19h00, H-1
Mardi 18 novembre, BERCY :
Le parvis de la « grande colline verte » est déjà bien rempli. La foule s'entasse dans les nombreuses queues afin de pouvoir accéder à la salle de concert. Je suis impatient et trépigne. Je n'ai pensé qu'à ce concert aujourd'hui. Mon contrôle de stat est à des années lumières...
Tout le monde est impatient, l'ambiance est bonne enfant, on peut voir le sourire et la joie s'esquisser sur les visages. Plus loin, on entend tous ces inconnus cherchant désespérément des places de concert. Certains venus de très loin (1300 Kms) sont prêts à les racheter jusqu'à 100 euros ! 3 fois leur prix.
Après environ 10 minutes d'attente, les portes s'ouvrent, tout est bien organisé. Les videurs sont cools, pas bourrins mais malheureusement ils refusent l'accès à tous les bouchons de bouteilles (tant pis pour eux). Délester de ma bouteille décapuchonnée, je me dirige enfin vers la fosse. Toutefois, peut-on appeler vraiment cela une fosse ? Elle est certainement plus grande que n'importe quelle autre salle française. A 19h30, la foule a envahit peu à peu tout l'espace à tel point que Bercy se retrouve plein à craquer (soit environ 17 000 spectateurs). Me voilà vivre Le monde de Némo métamorphosé en sardine.
Le faux pas :
En recherche d'oxygène, je lève la tête vers le plafond. Surpris je vois un écran géant en train de descendre. Toute la foule d'ailleurs a la tête levée...
Premier Bémol :
Le câble gauche lâche, on voit l'écran tomber d'un côté. Heureusement, celui de droite résiste et retiens la toile blanche. On a évité de justesse la catastrophe (surtout que j'étais presque en dessous). L'équipe technique de Bercy va alors mettre 1h00 à le virer...
Deuxième bémol :
21h15, la première partie commence enfin. Le groupe Cave In a le pari difficile de réveiller le public énervé de tous ces contretemps. Cave In enchaîne alors environ 10 chansons pendant l'heure qui leur est impartis. Le style du groupe est je trouve très « placéboien » en plus bourrin et surtout beaucoup moins bon. En outre, le son de la salle est complètement pourri et on a du mal à comprendre ce que Cave In chante tellement les enceintes sont saturées et crachent. Pourtant, le chanteur n'a de cesse de répéter tout le temps les mêmes phrases dans ces chansons. A croire que chaque parole de chanson n'est composée que du titre. Enfin, une dernière mauvaise petite surprise pour finir avec les deux dernières chansons de Cave In. En effet, étonnement, c'est alors le bassiste qui prend le micro pour chanter. Le groupe subit alors une véritable petite métamorphose et devient un groupe de métal à par entière.
« You've got to be the best, you've got to change the world »
Mon coeur vient de passer à 150 pulsations par minute, Muse entre en scène. 15 000 personnes se mettent à hurler et sauter. Bercy tremble.
La légende est en marche...
Ce soir, Muse est prêt à rentrer dans la légende. Je me rappelle de concert au Zénith de Paris il y a de cela un an. Muse avait alors donné un bon concert : puissant et envoûtant. Malheureusement, on sentait Matthew Bellamy timide et coincé, n'assumant pas encore sa notoriété. De plus, le concert fut très court moins de 15 chansons, pas de rappel : une déception).
Ce soir, Muse a grandi. Un Cd - Absolution - cartonne et est encensé par la presse et le public. La foule et les caméras ont les yeux rivés sur le leader du groupe. L'instant est magique, un régal. Après un « Bonsoir Paris » énergique, le groupe annonce tout de suite la couleur. La première partie du concert est puissante. Sur les chansons de Newborn et Citizen erased le public ne peut que répondre par des poggos et des slams fasse à l'énergie déployée par Matthew Bellamy. Le chanteur est partout sur la scène, sautant dans tous les sens sans lâcher sa guitare des mains. Les caméras ont du mal à le suivre. Sur les écrans géants on peut voir la joie sur son visage, un sourire qui sera figé et gravé tout le long du concert. Matthew est heureux, il est au paradis mais surtout il a l'air parfaitement sur de lui, confiant, maîtrisant parfaitement les 15 000 personnes qui le regardent.
