Skáld - Concert au Ninkasi Gerland - 10/12/2019

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 16/12/2019

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Des scaldes en visite dans l'ex-capitale des Gaules, c'est pas courant. Le point commun ? La bière du Ninkasi sans doute !

L’air est frais sur le parvis du Ninkasi où sinue, tel le serpent de Midgard, la longue queue permettant d’accéder à la salle de concert ex-Ninkasi Kao. La petite salle est pleine pour la venue du groupe français Skáld dont nous vous avons parlé dernièrement tandis que sur scène l’atmosphère viking est retranscrite par quelques runes et quelques os accrochés aux pieds de micro, décor évidemment largement moins impressionnant que celui du Hellfest 2019. Cependant, quand le groupe investit la scène, vêtu de peaux de bêtes, de cuir et de vêtements aux motifs scandinaves, on se croirait presque véhiculé au temps des Vikings ou, du moins, dans une de ces reconstitutions qui font fureur aujourd’hui.


Pierrick et sa vièle

Telle une prêtresse, la chanteuse Justine Galmiche dans sa robe rouge sang entame alors ses longues mélopées accompagnée de la voix de Mathieu Haussy, des percus de Nicolas Montazaud, de la vièle de Pierrick Valence et notamment de la harpe de Jaufré Darroux. Les voix se mêlent, s’entremêlent et transportent les spectateurs dans un autre monde. Étrangement pourtant, même s’il apprécie de toute évidence, le public restera assez statique durant tout le concert comme si l’on ne pouvait céder aux aspects les plus chamaniques de la transe de Skáld et que l’on se contentait d’écouter religieusement l’œuvre magnifique, à part peut-être sur les morceaux les plus entraînants comme l’extraordinaire Flúga. Pourtant nombreux sont les instants particulièrement marquants comme l’intrusion de ces longues trompes appelées kulning sur Yggdrasil ou des trompes sur Ó Valhalla.


Harmonie à 4 voix

Plus particulièrement il faut noter cet instant suspendu où Pierrick restera seul sur scène, simplement accompagné de sa vièle et de sa voix pour un Krákumál d’anthologie : le chant d’adieu et de mort de Ragnar Lodbrok est tout simplement incroyablement touchant de par l'harmonie de la voix. D’après le groupe lui-même, Skáld est surtout un projet vocal, ce qui se matérialise particulièrement avec le premier morceau du rappel, Ec man iötna qui, entonné à 4 voix, est un nouveau beau moment en dehors de tout temps, en dehors de tout lieu.

Le concert se termine par, à nouveau, Ó Valhalla sur lequel le groupe exhortera le public à chanter en choeur et à reprendre à tue-tête le refrain : les « O » viennent du fond des entrailles et sont jetés à l’unisson tandis que les « Valhalla » sont scandés par tous les spectateurs qui finissent par se lâcher un peu tard.

Dans la salle du Ninkasi Gerland, on a l’impression d’avoir assisté à un superbe moment puisant sa source dans l’essence même du monde scandinave malgré un public finalement très sage, écoutant et profitant pleinement d'un concert malgré tout terriblement court

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