Yann Tiersen - Concert au Village

/ Compte-rendu de concert - écrit par juro, le 26/10/2006

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« Dis, chérie, si on allait voir Yann Tiersen ce soir... si tu sais, le type qui joue du violon et qui a composé la BO d'Amélie Poulain qui t'a bouleversée. Oui, ça doit être bien en concert, surtout qu'il revient avec un nouvel album nommé On Tour. Espérons que le violon soit toujours présent et qu'il nous fasse rêver ! »

Exagérons, exagérons mais c'est ainsi qu'une partie du public de Neuilly sur Seine espérait retrouver Yann Tiersen sur scène alors imaginez un peu leur désappointement lors de l'arrivée des guitares électriques, de la batterie et du laboratoire électronique dont l'interprète fait preuve sur ses albums. Surtout que le contexte s'avère particulièrement peu propice aux habituelles frasques de l'artiste... Le concert apparaît éminemment politique dès les premiers instants. En plein bastion UMP, Yann Tiersen déclenche les hostilités visuelles en arborant un T-shirt CCCP avec l'enclume et la faucille en prime. Rien de bien nouveau lorsqu'on connaît les liens étroits du compositeur avec des groupes comme Les Têtes Raides. Seulement, le public, en particulier le fond de la salle, semble avoir plus de mal à le digérer. Et Yann Tiersen ne va pas se priver pour le rappeler par un discours sans concession...

C'est essentiellement de nouveaux titres que le compositeur vient présenter dans une ambiance à dominante électrique. Installant une ambiance en deux accords, le multi instrumentaliste reflète des sentiments violents et tourmentés à travers une cacophonie mélodieuse, bidouillant magnifiquement des pédales pour tirer des sons venus d'ailleurs. Bien entouré de quatre habiles compagnons de voyage, la performance est correcte, gâchée par des lumières trop vaporeuses. La terrasse originellement chantée par Dominique A est interprétée par l'artiste dans un souffle. Le public reste stoïque, insensible au charme dégagée et doit être chauffée par des clappements de main pour s'animer. L'attente pour s'enflammer apparaît gravissime. Visiblement agacé, Yann Tiersen y va d'un : « la révolte ne viendra pas d'ici, vous en subirez peut-être les conséquences par contre ». Les maigres réactions ne changeront rien même lors du rajout d'une couche supplémentaire : « que les choses soient claires, je n'ai rien contre Neuilly, on ne choisit pas le ghetto où l'on naît ». Continuant sa performance dès lors sans interruption, la rencontre Neuilly / Yann Tiersen a visiblement eu du mal à passer.

Des « ah ! » s'élèvent (enfin) lorsque Yann Tiersen répond aux attentes du public en interprétant La valse d'Amélie en se permettant le pied de nez de le déstructurer à la guitare électrique. Certains tirent une tronche de six pieds de long, d'autres sont attentifs sans bouger (une salle assise n'y étant pas propice), les derniers s'ennuient profondément une main sur l'accoudoir supportant la tête. Pourtant, le concert est bon, les guitares saturent, l'accordéon est virtuose mais l'excellence réside dans le violon comme le prouve le rappel.

En rappel, Sur le fil est un festival au violon déchirant répondant à l'adversité de la salle (sauf de la jeunesse accumulée devant la scène). Laissons à l'artiste du soir le dernier mot : « La dernière chanson est une chanson d'amour, elle s'appelle Fuck me », citation laissant la salle froide. Comme quasiment l'ensemble du concert.

P.S : Heureusement, devant, on est quelques uns à s'être bien amusé !

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