7/10Les Tit' Nassels - Même pas mal !

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 02/12/2010
Notre verdict : 7/10 - Pas mal (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 4 minute(s) - laisser un commentaire

Les Tit' Nassels écument la scène française depuis de nombreuses années et nous livrent avec Même pas mal, un huitième album. Franchement pas mal.

Dix ans ! Dix ans que les Tit'Nassels écument les scènes françaises, et pourtant le duo roannais n'a apparemment même pas mal, puisque c'est le titre de leur dernier album, le huitième déjà ! Parler des Tit'Nassels évoque ces petits groupes entrevus dans des salles parfois inadaptées pour un concert, ou sur d'improbables places de village perdu au milieu des montagnes ligériennes. Les Tit'Nassels font partie de ces premières parties qu'on n'oublie pas et qu'on tente de suivre à travers leurs albums et leurs concerts. C'est donc avec un véritable plaisir que Même pas mal se pose délicatement sur la platine CD.

Un peu de négatif

En concert
En concert
De prime abord, on sent l'album un léger poil moins convaincant que les précédents opus. Comme si le groupe avait cédé son univers fait de bric et de broc pour un monde plus concret, plus classique et donc forcément moins original. Comme si les Tit'Nassels épuraient leur musique des trouvailles sonores des premiers temps, même si un titre comme « J'ai merdé » laisse la part belle aux bidouilles qui viennent surprendre l'oreille et nous invitent dans une danse où excelle le Jeunet d'Amélie Poulain ou Delicatessen. Mais, même malgré ces petites bidouilles, ce titre particulièrement n'enchante pas forcément le cœur, la faute sans doute à un sujet qui nous laisse dubitatif : quel intérêt d'écrire une chanson sur un homme toujours en retard à son repas ? Quitte à faire le bilan négatif de cet album, on pourra citer « La ballade de Lady Marmelade », une chanson entièrement en anglais malgré son accordéon et son titre bien de chez nous : l'apparition de la langue de Shakespeare détonne tellement du reste de la production des Roannais qu'il est difficile de rentrer dans ce titre. Comme il est difficile aussi de donner un blanc-seing à « Au royaume des gallinacés », un titre vaguement engagé (vaguement car rien de véritablement nouveau dans cette critique de la politique gouvernementale) mettant en parallèle le temps du refrain un « petit coq » et notre cher Président. De façon étonnante, c'est exactement la même analogie que faisait Alexis HK avec « Chicken Manager » sur l'album Les affranchis, si ce n'est que ce dernier filait la métaphore largement plus longtemps que les Tit'Nassels.

Mais beaucoup de positif

A la fraîche
A la fraîche
Le paragraphe précédent peut paraître très négatif sur Même pas mal. Pourtant l'âme des Tit'Nassels est toujours là, présent du début à la fin par l'association des voix d'Alex et Sophie et des textes qui font souvent mouche. Comment ne pas adhérer à « Je prends du bide », sorte d'hymne à la trentaine décatie qui nous guette tous : « Je prends du bide, je prends des rides, je prends du bide, je prends même des joues » ? Il y a dans ce titre tout ce qui fait le sel des Tit'Nassels, un mélange de spleen et d'humour taquin, même si le spleen semble l'emporter sur cet album. Le vent glacé de « Hiver 2002 » souffle la nostalgie comme la mélopée de « L'envolée » murmure des souvenirs oubliés. Et, comme souvent, la cause de cette triste mélancolie est à chercher dans l'amour, l'amour dont le jeu se termine sur « Game over » ou l'amour qui se termine par la mort dans le superbe titre éponyme de l'album : on parie ici que le refrain de « Même pas mal » vous rentrera dans la tête et ne s'en fera pas si facilement déloger. Enfin comment ne pas évoquer « Ma belle blonde » qui dresse un parallèle entre une rupture et... l'arrêt de fumer ! Étonnamment, Merzhin utilise la même association d'idées dans « La rue calumet » de l'album Pieds nus sur la braise. Deux chansons jumelles. Et deux belles réussites.

Avec ce huitième album, les Tit'Nassels affirment leur style avec ces « chansons de rien du tout » que chantait Mickey 3D, chansons que l'on imagine déjà en concert, là où l'univers des Tit'Nassels prend tout son sens.

Les Tit'Nassels - Même pas mal

01. Sur le pont de l'existence
02. Bouche cousue
03. Au royaume des gallinacés
04. Même pas mal
05. J'ai merdé
06. Je prends du bide
07. Hiver 2000
08. L'envolée
09. Game over
10. Baggy boy
11. Ma belle blonde
12. La ballade de Lady Marmelade
13. Le sorcier
14. Que je ne regrette rien

A découvrir
Merzhin - Adrénaline
Merzhin - Adrénaline
Mickey 3D
Mickey 3D
Merzhin - Pleine Lune
Merzhin - Pleine Lune