Les premiers accords à peine exécutés, le public est conquis. Le public dans la fausse est survolté. Les slams n'en finissent pas, la sécurité a l'air débordé mais réceptionne avec méthodologie les fous furieux. Les mouvements de foule sont impressionnant vu des gradins. Voir tant de gens sautés en même temps impose du respect. Muse ne s'arrête pas la pour autant. Ce soir, le groupe a décidé de faire un « perfect ». Les problèmes de la première partie sont à des années lumières de Bercy.
Transition après 3 morceaux survoltés. Je suis déjà en nage, épuisé. Mais paradoxalement je crois que je pourrais encore tenir des heures. Matthew Bellamy dégage sur scène une énergie phénoménale. A lui seul il illumine la salle de concert. Tel un Dieu venant de naître. A ce moment je crois qu'on se dit qu'on peut mourir.
3 écrans apparaissent derrière le groupe. Des images en rapport avec le style de la chanson y sont projetées. L'ambiance change, le ton devient plus calme plus reposant (Feeling Good par exemple). On se laisse bercer par la douce voix suave et magique du chanteur. On boit ses paroles. Nos oreilles sont amadouées par ces chansons puissantes mais si douces où dominent les compositions virevoltantes de Matthew Bellamy au piano. Certes, ce n'est pas du Mozart mais le voir passer de la guitare au piano si rapidement avec une telle aisance impressionne. On en redemande. Le public est en extase. On ne sait plus où donné de la tête entre suivre le chanteur, regarder les zooms sur son jeu au piano ou à la guitare, ou bien se laisser aller a regarder les images sur les écrans géants.
Arrive alors la chanson du concert mais aussi de Absolution : butterflies and hurricanes. Cette chanson résume à elle seule toute la force de ce groupe. Matthew Bellamy se prend à improviser au piano avec brio. On peut voir alors à quel point il est épanoui.
Pourtant, sans pose, le spectacle continue. Muse a choisi avec intelligence les morceaux joués et leur ordre. Tout le monde est ravi entre les tubes du premier Cd - Showbiz -, ceux de Origin of symmetry et les chansons du nouvel album -Absolution-.
Après une quinzaine de chansons et plus d'1h30 de show, le final est amorcé. Tel un feu d'artifices, il doit être l'apothéose du concert,le meilleur moment, le plus explosif. Le final commence donc sur les chapeaux de roue avec Sunburn, puis suivre non stop Muscle museum, Bliss, Hysteria, et deux tubes : Time is running out et Plug me baby. Le public est en folie. Comme au concert du Zénith il y a un an, des ballons gigantesques remplis de paillettes tombent sur la foule. Les enceintes de Bercy continuent a cracher leur son parfaitement net tout le long du concert, les images n'arrêtent plus de défiler, la foule de sauter.
Enfin, un petit rappel qui a le mérite au moins cette année d'exister avec Blackout par exemple, magique.
Il est prêt de minuit, il est malheureusement l'heure de quitter ce lieu onirique, ce paradis artificiel créé de toute pièce par Muse.
Merci Muse, merci Matthew Bellamy. Ce soir tu n'as déçu personne, ce soir tu as montré tout ton talent.
Mes amis, ce 18 novembre 2003 à Paris Bercy un DIEU EST NE.
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En bonus, un Set list du concert de la soirée pour les intéressés (Merci Anofreeze):
Apocalypse Please
Hysteria
New Born
Sing For Absolution
Thoughts Of A Dying Atheist
Showbiz
Citizen Erased
Piano Interlude
Space Dementia
Endlessly
Feeling Good
Butterflies & Hurricanes
Microcuts
Sunburn
Muscle Museum
Forced-In : b-side inédite
Bliss
Time Is Running Out
Plug In Baby
RAPPEL:
Blackout
Stockholm Syndrome
Djak []

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