8/10Tomahawk - Tomahawk & Mit Gas

/ Critique - écrit par Val Lazare, le 13/04/2003
Notre verdict : 8/10 - Tomahawk (Ecrivez votre critique)

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MIT GAS

Ach gut! Le nouveau Tomahawk vient tout juste de s'écraser sur notre belle planète bleue, don du ciel pour nous, pauvres mortels en quête d'eden auriculaire. Le nouveau Tomahawk s'appelle MIT GAS, produit par Joe Barresi (ayant entre autre travaillé pour les Queens Of The Stone Age), pas de changement dans le line-up, on garde nos quatre desperados sans foi ni loi, prêts à commettre quelques forfaits au coeur de contrées sauvages et inexplorées... Farwest...

'Ouais sauvages et inexplorées, le meilleur groupe rock du moment et personne n'en a encore conscience', c'est ce que je me miaulais avant de faire ma première écoute de Mit Gas. Première écoute passée, choc cérébral ! Je trouve l'album mauvais. Pas mauvais en soit, mais très très différent de l'album éponyme. Je m'allume un clope, m'arrache quelques touffes de cheveux, puis je repars pour une autre session, encore et encore, serrant convulsivement mes mains...à la limite de l'hystérie.
Quelques jours plus tard et après de longues hésitations, la vérité m'apparaît enfin. Mit Gas est égal à Tomahawk. Devant la grande cohérence du premier album, le deuxième peut en effet paraître confus. Ainsi, après les premières écoutes de rigeur, Mit Gas montre ce qu'il a dans le ventre.

L'album commence sur Birdsong, léger grésillement abrasif en guise d'intro, pépillements d'oiseau, vague sirène au lointain, effet de réverbération, puis viennent batterie et basse un peu speedées suivie de peu par une guitare aérienne... ça y est c'est parti, le Grand Canyon s'offre à nous.
Premier constat, Mit Gas sonne sans conteste plus rock (Birdsong, Rape This Day, Capt. Midnight frôlent le métal) et plus pop que Tomahawk. Il est donc plus accessible aux profanes. Commercial? Hmm...a priori, le premier 'single' de Mit Gas s'intitulerait (I'm gonna) 'Rape This Day', autant dire qu'entendre du Tomahawk ces prochains mois sur une radio nationale relèverait du miracle. Non que les lyrics de Tomahawk soient particulièrement violentes, mais c'est Patton qui écrit donc nous nous accorderons pour dire qu'elles sont légérement malsaines.

Si Tomahawk a donné le ton sur le premier album, Mit Gas s'accorde quelques libertés. Ainsi Mayday et Capt. Midnight (le meilleur titre?) oscillent entre drum n' bass et speed rock, crachant leur atmosphère irréel. Desaster Naturel, ballade chaude et hypnotique, est crooné en italien et Harelip sonne bien jazzy, ce qui nous donne un album dénué de titre véritablement frappadingue pour l'auditeur qui ne connaîtrait pas Mike Patton.

Comme l'affirme avec humour Tomahawk sur le site de leur label Ipecac Recordings 'The new cd is entitled Mit Gas. The title, with it's threatening Teutonic overtones, announces the total annihilation through pleasure that is about to descend upon you, the lucky listener'. Mit Gas s'avère en effet être une suite tout à fait honorable du premier album, qui ne donne qu'une envie, assister aux très prochaines performances live de Tomahawk pour les Eurockéennes de Belfort. Wait and See...

TOMAHAWK - ALBUM EPONYME

Alors que tous les jours, MTV et ses mignons façonnent des Avril Lavigne et des Good Charlotte, sapant les forces vives du rock, nous fourrant de force quelques substances înfames en bouche tout en croassant: ceci est du rock... dans l'ombre quelques superhéros veillent au grain. Mike Patton est l'un de ceux là.

Officiant depuis les années 80 dans des formations plus ou moins connues mais toutes aussi géniales, Faith No More, Mr Bungle et Fantômas, Patton est passé désormais à Tomahawk. Alors regret or not regret ? Pas si sûr. Faith No More a splité en 1998, les différents membres de Mr Bungle ont d'un commun accord décidé de mettre le groupe entre parenthèse, quant à Fantômas, la bête relève plus de la volonté de faire des concept-albums que de durer. Le passage à Tomahawk n'est donc pas si étonnant.

Produit du label de Mike Patton, Ipecac Recordings 'making people sick since 1999', le premier album de Tomahawk aurait eu pour objectif de renflouer les caisses dudit label. Pour former Tomahawk, Patton s'est donc entouré de très bons potes sévissant dans des groupes plus que corrects: Jon Steiner, batteur des Helmet, Duane Denison, guitariste des Jesus Lizard, et Kevin Rutmanis, bassiste des Melvins. De leur transe créatrice sont sorties 13 pistes qui vont mettre le feu à votre tipi.

Entre speed rock et psyché rock, la description de l'album Tomahawk n'est pas aisée. Disons que Tomahawk, comme tous les autres groupes de Mike Patton, ne se fixe pas sur une mélodie mais plutôt sur une ambiance, voir même sur une scène. Du coup, si la plupart des titres de Tomahawk sont ponctués de refrains, leurs trames sont volontairement et constamment déformées, ce qui donne à Tomahawk un caractère tantôt planant, tantôt oppressant du plus bel effet. Les compos, sans être en soi agressives, donnent la marque à la voix folle de Patton. La guitare est mordante mais sûrement pas saturée, une batterie assez calme marque le tempo derrière une basse déglinguée...reste la voix de Patton, quatrième instrument de Tomahawk et non le moindre. Car les ambiances posées par Tomahawk sont carrément sublimées par l'organe de Patton. Que ce soit sur 'Sir Yes Sir' servi par une voix grinçante/hurlante rappelant les passages les plus agressifs d'un Mr Bungle ou d'un Fantômas, louchant terriblement vers le grind-core, Patton ne reste pas sur ses acquis et passe le plus souvent possible (sur les mêmes pistes) des passages les plus malsains à un véritable calme plat où sa voix de crooner fait l'effet d'une douche froide (Sweet Smell Of Success).

Au final, Tomahawk s'avère être un très bon album de rock agressif, fort éloigné de toute la nouvelle vague néo-métal (Patton ne porte pas ces nouveaux venus dans son coeur) qui reste plus accessible qu'un Bungle ou un Fantômas, mais suffisamment original pour changer le regard du néophyte sur ce que pourrait devenir le rock.

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