3.5/10Nightwish - Dark Passion Play

/ Critique - écrit par Danorah, le 30/09/2007
Notre verdict : 3.5/10 - Game Over (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 4 minute(s) - 136 réactions

Le temps passant, Nightwish s'empêtre toujours davantage dans ses propres codes, et finit par devenir une caricature de ce que le groupe a un jour été. Décevant.

Nightwish sans Tarja, ça donne quoi ? Telle est la question cruciale que nous avons été nombreux à nous poser depuis l'annonce de l'éviction de la célèbre chanteuse. A l'écoute de Dark Passion Play, la réponse ne tarde pas à se faire évidente : Nightwish, sans Tarja, ça donne... pas grand-chose d'enthousiasmant. Et pourtant, on avait fait l'effort d'essayer d'y croire. De ne pas se laisser influencer par les oiseaux de mauvais augure qui prédisaient le pire avant même de connaître le nom de la nouvelle chanteuse choisie par le groupe. Mais rien n'y a fait. Les aspects positifs de l'album (car ils existent malgré tout) se retrouvent vite réduits à la portion congrue face à un tel gouffre de non-créativité, de non-inspiration, de non-renouvellement, de non-technicité, et plus généralement de non-tout ce que vous voudrez.

Nightwish version 2007... Tremblez !
Nightwish version 2007... Tremblez !
Sur la forme, Dark Passion Play se veut ambitieux, nous assenant d'entrée de jeu un titre de près d'un quart d'heure, The Poet and the Pendulum. Une entrée en matière rétrospectivement plutôt réussie, si l'on considère ce qui suivra. Bien sûr, ce que tout le monde attend au tournant, c'est la voix de la nouvelle chanteuse, Anette, dont on se demanderait presque si elle a été choisie pour ses qualités vocales ou pour ses caractéristiques physiques. Ne soyons pas mauvaise langue : Anette n'a pas une voix détestable, loin de là. Bien que banal, son timbre pas désagréable, typique des chanteuses qui se posent sur des instrumentations « metal », se révèle assez convaincant. Contrairement à sa technique, qui représente clairement son gros point faible : aigus aigres voire criards, tenue des notes hasardeuse, justesse fluctuante... autant dire que la marge de progression est immense. Evidemment, plus rien de lyrique (au sens technique du terme) dans le chant d'Anette. A chacun d'y voir, selon ses goûts, un progrès, ou au contraire une regrettable régression.

Mais arrêtons là les comparaisons. Car ce qui pêche dans cet album, ce n'est pas tant la voix de la chanteuse que la teneur même des chansons. Mis à part The Poet and the Pendulum, qui peut se targuer d'être traversé d'un léger souffle épique, Amaranth qui dispose d'un refrain assez pop et plutôt réussi, Sahara et ses chœurs un peu étranges, et For the Heart I Once Had, power-ballad pas trop mal fagotée, le reste de l'album ne contient pas grand-chose à sauver : entre mélodies à la limite du vulgaire et orchestrations dégoulinantes, l'auto-caricature n'est jamais bien loin. Pour preuve, Last of the Wilds, sorte de resucée de Moondance qui traîne la patte, ou Eva, ballade sirupeuse et mièvre à souhait. La voix criarde de Marco Hietala, qui sur-interprète toujours autant, ne remonte pas vraiment le niveau, et vient même saborder grossièrement de pauvres et innocentes chansons (Bye Bye Beautiful, aïe aïe aïe...) Le résultat n'est d'ailleurs pas plus convaincant lorsque, délaissant les grognements et autres hurlements, le bonhomme s'essaie au chant « clair » à consonances médiévo-folkloriques sur The Islander, à mourir d'ennui. Les guitares, de leur côté, alternent les passages heavy pas très inspirés et les parties de cache-cache avec l'orchestre symphonique, la rythmique basse+batterie et les claviers faisant gentiment tapisserie.

Nightwish
Nightwish
Pour le reste, que dire ? C'est affligeant de grandiloquence, et par-dessus tout, terriblement convenu : grands épanchements de violons, concours du chœur le plus imposant, soli de guitares languissants (le dégoulinant Meadows of Heaven), chuchotements féminins, passages parlés, ponts instrumentaux dominés par une flûte traversière ou un violon solo, le tout posé sur les sempiternelles rythmiques à la Nightwish (sur Master Passion Greed notamment). Certes, on ne se refait pas. Mais au lieu d'appliquer toujours la même recette avec le même succès, chaque album de Nightwish semble depuis quelque temps n'être qu'une pâle copie du précédent. Ce qui, au bout de trois ou quatre albums, donne quelque chose d'étonnamment atone.

Le temps passant, Nightwish s'empêtre toujours davantage dans ses propres codes, et finit par devenir une caricature de ce que le groupe a un jour été. Le départ forcé de Tarja n'a fait qu'accélérer la chute amorcée par Once. Privé de son élément-clé, le groupe n'est parvenu qu'à mettre un peu plus en évidence ses points faibles : répétitivité, surenchère dans le théâtral et manque d'efficacité. Mises à part quelques chansons tout à fait écoutables et réécoutables, le reste est à ranger bien vite au fin fond d'un tiroir. Ou à ne pas même acquérir, ce qui évitera tout problème ultérieur de stockage.

Nightwish - Dark Passion Play
01. The Poet and the Pendulum
02. Bye Bye Beautiful
03. Amaranth
04. Cadence of Her Last Breath
05. Master Passion Greed
06. Eva
07. Sahara
08. Whoever Brings the Night
09. For the Heart I Once Had
10. Islander
11. Last of the Wilds
12. 7 Days to the Wolves
13. Meadows of Heaven

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