7/10Merzhin - Pieds nus sur la braise

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 06/04/2010
Notre verdict : 7/10 - Braise moi (Ecrivez votre critique)

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Ce soir la nuit sera courte mais elle sera chaude. A la chaleur de Merzhin.

L'histoire ne se rappellera sûrement pas que c'est par la chance d'un concours que votre serviteur a redécouvert Merzhin. Merzhin ? Ah oui le groupe de rock celtique humoristique qui avait sorti le tube Les nains de jardin. Dès leur premier album Pleine lune, le groupe breton avait en effet su frapper en touchant un public relativement important. Et ils resteront sans doute longtemps le groupe de cet unique single, loin d'être représentatif de leur évolution. A l'orée de la sortie de leur quatrième album, Plus loin à l'ouest, retour sur Pieds nus sur la braise définitivement tourné vers une chanson rock plus traditionnel.

Feuer frei !

Un batteur sans oeufs
Un batteur sans oeufs
Merzhin danse en effet les Pieds nus sur la braise rougeoyante de leur rock celtique. Depuis leur premier album, le groupe semble en effet petit à petit s'éloigner de la Bretagne pour se rendre dans des territoires moins marqués. Le côté breton n'est désormais plus majoritaire (l'a-t-il d'ailleurs déjà été ?), mais il s'intègre au contraire parfaitement à la musique de Merzhin, un élément important au même titre que les paroles ou la voix de Pierre Le Bourdonnec. Les entêtantes bombardes sont ainsi toujours présentes, elles qui s'effacent parfois devant les guitares (Pavillons kamikazes) ou, au contraire qui les appuient avec bonheur (Poussières). Si Au bout de la scène s'enflamme gentiment sous les feux de la rampe ou si Si tu mens n'est plus qu'une braise au milieu des cendres, l'incendie déclenché par La rue calumet qui flambe comme un feu de joie ou par A la chaleur des missiles qui brûle de mille feux n'est pas prêt de s'éteindre !

Vive le feu !

Magicien d'ose
Magicien d'ose
Les petits rigolos de Les nains de jardin ne sont plus et l'humour du premier album cède la place à une écriture incisive, flamboyante et poétique. Le feu, qui semble être le thème principal de cet album, couve sous les mots de Merzhin. Pavillons kamikazes fait parler la poudre, l'amour consumé de La rue calumet se mêle à la fournaise de Torche vivante. Dans cette atmosphère brûlante, Merzhin joue avec les mots, les fait claquer dans l'air, s'amuse avec les champs lexicaux (celui du jeu de hasard sur Fanny par exemple) et fait prendre une direction moins festive au groupe. Souriez ressemble presque à une chanson engagée contre la télé-réalité, Si tu mens n'est qu'une longue mélopée triste. Mais c'est La rue calumet qui, une nouvelle fois, se dégage des autres titres par une subtile référence à la clope : « Je déchire notre amour de papier, j'écraserai notre amour mal consumé. »

Entre flammes et braises, Merzhin s'impose avec ce troisième album, que l'on pourrait qualifier d'album de la maturité malgré le côté tarte à la crème de cette désignation, comme une valeur sûre du rock français. Un groupe solide qui sait mélanger écriture remarquable et compositions taillées pour la scène.

Merzhin - Pieds nus sur la braise

01. Pavillons kamikazes
02. La rue Calumet
03. Fanny
04. La cour des grands
05. Au bout de la scène
06. Poussières
07. Western
08. Torche vivante
09. Si tu mens
10. Souriez
11. Des filons dans nos failles
12. A la chaleur des missiles
13. Nu et noir de pied

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