Tamino - Concert au Théâtre de Gleizé - 14/11/2018

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 14/11/2018

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Un ange est descendu sur terre. Et si, pour une fois, le terme n'était pas galvaudé ?

Après un set extrêmement court au Théâtre Antique de Fourvière en première partie de Ben Howard, Tamino était de retour dans la région lyonnaise dans le cadre du Festival des Nouvelles Voix en Beaujolais et, plus précisément, au Théâtre de Gleizé, une petite salle intimiste d’une centaine de places. Peut-il y avoir meilleur écrin pour recevoir la musique du Belge ? D’autant plus quand on arrive à se glisser au premier rang, à quelques dizaines de centimètres de l’auteur d’Amir.

Tamino se laisse un peu désirer tandis que le public l’attend sagement, assis sur les sièges rouges du théâtre devant cette petite scène simplement meublée d’un pied de micro, d’un ampli et d’une pédale d’effets. Après la présentation de la soirée par la nouvelle présidente du Festival, Tamino entre sur scène avec sa seule guitare. À Lyon, un claviériste et un batteur assistaient l’artiste, ici il est seul accompagné de son seul charisme et de ses seules émotions.


DR.
Dans un beau clair obscur, Tamino débute le concert par Persephone et déjà l’émotion gagne le public. Le ventre noué, on est embarqué dans un monde empli d’amour et de douleur : les mains de Tamino volent sur les cordes d’une manière quasi-hypnotique, son visage, fermé et grave, se vêt d’une tension ultrasensible, sa voix, sa voix !, peuple le théâtre de mille sentiments. Chaque titre, que l’on a pourtant écouté mille fois, est une redécouverte sur scène : Tummy, Cigar, Sun may shine sont autant de joyaux qui prennent l’âme, le cœur et le ventre et l’on ne sait s’il faut fermer les yeux pour apprécier chaque inflexion dans la voix de l’artiste ou s’il faut, au contraire, les garder ouverts pour savourer chaque seconde du magnétisme incroyable qu’il dégage.

Faut-il encore préciser que Habibi, Verses ou Indigo night sont encore un cran au dessus et mettent le public émotionnellement à terre, submergé par un flot d’émotions dépassant tout ce que l’on a pu entendre auparavant ? Mais les mots sont sans doute insuffisants pour décrire ce concert de Tamino dans ce magnifique et intimiste cadre et d’ailleurs l’artiste lui-même s’est passé de mots : « Merci, c’est ma dernière chanson » seront la seule et unique fois où il s’adressera directement au public. Pourtant rarement la communication, la communion aura été aussi parfaite entre la scène et la salle. Et rarement un concert nous aura autant touché.

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