8/10Prohom - Allers retours

/ Critique - écrit par Luz, le 16/09/2007
Notre verdict : 8/10 - Un aller simple s’il vous plait, m’sieur ! (Ecrivez votre critique)

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Le troisième album de Prohom, ou de quoi nous prouver qu'avec le temps, il n'y a pas que le vin qui se bonifie.

Un CD assez sobre comme nous avaient habitué Phillipe Prohom et ses musiciens, que ce soit par le titre Allers retours, par la photographie, ou par le livret de l'album. Le livret de paroles est au plus succin, au plus simple : écriture noire, sur fond blanc.

Dès les premières chansons, Prohom nous met dans le bain : on retrouve certaines caractéristiques rock des albums précédents nous permettant de continuer l'écoute en toute confiance, sans être trop vite surpris et donc pris à rebrousse-poil.
La musique diverse et variée semble malléable à chaque chanson, sans pour autant nous donner l'impression d'un album désarticulé, sans ligne fixe. Au contraire elle permet à l'album d'être complet. Prohom aurait-il trouvé, enfin, une façon de s'exprimer complètement, plus sûr de lui, sans avoir besoin de crier ? On l'entendrait même chuchoter. Il ose, par instant, passer du rock à l'électro, toujours rythmé, il quitte l'obligation, et se découvre, dévoile, enfin. Quelques effets sonores sur sa voix nous rappellent tout de même cette préférence passée pour le coté électronique. Du coup les rares chansons (Autour de Lucie) où l'on retrouve les sonorités des albums précédents rendent l'ensemble sonore réellement intéressant.

prohom
Prohom
Les textes ont été mis plus en avant, la voix à une place de choix : il y a moins de bruits parasites, elle en ressort plus naturellement, osant même une chanson sans musique : Prohom n'a plus besoin d'artifice pour exister Enfin seuls.

Comme une entrée en matière,la première chanson, le pacte (et non le pack), le contrat, entre le chanteur, et son public, interpelle, prévient, invite, mais annonce le changement.
A la fois plus positives, les paroles sonnent comme une remise en question, et apparaissent tristes au travers de leurs sonorités. Un album qui nous inspire un dévoilement personnel de la part du groupe. On se sent enfin compris dans les paroles, ces racontars nous parlent, l'ensemble nous paraît familier. Que ce soit avec l'histoire de La Fille du train, qui nous interpelle, et nous parait si compréhensible, pour nous tous, qui avons sans doute dévisagé plus d'une personne dans le train, comme dirait l'autre « je tombe chaque matin, amoureux dans le train » ; ou l'humour à double sens visible des chansons comme Mon étiquette. Des petites parenthèses, soufflées, dictées, langoureusement, chuchotées à nos oreilles par une voix féminine entre deux chansons, qui sont en fait des morceaux de poèmes, mais que l'on n'entend pas forcément directement, se rajoutent de façon fantaisiste aux textes.

Prohom aurait-il atteint la maturité artistique ? Par peur qu'en acquiesçant cela insinue qu'il s'agit là d'un dernier album, nous dirons non, il a encore beaucoup à offrir, cet album nous le prouve, mais il en approche fortement.


« Quand c'est carré, c'est trop carré, quand c'est rond, trop policé, quand c'est triangle, c'est trop pointu, quand c'est losange, trop biscornu ? Alors voilà un tube, comme un cylindre, alors voilà un tube, un truc sans forme, personne pourra se plaindre. »

Philipe Prohom à tout compris, à défaut de compas et autres instruments, il crée des figures géométriques en pâte à modeler, et c'est bien mieux.


Prohom - Allers retours
01. Le Meilleur
02. Chez les fous
03. A la bonne heure
04. Un inconnu
05. Autour de Lucie 1
06. Autour de Lucie 2
07. La Fille du train
08. K. O. par insomnie
09. Enfin Seuls
10. Mon étiquette
11. Grossier
12. Jamais dans le bon sens
13. En forme

 

 

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