7.5/10Pleymo - Ce soir c'est grand soir : DVD

/ Critique - écrit par weirdkorn, le 10/06/2005
Notre verdict : 7.5/10 - Ce soir ils jouent les barbares (Ecrivez votre critique)

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De février à novembre, Pleymo, le groupe le plus célèbre de la Team Nowhere, a arpenté les routes de France et de Navarre afin de promouvoir leur troisième album Rock. Du Japon au Canada en passant par tous les festivals de l'été, leur tournée 2005 a été énorme et le groupe a décidé de la clôturer en beauté au Zénith de Paris, lieu rêvé pour sortir un DVD. Celui-ci se nomme Ce soir c'est grand soir et ne déçoit pas au vu de son contenu : 01H50 de concert non-stop auquel on peut rajouter quelques bonus dont un reportage d'01H30. Tout cela pour le prix d'un CD (un pas cher en plus). On peut beaucoup polémiquer sur la musique de Pleymo mais une chose est sûre, ils prennent soin de leurs fans à chacune de leur nouvelle sortie.

Concert au Zénith de Paris le 5 novembre 2005

On aurait pu avoir peur après Rock de voir le groupe se calmer sur scène et reprendre uniquement ses dernières compositions. Pas de souci de ce côté, Pleymo pioche dans ses trois albums et même ailleurs, demeurant un groupe de bourrins. Guitares tranchantes, rythmique endiablée et cris bestiaux, voilà comment définir le groupe en trois points. On retrouve peut-être deux ou trois passages calmes mais dans l'ensemble, le groupe ne s'est pas assagi, juste professionnalisé.

L'intro de Rock retentit, suivi des premières notes du single Divine excuse, le show Pleymo peut commencer. Premières constatations : le groupe a des moyens et Marc chante faux. D'un côté, tant mieux s'ils ne font pas de playback, de l'autre il faudrait faire quelque chose pour améliorer ça. Tout s'arrange vite avec Ce soir c'est grand soir. Voilà le Pleymo que l'on connaît : gros son, agressif et ultra jumpant. Marc gueule ou rappe et ne chante plus et il n'y a pas à dire, il faut qu'il se limite à ce style. Frakasse smala ne fait que renforcer cette impression et le groupe est véritablement doué pour le néo énergique. Lorsque Frank, le DJ à la voix de barbare y met du sien, cela prend encore une toute autre allure. On regrettera juste le son de la basse qui aurait pu être davantage mis en avant, surtout lorsqu'on a un slappeur du talent de Benoît Julliard.

Le reste de cette première partie est du même acabit. Pleymo joue sur tous les fronts avec Keçkispasse (Porn et Nawak), Rock (Polyester môme, 1977 et Modaddiction) et surtout avec Medecine Cake (Star FM-R, Tout le monde se lève et l'enchaînement qui tue "United Nowhere, Kubrick, Tank club et New wave"). Autrement dit, hormis Modaddiction et Star FM-R où Marc chante, ça arrache carrément. Les titres du premier album sont énormes, le fin de Tout le monde se lève est géniale et je ne parle pas du riff de Tank Club ou du rythme de United Nowhere ou de Kubrick.

On vient de passer la première heure et il est déjà temps pour le groupe de se reposer un peu après une telle dépense d'énergie. Intelligemment, le show continue et pour que tout le monde puisse souffler seul Marc reste sur scène pour interpréter une chanson à la guitare acoustique. Rien de choquant, du progrès a été fait depuis Divine excuse. Il est temps pour lui de faire une petite pause et c'est Fred, suivi de Benoît qui entrent en scène pour un solo de batterie magistral (oui oui, un solo à deux).

Le concert peut alors reprendre pour une bonne demi-heure avec Rock, Chérubin et surtout Seven words. La reprise de cette chanson de Deftones présente dans Adrenaline est la surprise et l'attraction du DVD. Encore une fois, c'est clair que Marc est loin de Chino niveau vocal mais question musique ils assurent un maximum notamment dans le break qui prend une dimension énorme. Retour au calme avec une petite impro sympathique et On ne changera rien moins mou dans sa version live (surtout sur sa fin) avant la dernière tempête : Blöhm et World.

Pleymo prouve une fois de plus qu'il maîtrise la scène grâce à un très bon rapport avec le public et a une énergie ultra communicative. Les titres les plus énervés sont largement les meilleurs et le groupe ne doit pas changer de style sous peine de se planter lamentablement. Avec un son de basse renforcé ou un Muck le concert aurait pris encore plus d'ampleur. En changeant le chanteur je n'en parle même pas.

Des bonus qui en sont

En plus de ce superbe concert, on a droit à un reportage d'01H30 sur le combo parisien de ses débuts jusqu'au concert du zénith. Ce petit film est même commenté par les membres du groupe, moment parfois drôle et intéressant. On voit ainsi Pleymo lors de ses concerts ou de ses répétitions avec son staff et toutes les bêtises qui en découlent forcément. De Tokyo à Montréal en passant par le Portugal où on les voit discuter avec Fieldy (Korn), Chester Bennington (Linkin Park) ou Matthew Ballamy (Muse), ce reportage nous permet de voir le quotidien d'un groupe assez déjanté mais de plus en plus professionnel.

Rajoutez à ce petit film un diaporama photo et les clips de Divine excuse, de Modaddiction et de On ne changera rien avec leur making of, et vous obtenez un DVD indispensable pour un fan. Il reste juste à espérer que le groupe prendra une autre direction que ces trois dernières chansons mais ceci est une autre histoire.

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