Koumekiam, Alexis HK - Concert au Magic Mirrors - Saint Etienne - 31/05/2009

/ Compte-rendu de concert - écrit par nazonfly (), le 04/06/2009

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Nous vous avions parlé du très bon maxi de Koumekiam. Rassurez-vous, en concert aussi c'est du premier choix !

"C'était très bien. Non, c'était exceptionnel tu veux dire. Ah Paroles et Musiques sont devenus énormes, on n'a plus le temps de profiter jusqu'au bout d'un très bon concert."

Le public présent ce dimanche 31 mai au Magic Mirrors était conquis après plus de 45 minutes de Koumekiam. Nous vous avions présenté cet artiste lyonnais plus tôt sur Krinein pour la sortie de son premier maxi, A l'aise à l'est. Sa venue au festival stéphanois Paroles et Musiques était l'occasion de le découvrir sur scène en ouverture d'Alexis HK tournant pour son album Les affranchis.

Le Magic Mirrors est un lieu atypique pour un concert. Salle éphémère pour le festival, elle ressemble à une yourte transformée en palais des glaces : de nombreux miroirs ornent la salle circulaire tendue de tissu rouge. Un parterre de chaises occupe l'espace central tandis que des salons ouverts se blottissent contre les murs. Les places assises se remplissent vite, et les retardataires seront obligés de s'asseoir au milieu des allées ou de rester debout autour de l'espace central. Le concert débute à 15h tandis que le soleil chauffe le Magic Mirrors, et cet horaire achève de donner une ambiance étrange au show.

Koumekian investit donc la scène, petite, minimaliste mais très proche du public. Fort d'une expérience de théâtre, Koumekiam n'a pas besoin de plus pour occuper le devant de la scène. Il se met rapidement le public dans la poche en proposant un véritable one man show musical. Car le chanteur sait manier à la perfection les effets pour embarquer les spectateurs dans son univers. Koumekiam commence son concert en jouant sur l'humour et tisse avec le public une relation privilégiée : ainsi le public rit de bon coeur quand Koumekiam part à la recherche de son slam sous des formes différentes, toutes plus drôles les unes que les autres, dans une chanson qui ne se trouve pas sur A l'aise à l'est. Le slammeur d'ailleurs a un répertoire réellement plus large que les 9 chansons de son maxi : il chantera notamment deux nouvelles chansons en roumain. Le concert se déroule dans une ambiance très chaleureuse, et Koumekiam en profite pour explorer d'autres facettes de son spectacle. L'émotion l'emporte sur le rire sur Maman ou Il a 12 ans, que le public écoute religieusement, sans un bruit. Et Koumekiam en profite pour lancer quelques chansons plus engagées : Vartan et Emigrez lui permettent d'aborder le problème de l'immigration et des reconduites au territoire. Il tente même de définir qui, parmi les peuples opprimés, des Tchétchènes aux Juifs, a eu le meilleur TEG (comprendre Taux d'Eclatage de Gueule). Comme dans son album, c'est toujours avec humour que Koumekiam parvient à toucher le public.

Finalement, ce qui ressort de ce concert, c'est la simplicité et la sincérité d'un personnage et la chaleur d'une rencontre entre un artiste encore largement inconnu et un public. Dans une ambiance goûter dû à l'horaire, la communion entre les deux parties, ainsi qu'entre Koumekiam et Arno son guitariste, est telle qu'il prend du temps, qu'il improvise, qu'il se laisse aller. Le public tentera bien de demander à corps et à cris un rappel qui ne viendra pas (les horaires d'un festival sont toujours contraignants), mais le concert est terminé et seul le maxi pourra remplacer l'artiste.

Une demi-heure plus tard, Alexis HK succède à Koumekiam. Fidèle à la thématique gangster de son album, lui et son groupe sont habillés en costume, la coupe impeccable, le regard caché par des lunettes noires et le visage fermé. Seul le chanteur parle, les autres musiciens se contentant d'émettre des borborygmes dignes des pires voyous. Malheureusement nous ne pourrons assister qu'à trois titres d'Alexis HK, mais s'il fallait retenir quelque chose, c'est que le mot pince-sans-rire semble avoir été inventé pour l'artiste avec un concert tout en second degré.

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