5/10Epica - Consign to Oblivion

/ Critique - écrit par Danorah, le 15/02/2006
Notre verdict : 5/10 - Destined to oblivion (Ecrivez votre critique)

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On préférera à cet opus terne l'élégance et l'originalité du premier opus d'Epica, infiniment plus intéressant, tant sur le plan technique que musical.

Après l'âge baroque, l'époque médiévale. Régression ? A voir... Pour son second album, Epica a choisi de s'habiller aux couleurs des châteaux et autres troubadours qui peuplaient le Moyen-Âge (ou tout au moins nos livres d'histoire). Pour le reste, à quelques exceptions près, le mot d'ordre semble avoir été « on prend les mêmes et on recommence ». Dommage, les exceptions en question constituent également les points forts qui avaient fait de The Phantom Agony un album d'envergure...

A première vue, rien n'a vraiment changé depuis ce premier opus : Simone Simons, la mezzo-soprano à la voix enchanteresse, officie toujours comme voix principale, soutenue par un choeur, un orchestre, des guitares et tout le toutim. A noter la recrudescence des instruments à vent, des compositions grandement raccourcies et le net recul de la voix death/gutturale/grondante de Mark Jansen. Choix artistique réfléchi et affirmé, ou volonté de toucher un plus large public au détriment de l'exigence musicale ? Bien malin celui qui saura répondre à cette question... Toujours est-il qu'apparaît sur cet album une voix masculine claire (celle du chanteur de Kamelot en l'occurrence), et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça fait mal, très mal même. Trois Vierges en est l'exemple le plus parfait (et unique, heureusement) : une ballade au potentiel de mièvrerie anormalement élevé (le titre parle de lui-même...) accompagnée au clavecin, chantée par Simone, toujours aussi charmante, et Roy Khan, totalement ridicule dans ses vagues tentatives d'emprunter une voix de ténor... Navrant. On retrouvera Jansen et ses grognements en bien meilleure forme sur Force Of The Shore, ou encore Consign To Oblivion. Toutefois, la majorité des titres de l'album se passera de ses services, merci pour lui. Certains y trouveront leur compte, d'autres (dont je suis) se sentiront irrémédiablement lésés.

Malgré une orientation plus hard rock que metal sur certains passages (le refrain de Mother Of Light, OVNIesque), la ligne musicale d'Epica demeure relativement cohérente : des choeurs grandiloquents en veux tu en voilà, un orchestre bien présent et des guitares bien lourdes, bien qu'un peu trop effacées sur cet album. On regrettera des compositions beaucoup moins « transportantes » que sur le premier opus, et le lyrisme un peu atténué : la diction de Simone s'est accélérée (et améliorée, indéniablement) et trop rares sont les montées dans les aigus, au profit d'une linéarité toute filmique (l'introduction de l'album semble avoir été faite sur mesure pour illustrer un quelconque long-métrage à base d'heroic fantasy). On ne peut cependant pas passer à côté de l'efficacité de titres comme The Last Crusade, et surtout Another Me, aux parties de choeurs complètement imparables. Si Quietus, Blank Infinity ou Dance Of Fate ne peuvent être décemment qualifiés de mauvais, on ne peut s'empêcher de leur trouver un certain manque de panache et d'envergure. Solitary Ground, unique ballade de l'album (excepté le consternant Trois Vierges), fait dans le classique et ne parvient ni à enthousiasmer, ni à surprendre, ni même à se faire détester.

Consign To Oblivion s'écoutera donc sans déplaisir, mais sans susciter les mêmes émotions ni la même exaltation que provoquait The Phantom Agony. On retiendra néanmoins quelques points positifs, à savoir les nets progrès de la chanteuse Simone Simons, et le traitement toujours irréprochable des choeurs et des instruments classiques. Pour le reste, on préférera l'élégance, l'engagement artistique et l'originalité du premier opus d'Epica, infiniment plus intéressant, tant sur le plan technique que musical.


Epica - Consign To Oblivion
01. Hunab K'u (A New Age Dawns, Prologue)
02. Dance of Fate
03. Last Crusade (A New Age Dawns, Pt. 1)
04. Solitary Ground
05. Blank Infinity
06. Force of the Shore
07. Quietus
08. Mother of Light (A New Age Dawns, Pt. 2)
09. Trois Vierges
10. Another Me "In Lack'ech"
11. Consign to Oblivion (A New Age Dawns, Pt. 3)

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