. Ainsi chaque chanson est accompagnée de son propre univers. Associé aux lumières, le rendu et l'ambiance du show de Depeche Mode sont visuellement terribles, même si, du coup, les gens les plus éloignés de la scène ne voient pratiquement rien de ce qui s'y passe. Côté son, Depeche Mode semble revisiter un peu toute son histoire avec leurs plus grands tubes (Enjoy the silence repris par tout le public, Personal Jesus, I feel you, etc) mais aussi des chansons plus méconnues pour un non-fan comme moi (surtout la dernière chanson Never let me down again).
Le samedi touche à sa fin et la fatigue se fait sentir. Avant d'aller retrouver notre tente perdue au milieu de 15000 festivaliers au camping, nous nous arrêtons au concert de Katerine. Même si ce dernier existe depuis assez longtemps, un effet de mode s'est focalisé sur le dandy décalé. Et c'est une véritable foule qui assiste à un véritablement bon concert. Les gens poussent et bousculent pour se retrouver au plus près de la scène et profiter des délires kateriniens. Ses hymnes Je t'emmerde ou Louxor j'adore (Et je remets le son) font se remuer les pieds fatigués par déjà deux jours de concerts. Katerine lui n'en a rien à faire, il hypnotise le public, le pousse dans ses derniers retranchements. Sur scène, il est vraiment diabolique.

Une fin en apothéose

Dernier jour déjà. Ce week-end sera passé une nouvelle fois à toute vitesse. On commence à se dire qu'on a vu de beaux groupes mais que malheureusement quelques déceptions ont gâché un peu le festival. Mais c'est sans compter une dernière journée qui, rien que sur le papier, est alléchante avec un enchaînement terrible Archive-Sigur Ros-Muse.
Mais avant ces trois derniers groupes, ce dimanche s'ouvre pour nous par un vainqueur de tremplin, Le Crapo des Marais. C'est une chanson française sans franchement grande originalité qui est jouée à la Loggia. Et c'est très loin d'être enthousiasmant.
Au contraire du groupe avec sans doute le nom le plus bizarre du festival My Baby Wants To Eat Your Pussy. Influence évidente de la musique des années 30, du cabaret-rock type Dresden Dolls ou encore de Queen, les 4 mecs, la fille et le/la guitariste de My Baby officient dans un glam-rock idéal pour réchauffer les oreilles engourdies après Le Crapo des Marais. Sous un soleil de plomb, le chanteur jettera des litres d'eau dans la foule, enverra un exemplaire de son CD. L'ambiance est au rendez-vous et la musique précise et grandiloquente. Une bien belle surprise pour un groupe qui sera couronné comme le meilleur tremplin de l'année 2006!
Sur la même scène, c'est Duchess Says qui succède à My Baby Want To Eat Your Pussy. Porté par l'exceptionnelle Annie-Claude, le groupe donne dans le rock rapide à tendance punk. Mais ne serait sans doute rien sans sa chanteuse vociférante, exubérante, ivre (aujourd'hui encore, je me pose la question de son état de sobriété). Elle se jette à terre, balance son synthé-guitare le déclarant cassé. Une phrase peut résumer son état scénique : "c'est marrant parce que quand on regarde la foule en louchant, on voit plein de taches de couleur. C'est psychédélique". Montreal s'est invité sur la plage et on ne peut pas dire que c'est pour nous déplaire !
De l'exubérance, on passe à la tempérance avec Dominique A. C'est une voix grave, envoûtante qui nous accueille aux abords d'un Chapiteau bondé (mais qui se videra tout au long du concert). Une voix merveilleuse et magique qui porte l'auditeur sur des vagues mélancoliques. Certes Dominique A n'est pas seul sur scène puisque les musiciens se chargeront de donner une atmopshère rock au show. Mais cette voix omniprésente, entêtante aurait parfaitement pu subjuguer le public par elle-même. Le chanteur arrive à faire passer toute une palette d'émotions qu'il semble incapable d'exprimer autrement. Evidemment une bonne découverte pour moi !


