9/10Workman (Hawksley) - Treeful of Starling

/ Critique - écrit par Danorah, le 09/04/2006
Notre verdict : 9/10 - Hymns for a dying planet and a culture in decay (Ecrivez votre critique)

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Trois ans après son magnifique Lover/Fighter, Hawksley Workman revient avec un non moins magnifique Treeful Of Starling, qui passe (et c'est rageant) à un cheveu du statut de chef d'oeuvre. Toujours aussi séduisant, le chanteur compositeur s'est enveloppé d'une atmosphère plus intimiste et moins tonitruante que pour le précédent opus. Nul ne s'en plaindra, au contraire. Préparez-vous avec cet album à en prendre plein les oreilles.

Hawksley Workman chante avec sa voix, c'est un fait. Voix qu'il a fort belle d'ailleurs. Mais il chante aussi - et surtout - avec son coeur, et (passez-moi l'expression) avec ses tripes. Rien ne respire plus la sincérité que ce chant un peu désabusé, un peu branlant et cette voix chaude qui monte dans les aigus avec une désinvolture et une élégance rares. Entouré des habituelles guitares (le plus souvent acoustiques), basse et percussions feutrées, Hawksley Workman convoque en outre sur Treeful Of Starling une pléthore d'instruments qui servent à merveille l'humeur de ses chansons : un violoncelle plaintif (le solo sur You Are Too Beautiful est à en tomber à la renverse), des cuivres ronronnants, un piano simple et touchant...

Tout semble être réuni sur cet album pour vous soutirer des larmes d'émotion. Les paroles poétiques de A Moth Is Not A Butterfly, le spleen profondément romantique de Rain ou It's A Long Life To Always Be Longing, tout cela n'est pas vraiment joyeux, et pourtant, on sent que jamais l'espoir ne s'efface totalement des compositions de ce musicien à la sensibilité hors pair. Hawksley chante ses amours, ses peurs, ses doutes et ses souffrances... Il y a un peu de Eels dans ce songwriting doucement désuet (notamment dans la première partie de You And The Candles), mais celui-ci se montre un poil plus déjanté, plus décalé, et a vite fait de retomber dans les excès (ô combien délectables) de Lover/Fighter. Le sens de la mélodie est plus que jamais présent, comme sur le magnifique Goodbye To Radio ou encore Ice Age. Rares sont les albums qui parviennent à équilibrer de manière aussi élégante les longues parties instrumentales et les couplets chantés. When These Mountains Were The Seashore constitue la petite surprise de l'album, musicalement plus rythmée et enjouée que les autres titres de l'album... Une petite pépite à conserver précieusement !

Vocalement irréprochable, Treeful Of Starling l'est aussi « stylistiquement » parlant : cohérent, épuré, à l'image d'un graphisme aux tons pastels et aux illustrations un peu passées. C'est d'ailleurs là que l'on ira chercher les deux seuls points noirs de l'oeuvre : une pochette cartonnée ridiculement pauvre (surtout pour ce qui se vend comme étant une édition limitée...) dépourvue de tout livret d'accompagnement, et surtout, surtout, la durée de l'album, qui frise l'indécence : à peine 35 minutes, c'est peu, bien trop peu. Non pas que Treeful Of Starling soit une oeuvre inachevée, mais l'on a à peine le temps de s'immerger dans l'atmosphère de celui-ci qu'il est déjà fini. Rageant.

On ne pourra cependant pas s'empêcher d'accorder à Treeful Of Starling une note excellente, tout simplement parce que tout ce qu'il contient y est excellent. Pas une mesure de cet album n'est à jeter, tout y est bouleversant d'élégance, de spleen et de tendresse. Délicates et variées, les compositions d'Hawksley Workman ont gagné en maturité et en finesse ce qu'elles ont perdu en spontanéité et en grandiloquence...et ce ne sont pas mes oreilles qui le leur reprocheront.


Hawksley Workman - Treeful Of Starling
01. A Moth Is Not A Butterfly
02. Hey Hey Hey (My Little Beauties)
03. You Are Too Beautiful
04. You And The Candles
05. Rain
06. When These Mountains Were The Seashore
07. It'S A Long Life To Always Be Longing
08. Goodbye To Radio
09. Ice Age

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