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titre: "La Canaille nous offre sa nausée"
description: "Aujourd'hui une fois n'est pas coutume nous vous proposons un peu de rap sur Krinein. Mais du rap qui ne manque pas d'associer de la bonne musique avec de bons..."
rubrique: "Musique"
type: "Critique"
auteurs: ["nazonfly"]
date_publication: 2014-09-26
note: "4.25/5"
oeuvre: "La Canaille - La nausée"
fiche_oeuvre: https://musique.krinein.com/oc/26961-canaille-nausee.md
url: https://musique.krinein.com/canaille-nausee/
editeur: Krinein (https://www.krinein.com)
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# La Canaille nous offre sa nausée

Aujourd'hui une fois n'est pas coutume nous vous proposons un peu de rap sur Krinein. Mais du rap qui ne manque pas d'associer de la bonne musique avec de bons textes.

> **Verdict : 4,25/5.** Vomito ergo sum

*Une goutte de miel dans un litre de plomb*. [*Par temps de rage*](https://musique.krinein.com/canaille-temps-est-orage/). Et maintenant *La nausée*. La Canaille continue son bout de chemin dans un rap hexagonal qui n'a pas oublié de faire vibrer musique et textes. Et pour l'occasion le groupe de Montreuil se voit aidé par deux artistes connus et reconnus, DJ Pone ([Svinkels](https://musique.krinein.com/svinkels-dirty-centre/), Birdy Nam Nam) et Serge Teyssot-Gay ([Noir Désir](https://musique.krinein.com/dossier-noir-desir-partie-1/), Interzone, Zone Libre). Du lourd, du très lourd même.

## Le noir et le gris d'une période troublée

Sombre et lent, hypnotique et vrombissant, *Quelque chose se prépare* annonce la couleur de l'album. Une couleur qui n'est évidemment pas le vert de l'espoir mais plutôt le noir et le gris d'une période troublée. Bien sûr, en attendant 2017, La Canaille se fend du passage quasiment obligatoire sur le FN avec *Jamais nationale* qui se pose quelque part entre *La colère* de Yannick Noah (« mon identité ne sera jamais nationale » semble renvoyer à « ma colère n'est pas un front, elle n'est pas nationale » de l'ex-tennisman) et *Créature ratée* de [Casey](https://musique.krinein.com/casey-liberez-bete/). On ne sait toujours pas si la musique peut faire changer les mentalités mais le titre a le double mérite de proposer une musique entêtante qui fonctionne bien et une dénonciation intelligente, jamais haineuse. *Jamais nationale* est cependant le seul titre qui attaque frontalement ce qui ne va pas selon La Canaille avec peut-être *Pornoland*, contre-hymne à la déchéance sexuelle du « streaming aphrodisiaque » et de l'« onanisme de bas d'échelle ».

![](https://www.krinein.com/img_articles/big/22488-nouvel-article-1.jpg) *DR.*

## Histoires anonymes

Pour le reste, La Canaille semble plutôt illustrer le fond de sa pensée par l'intermédiaire de tranches de vie, de ces histoires anonymes qui dépassent finalement leur sujet. *Monsieur Madame* décrit ainsi la vie d'un petit couple de bourgeois nouveaux riches, un titre dans un final noisy-jazz s'attaque à la vulgarité d'une classe « sans complexes », « condescendante » et « dégueulasse ». Autre instant de vie, autre morceau envolé, *Encore un peu* touche au tabou de la mort, à cette pénultième seconde durant laquelle on n'espère qu'avoir « encore un peu » de temps : une chanson touchante qui par bien des aspects n'aurait pas déparé sur un album de Grand Corps Malade. Le propos d'*Omar*, lui, est plus sombre, plus noir et pour cela fait appel à la guitare saturée de Teyssot-Gay qui soutient avec brio la voix saoule, énervée, ivrogne et habitée de Lazare qui « joue » cet Omar, ce « voisin » qui habite au rez-de-chaussée, dehors, de l'autre côté de la vitre.

Bien sûr, La Canaille n'oublie pas de se raconter sur *Redéfinition*, une des pièces maîtresses de l'album avec des percus qui martèlent des mots incisifs « C'est La Canaille, eh bien j'en suis ». Ou d'évoquer dans un morceau assez gênant combien le groupe est *Décalé* par rapport aux autres groupes qu'on imagine plus commerciaux. Mouais. Pour le coup ce n'est pas ce qu'on retiendra principalement de l'album. Heureusement.

S'il fallait explorer les textes de La Canaille, il faudrait bien plus qu'une simple chronique. Et le simple fait de ne pas avoir cité la massive et symbolique *Le silence*, la tellement réaliste *Desséchée* et l'excellente *Briller dans le noir* et son rythme electro-dub, est sans doute un grave manque dans cette chronique. Toujours est-il qu'avec *La nausée*, La Canaille réussit un grand et bel album dont les méandres ne peuvent être explorées qu'à force d'écoutes.

**Point fort** : terminer un album par la célèbre citation de Brel sur la bêtise est forcément un point fort

**Point faible** : on regrettera les morceaux un peu trop auto-centrés

**La critique en 140 caractères** : Quoi de mieux pour résumer l'état du monde que La nausée de La Canaille ? Porno, FN, oubli et mort. La nausée on vous dit.

En écoute : *Redéfinition*

https://www.youtube.com/watch?v=-lZdBT2Zl-A

## La Canaille – *La nausée*

01\. Quelque chose se prépare 02. Redéfinition 03. Jamais nationale 04. Monsieur Madame 05. Encore un peu 06. Pornoland 07. Omar 08. Le silence 09. Décalé 10. Desséchée 11. La sueur des ombres 12. Briller dans le noir

## Fiche technique : La Canaille - La nausée

- Distributeur : L'Autre Distribution
- Durée : 53 minutes
- Groupe : La Canaille
- Musiciens : Marc Nammour, Jérôme Boivin, Mathieu Lalande, Antoine Berjeaut, DJ Pone, Serge Teyssot-Gay, Lazare, DJ Fab, Sir Jean
- Genre : Hip-Hop
- Date de sortie : 22/09/2014
- Fiche de l'œuvre sur Krinein : https://musique.krinein.com/oc/26961-canaille-nausee.md

## Liens

- [Clip du jour : La colère de La Canaille](https://musique.krinein.com/clip-jour-colere-canaille/)
- [La Canaille, le temps est à l'orage](https://musique.krinein.com/canaille-temps-est-orage/)

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*Critique publié par Krinein, magazine culturel francophone. Version HTML : https://musique.krinein.com/canaille-nausee/*
