9/10Muse - Absolution

/ Critique - écrit par Vincent.L, le 16/08/2003
Notre verdict : 9/10 - Perfection quasi absolue (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 4 minute(s) - 141 réactions

Après le très prometteur Showbiz en 1999, l'inégalable Origin Of Symmetry en 2001, Muse revient en 2003 avec Absolution, un disque qui devrait rapidement s'imposer comme le second meilleur album du groupe et comme meilleur album pop-rock de l'année.
En effet, Muse atteint ici des sommets de perfection qui, sans pour autant faire oublier la très bonne qualité du Hail To The Thief de Radiohead, du Vertigone de Venus ou du Sumday de Grandaddy, nous montre que Muse est aujourd'hui le plus grand groupe de rock. Sur Absolution, Muse s'est forgé une véritable identité spécifique dans des compositions éclectiques, plus calmes dans l'ensemble, plus mélodiques, contenant plus de sons électroniques, avec moins de trémolos, beaucoup plus de pianos, des orchestrations beaucoup plus riches et grandiloquentes, des lignes de basses incroyables, des riffs hallucinants, des solos démentiels, des choeurs à profusion et des rythmes et des accords on ne peut plus variés. Les influences de Nirvana, Radiohead et Jeff Buckley coulent toujours dans les veines du groupe.

Absolution est magistral du début à la fin. Sur les 14 titres, dont une Intro (22 sec) et une Interlude (38 sec), donc sur 12 titres effectifs, le groupe prend le meilleur de ses deux précédents albums pour nous livrer des titres sombres et mélancoliques dans les paroles et d'une incroyable puissance et intensité musicale.
Tout commence par une Intro inutile avant un Apocalypse Please qui se veut énorme avec ses pianos déchaînés, ses choeurs, ses basses, ses chants aigus Bellamyesques et son électronique sympathique. Time Is Running Out, deuxième single, commence avec un chant saccadé qui se fait rattraper par une petite mélodie qui mène à un pont très typique Muse qui lui- même nous amène à un refrain entraînant qui nous mène à un solo de guitare, le tout se rejoue une seconde fois puis il y a des variations vocales et instrumentales et une répétition du premier enchaînement qui mène à la fin (tout ça pour vous montrer que les compositions ne sont pas des simples couplet-refrain-couplet-refrain-solo-refrain). Sing For Absolution débute comme une balade de Coldplay ou de Travis, avec une mélancolie joyeuse en musique qui nous porte vers un refrain étonnant qui met en valeur le retour du couplet, le refrain qui suit nous mène vers un solo et une répétition du refrain et une fin où Bellamy s'énerve vocalement qui mène à une douceur instrumentale qui clôture le tout. Stockholm Syndrome, premier single, qui était disponible en téléchargement sur le site officiel du groupe à partir du 14 juillet 2003 pour 1 euro, est un savant mélange de Plug In Baby et de Bliss et contient une variation hallucinante à la guitare après la première répétition du couplet et un final, comment dire...très...bourrin. Falling Away With You fait penser à Unintended, mais se révèle plus énervé au refrain. L'Interlude Out Falling Away est sans intérêt. Hysteria débute avec une ligne de basse suivie de guitares qui font presque penser à de la musique orientale et contient une suite de riffs de guitare qui sont parmi les plus impressionnants de l'album. Blackout est la balade de l'album, avec son rythme très lent, le chant doux de Bellamy, un orchestre symphonique gigantesque (qui a de quoi faire peur à Craig Armstrong) et ses riffs montants de guitares qui nous font croire à tort que tout va exploser : somptueux. Butterflies And Hurricanes, chanson la plus longue de l'album (5.01), est aussi une des meilleures, avec son alternance de moments calmes et avec son refrain progressif ultra entraînant, le tout accompagné de sublimes violons et pianos : attention à la fausse fin, ça n'est que pour repartir de plus belle. Tsp est peut-être le titre le moins intéressant car c'est du Muse classique sans aucune originalité comme certains titres un peu faibles de Showbiz. Endlessly et son mid tempo quasi-techno est un titre énorme avec des parties inversées, beaucoup d'électronique et un refrain très émouvant : dans les 3 meilleurs titres du disque. Thoughts Of A Dying Atheist est très proche de Muscle Museum, contient des « yeah yeah » que l'on entend pas souvent chez Muse et est très bien. Absolution se termine comme Origin Of Symmetry, avec un titre grandiloquent et triste, Ruled By Secrecy, qui n'est pas forcément très intéressant, surtout que la partie au piano ne sonne pas très juste.

Après Absolution, je me permets de dire que Matthew Bellamy est un génie et que Muse est le meilleur groupe actuel.Ce troisième disque est la confirmation que le groupe a pris un bon tournant après un Showbiz en demi-teinte.

LISTE DE TITRES

01. Intro (0.22)
02. Apocalypse Please (4.13)
03. Time Is Running Out (3.56)
04. Sing For Absolution (4.55)
05. Stocklholm Syndrome (4.58)
06. Falling Away With You (4.40)
07. Interlude Out Falling Away (0.38)
08. Hysteria (3.47)
09. Blackout (4.22)
10. Butterflies And Hurricanes (5.01)
11. Tsp (3.29)
12. Endlessly (3.48)
13. Thoughts Of A Dying Atheist (3.11)
14. Ruled By Secrecy (4.52)

Sortie: 22 septembre 2003

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