Elista - Interview

/ Interview - écrit par Emeric, le 30/06/2004

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Interview de Elista

Une demi-heure après la fin de leur concert, Elista nous emmènent dans leur loge toilée pour organiser une conférence de presse. C'est François, Thomas et Benjamin qui répondent à nos différentes questions dans une ambiance très reelax !

(les questions marquées d'une * n'ont pas été posées par Krinein)

Krinein : On a découvert Elista grâce à "Debout", un de vos anciens morceaux, pouvez-vous nous raconter son histoire, ses paroles étranges très imagées ?
Benjamin : En fait, c'est arrivé un peu par hasard, d'habitude c'est Thomas et François qui composent tous les deux, d'abord chacun de leur côté puis ensemble. Et sur ce coup-là, c'est Thomas qui avait le texte que j'avais écrit, "Debout", fini à une phrase près ! C'est un peu tombé du ciel donc et puis on a rajouté la musique par dessus.
François : C'est une chanson qui date un peu, mais au début elle était plus mélancolique que celle de l'album et c'est au moment de l'enregistrement que Thomas a décidé d'accélérer le tempo et la chanson a pris une nouvelle dimension. La version "mélancolique" est disponible d'ailleurs sur notre seule maquette.

K : La chanson a eu un énorme succès, passage en boucle à la radio ! Une bonne surprise je suppose ?
F :
C'est sûr ça fait plaisir, c'est agréable et surprenant à la fois. C'est un peu notre chanson coup de coeur.
B : Le Mouv' l'a passée en premier en fait. Dès la maquette puis à l'enregistrement les gars de la maison de disque disaient "Ah ouais Début, elle est bien !" Donc on a senti venir le truc, qu'ils allaient exploiter le titre. Et c'est cool qu'il soit bien accueilli car la chanson a ouvert les portes sur notre album, le premier.
F : Pour les textes, l'idée était que chacun puisse se les approprier, d'autres sont un peu plus clairs.
B : L'essentiel est de se comprendre dans la globalité.

* Comment vous-êtes vous rencontrés ?
F :
On se connaît depuis l'école, depuis tout jeune, on jouait avec Thomas dans des groupes de reprises. On a également fait partie d'un groupe PVC, on faisait rythmiques de rap. Puis on voulait faire nos propres compos, on s'est acheté un 4-pistes à cassettes et puis on a tatonné et cherché un peu notre style musical. Et puis on est passé de la pop en anglais à des chansons en français un peu sous l'impulsion du premier album de Dominque A, "La Fossette".

*D'où vient le nom Elista ?
F :
C'est le nom d'une ville en Ukraine, que l'on a trouvé dans un Atlas. On voulait un nom qui ait une consonance intime, voire féminine qui corresponde à nos chansons.

*L'impulsion qui vous a donné envie de faire de la musique ?
Thomas émerge suite à la question qu'on lui pose, Benjamin se marre "on dirait qu'on le réveille!"
T : En fait je suis un peu malade : le nez bouché, j'arrive pas à parler... bon, l'envie de faire de la musique ? Je sais pas trop ! Ca nous a pris comme ça un après-midi, on a acheté des instruments. On faisait un peu n'importe quoi et les voisins criaient...

*Etre connu était votre but ?
F : Au début on le faisait un peu en passe-temps, comme d'autres du tennis ou du foot. On grattait dans notre coin, Benjamin lui écrivait des poèmes et des textes. Et on s'est donc retrouvés à trois.
B : Enfin maintenant on est cinq, car on a eu une opportunité de concert par Marc, le batteur qui connaissait Nico le bassiste.

*Vous avez beaucoup cherché pour trouver votre style musical ?
F : Oui assez, on est passé de la new wave, au rock indé, on a fait aussi rythmique dans un groupe de rap. Un peu vers le trip hop aussi et au final, on a quelque chose de pop-rock / chansons françaises.

*Vos influences musicales ? Des mentors ?
F :
On n'a pas tellement de mentors, des groupes qu'on affectionne oui, comme : Cure, dominique A, Alain Bashung, Léo Ferré, les Pixies...
B : Le problème c'est qu'on écoute tous des disques, donc quand on nous pose cette question, on donne plutôt les groupes que l'on aime et puis ça n'a pas forcément une influence sur notre musique. Mais on consomme pas mal de musique et en ce moment j'écoute l'intégrale de Brel que l'on m'a offerte à mon anniversaire, c'était le 8 Juin.

*Pour les gens qui ne vous connaissent pas, que diriez-vous pour éveiller leur curiosité ?
B :
Heu... rien. On a rien à dire en fait, qu'ils écoutent c'est tout ! Et puis pour nous définir c'est pas évident car on prend les disques comme des projets isolés, avant c'était les chansons. Donc là c'est pop-rock mais après on verra... C'est pas facile à dire, donc faut écouter le disque et ça plaît ou non !

