7/10D-Bangerz ou comment faire rimer Mordor et Hodor

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 07/03/2015
Notre verdict : 7/10 - Kame-hip-hop (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

T'aimes le Svink, t'aimes la house, t'aimes Call of duty, t'aimes Arkanoid, D-Bangerz est pour toi.

Même si les D-Bangerz sortiront la semaine prochaine leur premier album, Hip-hop centipède, ils ne sont pas totalement inconnus sur Krinein puisqu'on avait croisé leur route aux Eurockéennes l'année passée. Et leur prestation scénique nous avait même plutôt convaincu avec un set hip-hop electro emmené par 4 rappeurs qui se renvoient la balle avec brio.

Et dès DLT, acronyme de Désintègre-les tous, on n'est pas franchement déçus du voyage. Du bon gros son, basses en avant et flow de tueur, digne des Svinkels époque Dirty centre. L'hip-hop electro spatial de ce premier morceau nous met à genoux sans problèmes et nous fait saliver d'avance. Malheureusement on retrouve assez peu cet aspect hip-hop electro dans le reste de Hip-hop centipède même si d'autres morceaux s'en sortent bien. Ainsi, après un début relativement tranquille, Moutons emballe la machine D-Bangerz en se mettant à taper comme un sourd, pour notre plus grand bonheur évidemment. Typiquement le genre de morceau qu'on aurait envie d'écouter encore et encore en concert le point levé, la tête oscillant de haut en bas. Dans un style un peu plus balancé, Ouais mais et son refrain à base de Shake ton booty parvient à nous séduire encore avec des sons toujours aussi electro (et une petite fin qui sonne comme un hommage à Mr Oizo).


DR. Is this the real life ? Is it just fantasy ?

 

Avec Genki-dama, les D-Bangerz posent leur flow sur un rythme très techno, ce qu'on voit finalement assez peu dans le monde du hip-hop. Mais l'exemple est encore plus flagrant avec ce Hold-up musical qui, sans les rappeurs, pourrait passer dans n'importe quel club techno-house et n'y ferait pas piètre figure ! Peut-être le morceau le plus étonnant de tout l'album mais certainement pas le moins réussi.

Puisque la palme du pire revient à l'affreux Lorem ipsum qui se place dans une lignée cool et enfumée qui lorgnerait plutôt du côté Doc Gyneco que Svinkels. Seul point positif : le final explose tout ce qui avait été construit auparavant pour repartir sur des bases plus saines faites de scratchs, de grésillements, de déstructuration. Ouf !

Entre ces deux extrêmes, les titres se partagent entre morceaux tout juste sympathiques (Putain je m'en lave, Copycat qui fourmille d'idées mais peine à convaincre malgré une rappeuse bien en forme) et réussites plus évidentes (Sociopathe network, Ouais mais, 4G).

D-Bangerz nous séduit aussi par les multiples références parsemant leur morceaux, des références qui ne peuvent que nous parler. Comme d'abord leur nom D-Bangerz résumé en DBZ qui évoque forcément Dragon Ball Z, et pour ceux qui en douteraient le titre de leur dernier morceau, Genki-dama, est en lien direct avec l'anime d'Akira Toriyama. Genki-dama se permet même de faire rimer Mordor et Hodor dans un même élan héroique et fantastique. Et si on rajoute du Arkanoid et Misgard/Asgard dans Hold-up, du Call of duty dans DLT ou l'évocation de Lorem ipsum cher à tous les webmasters, on serait pas loin de vénérer D-Bangerz pour le reste des temps. On sera par contre beaucoup moins convaincus par Sociopathe network qui prend, comme son nom l'indique, le parti de s'étendre sur l'internet et les rézosocio. Et du coup, comme souvent, on ressent surtout un peu de gêne, notamment avec les « Clic-clic-clic » qui reviennent sans cesse.

Malgré quelques morceaux un peu moins efficaces, Hip-hop centipède reste un bon album d'un hip-hop qui ne se ménage pas. Et qui nous ménage assez peu. On en redemande.

Point fort : DLT

Point faible : Lorem ipsum

La critique en 140 caratères : D-Bangerz : hip-hop electro qui parvient à faire rimer Mordor et Hodor. Ultrakiff.

En écoute, DLT (comment ne pas cliquer sur cette vidéo avec cette belle image pour nous metre en appétit ?)

D-Bangerz – Hip-hop centipède

01. DLT
02. Putain je m'en lave
03. Copycat feat. Random recipe
04. Hold-up feat. Virus Syndicate
05. Sociopathe network
06. Moutons
07. Lorem ipsum feat. Jonas Rendbo
08. Ouais mais
09. 4G
10. Genki-dama

A découvrir

Vous pouvez aussi découvrir d'autres excellents articles sur Krinein, comme celui-ci : White crocodile et Fragile, deux EPs, deux univers, deux réussites