7/10Yppah - Eighty one

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 17/04/2012
Notre verdict : 7/10 - Yppah yppah hourrah ! (Ecrivez votre critique)

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Une nostalgie née de la rencontre entre une musique planante et psychédélique et des beats ravageurs, c'est ce que nous retiendrons de Eighty one, le nouvel album d'Yppah (prononcez Yippah).

Nostalgie en forme d'electro

Avec Eighty one, l'un des buts assumés de Joe Corrales Jr, alias Yppah, est
En studio
« faire revivre certains sentiments à travers des mélodies », des mélodies issues de « souvenirs tirés de certains moments de [sa] vie. » Dans cette perspective, le premier titre répondant au nom charmant de Blue schwinn fonctionne plutôt bien. Le nom de Schwinn ramène ainsi à ces vieilles bicyclettes d'enfant des années 60 qu'on croisait surtout aux États-Unis; et la chanson en elle-même nous emmène avec le gamin Yppah sur la selle d'une liberté enfantine qu'on aimerait tous retrouver. Les chœurs sont autant de fantômes du passé venus habiter un titre empreint d'une nostalgie certaine. La nostalgie est d'ailleurs une des composantes de Eighty one dont le titre n'est rien d'autre que l'année de naissance de Yppah. Film burn sombre ainsi dans cette douce nostalgie par l'intermédiaire d'un synthé déconnecté du temps (et même de l'espace tant il semble planer à mille lieues au dessus de nous) et de la voix éthérée de Anomie Belle. La chanteuse et productrice originaire de Seattle prête sa voix à 4 titres de Eighty one et sait à merveille jouer de son organe : rappelant parfois celle de Cocorosie (Film burn), Björk (D song) ou encore l'heavenly voices made in Prikosnovénie (Three portraits), cette voix est peut-être simplement le détail qui manquait à la musique de Yppah.

Synthés psychés et beats ravageurs

La musique parlons-en justement. Yppah applique une recette simple et néanmoins
Yppah himself
efficace : de longues nappes de synthé, plus ou moins psychédéliques, s'étirent au long de l'album, faisant la matière de celui-ci : par instants, on pense même à du Moby avec des mélodies évidemment moins parfaites (R. Mullen du nom d'un célèbre skateboarder). Mais loin de céder à une tentation de musique exclusivement planante, Yppah entoure ses synthés de beats provocateurs qui ajoutent un côté bestial à sa belle musique électronique. Golden braid est un bel exemple de cette alchimie qui fonctionne vraiment bien à défaut d'avoir transformé le plomb en or. Car il faut le dire, Eighty one n'est pas le genre d'album qui enthousiasmera les foules : Yppah ne veut ni les faire danser, ni provoquer d'émoi, il se contente de se raconter dans une sorte d'easy listening talentueux. C'est déjà pas si mal.

Au final la musique de Eighty one nous aura charmés sans franchement nous avoir mis sur le cul, même si quelques titres sont dignes d'être remarqués : Paper knife et son influence My bloody valentine, Happy to see you, ses chœurs étonnants et ses envolées à deux doigts du post-rock, Film burn entre electro planante et rythmes ravageurs.

Yppah – Eighty one

01. Blue schwinn
02. D. Song ft Anomie Belle
03. R. Mullen
04. Film burn ft Anomie Belle
05. Never mess with sunday
06. Happy to see you
07. Soon enough ft Anomie Belle
08. Paper knife
09. Golden braid
10. Three portraits ft Anomie Belle
11. Some have said

En écoute, Film burn

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