9/10Yaron Herman - A Time For Everything

/ Critique - écrit par wqw..., le 27/12/2007
Notre verdict : 9/10 - Notes Bien Amenées (Ecrivez votre critique)

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Rigueur et discipline ont mené ce pianiste, entre sensibilité et brio, à évoluer dans un engagement absolu, pour ne pas dire à corps perdu...

Ce n’est qu’à l’adolescence que Yaron Herman se met au piano. En effet, alors Yaron Herman
Yaron Herman
que ce jeune israélien se destinait à une carrière internationale de basketteur, une blessure coupe court à ses ambitions et le voici à seize ans se réorientant vers la musique. Il faut croire qu’une fée avait laissé sur son berceau les clefs de la réussite.

Une méthode d’apprentissage fondée sur la philosophie, les maths et la psychologie (élaborée par Opher Brayer) et, bien entendu, un talent certain lui permettent, à peine trois ans plus tard, de se produire rapidement sur des scènes de renoms. Accepté à la Berklee School de Boston, c’est pourtant la déception qui est au rendez-vous, puisque le jeune homme ne s’inscrit pas dans l’idée de musique comme compétition. En route pour Tel-Aviv, il fait escale à Paris qu’il ne quittera plus.

Un premier album pour Sketch, puis Variations, avec ce troisième opus le pianiste de vingt-six ans apparaît enfin sous la formule du trio. Exercice difficile car archi-fréquenté. Pour l’occasion, il s’entoure du très prometteur Matt Brewer à la basse que l’on a déjà pu croiser aux côtés de Greg Osby et dans le quintet de Gonzalo Rubalcada, et surtout du batteur Gerald Cleaver, solide soutient de Miroslav Vitous, Matthew Shipp et Jacky Terrasson.

Yaron Herman, Gerald Cleaver et Matt Brewer (deghelt productions)
Yaron Herman, Gerald Cleaver
et Matt Brewer (deghelt productions)
L’ensemble joue à moitié sur ses créations, l’autre partie étant constituée de classiques du rock, comme il est désormais de rigueur. Björk, Sting, Leonard Cohen mais aussi Alexandre Scriabine (incartade dans le classique) et Britney Spears réinterprétés de fort belle manière. Un répertoire et une habileté qui n’est pas sans rappeler d’autres adeptes du genre dont ils se rapprochent sans la moindre arrogance : Brad Mehldau, E.S.T, The Bad Plus…

Une fougue de battant presque explosive, le sens de la mélodie, une lumière, savant équilibre du lyrisme et du rythme, on pense évidemment à Keith Jarrett, remarquablement intégré. Et ce sont bien les œuvres originales qui laissent transparaître tout le talent de Yaron Herman, notamment le temps de quelques moments d’intimité précieuse, de gravité parfois.

Rigueur et discipline ont mené ce pianiste, entre sensibilité et brio, à évoluer dans un engagement absolu (pour ne pas dire à corps perdu). Sur scène sa gestuelle est tout à fait personnelle et l’entraîne dans une absorption totale, une fusion avec son instrument, entre sourires, regards absents et grognements. Tout passe alors par l’idée, l’émotion, la perception. Il est sa musique (et inversement), sans demi-mesures. Intelligente, juste… et terriblement addictive !

 

Yaron Herman (par Maxime Ruiz)
Yaron Herman (par Maxime Ruiz)
Yaron Herman - A Time For Everything
01. Army of Me
02. Stompin
03. Layla Layla
04. Interlude
05. Toxic
06. Neshima
07. Paluszki
08. Prelude n°2 in B Flat Major, opus 35
09. Message in a Bottle
10. Mmm
11. Monkey Paradise
12. In The Wee Small Hours of The Morning
13. El Toro
14. Hallelujah

 

discographie
A Time For Everything (La Borie / 2007)
Suite Elégiaque (au sein de Newtopia Project) (Zig Zag / 2006)
Variations (La Borie / 2006)
Takes 2 to know 1 (avec Sylvain Ghio) (Sketch / 2003)

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