K : On avait rencontré Thomas Winter et Bogue qui nous ont dit que vous aviez sympathisé...
Francois s'exclame : quel menteur celui-là. C'est absolument pas vrai !!! (rires)
- vous deviez jouer ensemble pour la fête de la musique ?
F : Alors oui, j'adore raconter une histoire comme ça : donc pour commencer, au début on sympathise, c'est la fête et compagnie, machin et tout et tout. On devait ensuite partager un plateau pour la fête de la musique à la Maroquinerie à Paris...
F : bon, on devait l'appeler et on a oublié !
B : non mais avant ça on l'a quand même appelé, on est allé chez lui, papoter. On s'est dit que ça pouvait être drôle de faire un truc en commun pour les fans de Thomas Winter et Bogue et d'Elista. Une reprise ?! On n'a pas vraiment trouvé ! Lui, super motivé lance : "ho j'en n'ai rien à foutre, on va écrire un nouveau morceau !!" Bon... là, on a pris peur (gros rires). On aurait dû se revoir suite à cela mais on a eu une demande pour aller à Strasbourg, on ne pouvait pas ne pas le faire, enfin ça aurait été bête de ne pas le faire. Donc le truc est tombé à l'eau. Mais y aura peut-être un jour un morceau avec Thomas Winter, le problème c'est qu'il écrit ses textes, et j'écris des textes, donc va falloir co-écrire et ça va être chaud !

K : Vous seriez prêt à participer à ce genre de projet avec d'autres groupes ?
B :
Par le passé, dans ce goût-là, on avait deux-trois morceaux chantés par une fille. On a absolument rien contre. Toute l'émulsion autour de la scène française reste un peu abstraite pour nous et c'est motivant de rencontrer quelqu'un, de devenir copain et de faire un vrai bordel : de co-écrire, de tout faire ensemble. On fait un espèce de machin du genre : thomas winter-bogue-elista. Un truc rigolo comme ça ! Pour des projets ponctuels on est tout à fait ouvert à ce genre de truc, tant qu'on réussit à se retrouver sur une chanson où tout le monde est content du morceau à la fin, c'est bien ! Ceci dit je pense que ça va prendre beaucoup de temps, déjà entre nous c'est le bordel.

K : Vous êtes d'accord sur les textes ?
B :
Pas forcément que sur les textes, il y a la musique aussi. Ca dépend des titres, tu vois "Debout" qui tombe du ciel, le texte était là, plouf coup de bol y en a qui trouve un truc ça marche bien tout le monde est content ! Mais d'autres pètent des records : trois ans pour finir un morceau. Et encore, y a des morceaux qui resteront dans les cartons !

K : Vous êtes allés en Russie pour un concert ?
F :
Quand on a appris que la mafia russe avait le mainmise sur le concert on a décidé de ne pas y aller. François voulait y aller quand même, il s'est acheté un flingue exprès et quand il a compris qu'il ne passerait pas à l'aéroport, il a laissé tomber ! En fait, il y a eu des problèmes de sponsors. Donc on y est pas allé, ceci dit le concert était organisé dans des conditions obscures (rires)... et je sais pas si finalement faut pas se réjouir car on serait p't'être pas revenu !
F : Par contre dans les concerts à l'étranger, on va faire les Francofolies de Montréal avec à l'affiche les Wampas aussi !

* Vos projets pour l'avenir ?
B :
Déjà le pacs pour François et moi, c'est le plus important !
F : Non même pas, on est carrément au mariage là ! Avec Mamère qui va célébrer la noce. Bon, on va jouer à Lausanne au festival de la Cité, puis aux Eurockéennes de Belfort. On va ouvrir pour Muse à Vienne.
B : Ils nous ont demandé gentiment. On va leur filer un coup de main, je crois qu'ils rament en ce moment.
F : Ce sont des jeunes qui débutent...
B : ... ils comptent sur les 15 personnes que l'on va leur ramener (rires). Là on bosse sur des nouveaux morceaux, sur le set d'aujourd'hui sur les dix titres, il y en avait six de l'album, un du maxi, une reprise et deux nouveaux que l'on inclue dans la play-list.

K : Une date pour le prochain album ?
B :
Bon il est bien avancé mais on peut pas dire avec la maison de disque et tout. Faut se mettre d'accord sur le choix des titres, finir ceux que l'on a commencés, en faire encore des nouveaux ! L'enregistrement devrait se faire cet hiver.

K : C'est important pour un groupe de rock de faire beaucoup de festivals ?
B : Bah Muse tu vois, ils en ont besoin pour avoir un plus d'expérience. Nous on est des petits joueurs, l'album vient de sortir.
F : Et puis il a des publics carrément différents !

Remerciements à Elista pour leur gentillesse et Jennifer pour les contacts.

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