7.5/10Sinik - Sang Froid

/ Critique - écrit par Toma, le 25/05/2006
Notre verdict : 7.5/10 - Sang Froid (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 1 réaction

Après son "plus que disque d'or" La main sur le coeur, Sinik revient avec un surmédiatisé Sang froid. Le voici passé au difficile moment du second album, du délicat "referais-je aussi bien ?". Dès le départ, il l'annonce haut en couleur, il n'est pas venu faire de la figuration : "c'est mon deuxième album et il est meilleur que le premier ", voyons voir...

Sinik entre dès l'intro Dans le vif du sujet sous forme d'une interview simulée avec le célèbre Fred du Planète Rap de Skyrock : il répond à pas mal de critiques et en renvoit plus d'un au tapis. Du flow aux lyrics Dans le vif engage plutôt bien l'album et Sinik semble tenir jusque là son rôle de grand représentant de la nouvelle vague du rap français.

Sur un piano et quelques notes il se prend au jeu du titre "catalogue" sorte de copie du Faut de tout pour faire un monde des Sniper sur leur premier album Du rire aux larmes. Coïncidence ou pas mais Dj Bound J, le Dj des mêmes tireurs d'élites marque de sa patte le titre suivant, Sarozik, description sinikéene du 91 et de ses "logements qui puent la merde avec une vue sur le RER B". Les descriptions attristées de notre monde "qui va mal" ne manquent d'ailleurs pas sur cet album, puisqu'Il faut toujours un drame et Démence s'ajoutent à la liste. Dans la même lignée on assiste à la Descente aux enfers d'un type bientôt alcoolique, violent puis SDF qui passe son temps "à pomper les mégots et compter les métros" avant de devenir un simple fait divers dans les journaux.

Les Sniper ne sont définitivement pas loin, Tunisiano rêve avec Sinik d'un Monde meilleur, de voir les juifs et les arabes posés à la même table, d'une justice qui ferait preuve de psychologie, mais ne souhaite pas forcément que du bien à notre cher K'maro.

Il est plutôt intéressant de voir un rappeur admettre, à l'instar de Kery James sur son mémorable Un nuage de fumée (d'ailleurs rappelé par un sample sur le titre), que les joints dont il ne peut plus se passer sont devenus de véritables obstacles pour s'en sortir. Sans jamais nommer explicitement sa drogue douce, Sinik va jusqu'à écrire qu'elle "a tué ma vie et mon adolescence, la pire de mes connaissances". Le remix du même titre présent en fin d'album n'est pas d'un grand intérêt vu le peu de différence avec l'original.

L'hommage à sa mère sur Précieuse et la dédicace à tous les gosses à l'hôpital sur La cité des anges caractérisent la touche Sinik: des paroles sincères mais relativement naïves qui nous laissent parfois deux impressions opposées, hésitant à considérer les chansons comme touchantes ou comme pauvres en textes et rimes.

On aurait aimé une présence à peine plus prononcée de Diam's sur cet opus tant leur travail collaboratif donne généralement de bons résultats. Elle apparaît tout de même légèrement sur les refrains d'Autodestruction et Précieuse. Sinik s'entoure cependant de jeunes et jolies chanteuses, avec Vitaa sur le vif Ne dis jamais ou encore Kayna Samet qui l'aide à prouver que Rien n'a changé malgré son disque d'or.

On réécoute avec plaisir le sample de IV my people des NTM sur Si proche des miens mais c'est avec un plaisir plus grand encore qu'on retrouve Kool Shen qui y pose un couplet.
Sinik conclut l'opus avec Le mot de la fin, remerciant toutes les personnes qui l'ont aidé, encouragé ou adulé, en somme tous les remerciements habituellement écrits dans un coin de page du livret accompagnant le CD.


On attendait Sinik au tournant, il revient avec un bon album sur des productions musicales toujours de très bonne qualité. Hélas on ne sent pas une amélioration frappante qu'il s'agisse du flow ou des textes du rapper. Cet album est équivalent au précédent mais décevant par son manque de nouveauté, de surprise. Sinik rappe cependant toujours avec le même flow efficace et n'hésite pas à aborder des thèmes délicats sans jouer les gros bras ce qui en fait un rapper à part entière. Un an après son premier album il ne fallait pas forcément s'attendre à quelque chose de radicalement différent mais plutôt profiter d'un style qui a fait ses preuves. La prochaine fois par contre on veut du neuf.

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