8/10Le chant des Vikings de Skáld

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 09/12/2019
Notre verdict : 8/10 - Au fait les casques à cornes n'existent pas (Ecrivez votre critique)

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Guerrier ! Prend ta hache, ta corne à boire et ton casque à cornes et viens te battre, le Valhalla t'attend !

Si la logique avait voulu l’emporter, les Français de Skáld auraient dû s’appeler scaldes, la traduction littéral du norrois skáld. Mais qu’est-ce qu’un scalde me direz-vous ? C’est tout simplement l’équivalent scandinave de l’aède grec, du barde breton ou de l’oblaire irlandais, à savoir un poète notamment versé dans les mythes, les contes et les légendes. Et pourquoi ce nom de groupe ? Tout simplement parce que les mythes nordiques sont le terreau dans lequel ont poussé 14 titres du bien nommé Chant des Vikings, album qui en contient 18, nous reviendrons plus tard sur cette étrangeté. 


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Sur un langskip

Embarquons donc sur le langskip viking (rappelons ici une bonne fois pour toutes que le terme de drakkar est impropre et qu’il convient de nommer les bateaux vikings lanskip ou longship) pour un voyage en terres inconnues. Des terres d’autant plus inconnues que les membres de Skáld, et notamment les chanteurs et chanteuse, utilisent l’ancienne langue norroise. Ainsi le premier titre de l’album se nomme Enn átti Loki fleiri börn, soit Et pourtant Loki avait d’autres enfants. Louons au passage l’intelligence de Skáld qui propose dans son livret les paroles originales et la traduction en français. En lisant les paroles, il est évident que Skáld puisse amplement dans l’Edda, cet ensemble de poèmes écrits en vieux norrois, pour créer ses morceaux savamment mis en orchestration sous la forme d’un néo-folk tissé de harpes, de lyres, de flûtes, de corne, de percus et d’autres instruments plus ou moins anachroniques.  Les titres sont d’ailleurs plutôt transparents sur leur signification profonde : l’entêtant Ó Valhalla fait évidemement référence à cette grande halle où se retrouvent pour ripailler et se battre les guerriers morts au combat, l’imposant et pénétrant Odinn nous conte le roi des Dieux tandis que Gleipnir et ses bruits de forge et de métal nous rappelle l’histoire de ce monstre enchaîné jusqu’à la fin du monde. C’est donc un vent fleurant bon le paganisme et la transe chamanique que souffle Skáld.


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L'armée des 7 nations

En tout cas, jusqu’au treizième titre, Jóga, qui voit l’arrivée d’un chant en anglais. Et, pour cause, il s’agit d’une reprise de… Björk, certes islandaise mais qui n’a pas grand chose à voir avec le folklore scandinave. Mais cette reprise s’intègre tellement parfaitement à l’album qu’on n’y aurait vu que du feu… s’il n’y avait eu la présence de Seven nation army, Riders of the storm et High hopes, reprises respectives de The White Stripes, The Doors et Pink Floyd. Et là… comment dire… la musique de Skáld ne fonctionne pas avec les univers de ces groupes, sans compter que ces titres sont hyper connus et que l’on ne peut pas vraiment s’extraire de la chanson originale. Et l’on ne peut que se perdre en conjonctures sur la présence de ces titres dans cet album magistral, des titres qui nous projettent violemment en dehors du projet.

Mis à part ces quelques fautes de goût, Skáld est un projet original, porté par de fabuleux morceaux et qui prend tout son sens en concert. Ça tombe bien, on ira les voir demain !

En écoute : Flúga

La critique en 140 caractères :

Revisiter la mythologie nordique par un folk païen, dansant et chamanique, c’est la mission, ô combien réussie, de Skáld

Skáld - Le chant des Vikings

1. Enn átti Loki fleiri börn
2. Rún
3.  Valfreyjudrápa
4. Níu
5. Flúga
6. Gleipnir
7. Krákumál
8. Ó Valhalla
9. Ec man iötna
10. Yggdrasill
11. Ódinn
12. Ginnunga
13. Jóga       

BONUS TRACKS

14. Seven Nation Army
15. Riders on the Storm
16. Hross
17. High Hopes
18. Öll of rök fira

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