Tandis qu'au loin résonne Art Brut, nous faisons une petite pause auprès d'Omnikrom et Ghislain Poirier pour un petit en-cas avant d'entamer la fin de ces Eurockéennes 2006. Le soleil tape toujours aussi fort. Mais la violence lumineuse ne sera rien par rapport à la claque que nous allons recevoir dans quelques instants. Car le Chapiteau va recevoir Mogwaï ainsi que nos humbles personnes dans le public. Tour à tour planante et violente, relayée par le noir et blanc des deux écrans géants, la musique des écossais est un avant-goût de fin du monde. Chaque chanson s'achève dans un déluge sonore se connectant directement aux sens sensoriels du spectateur. C'est beau, c'est fort, c'est sans doute l'un des meilleurs concerts du week-end.
Etonnamment le concert d'Archive me fait penser à celui de Mogwaï. Rock et trip-hop se mélangent pour former un ensemble cohérent, un Mogwaï version calme. Nous sommes un peu loin, voire trop loin pour participer activement au concert. A vrai dire, on ne voit pas la scène et presque pas les écrans géants. Mais la musique est bonne et c'est quand même l'essentiel.
Enchaînement Mogwaï-Archive, cela pouvait-il être mieux? Oui puisque c'est Sigur Ros qui va faire la fermeture du Chapiteau. Et un bout de paradis descend sur les Eurockéennes, éternelle et aquatique. La musique des islandais m'a toujours semblé avoir un rapport profond avec l'océan. Et c'est toute la force et la beauté de l'océan qui se répand dans l'air chaud du soir, au dessus d'un public très très nombreux. Il y a quelque chose de magique dans ce concert, quelque chose de presque inhumain comme si les Grands Anciens lovecraftiens avaient trouvé un moyen de revenir sur Terre. Sigur Ros c'est déjà très beau sur les quelques chansons qu'on peut découvrir sur leur site, mais en concert la musique du groupe, accompagné de plusieurs cordes, prend une autre dimension. Polysics-Mogwaï-Sigur Ros, voici le trio gagnant sur scène de ces Eurockéennes!
Et pour finir en apothéose le public avait sûrement coché Muse sur le programme. Nous serons arrivés en retard, le concert de Sigur Ros finissant après le début de Muse. C'est la foule des grands soirs qui se masse devant nous. Autant dire qu'après Dionysos, après Depeche Mode, après Archive, c'est une nouvelle fois de très loin que nous assisterons au concert. Le son et les lumières pulvérisent tout sur leur passage. Mais je crois qu'après Sigur Ros la musique de Muse apparaît bien pauvre. Exténués par les kilomètres avalés au cours du week-end, par le soleil tabassant toute la journée, par l'ambiance du camping, nous laissons le public acclamer Muse. Le festival se termine presque en queue de poisson. Nous sommes battus.

A l'année prochaine ?

Le bilan de ces Eurockéennes est finalement plutôt bon, même s'il reste un léger goût amer. Les très bons concerts attendus (Sigur Ros, Mogwaï) se sont mélangés aux très bonnes surprises (Polysics, Duchess Says) et aux déceptions (Deftones, le set ultra-court de Dionysos). Entre têtes d'affiche populaires (Depeche Mode, Daft Punk, Muse, Anaïs) et créations exceptionnelles (Camille, Venus, Dionysos), le festival a su donner la pleine mesure de son slogan, Rock In Peace. Cette année, il ne fallait pas s'attendre à voir Tool ou Rammstein, c'était plutôt calme dans l'esprit : Deftones et Enhancer auront joué en début d'après-midi, Gojira et Cult of Luna en même temps que les énormes têtes d'affiches que sont Dionysos et Muse... La nouveauté de cette année restera quand même l'éclosion du Sound System qui devient quasiment une cinquième scène! Même avec un sentiment mitigé, voir dans le même week-end Sigur Ros, Daft Punk, Mogwaï, Deftones et Muse reste un événement assez énorme !

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