Wunjo - Interview

/ Interview - écrit par Loic, le 06/02/2004

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C'est à l'occasion du Rocksound Festival à Clermont-Ferrand que nous avons eu la chance de rencontrer Flavien, le chanteur de Wunjo, 4ème et dernier groupe de la team à sortir un premier vrai album Extralucide, très remarqué.

Krinein : Votre album est sorti au mois de mai. Avez-vous déjà eu des retours concernant le nombre de ventes ?
Flavien : Non, aucun. On sait que ça ce passe très bien, mais on n'a pas les chiffres. D'ailleurs, pour nous, ce n'est pas ce qui compte le plus, mais je crois qu'on les aura bientôt. Entre les fnacs et les réseaux indépendants, ça prend du temps à tout centraliser. Mais pour l'instant, ça ce passe bien.

K: Vous pouvez quand même voir une différence dans le nombre de personnes présent à vos concerts ?
F: Carrément. En fait depuis que l'album est sorti, en mai, même si il y a eu un creux pendant les vacances en juillet août, mais la on a repris en septembre, on voit de plus en plus de monde, et on espère que ça ne va pas s'arrêter.

K: Vous avez un nouveau label (Athome), que vous a-t-il apporté
F: En fait, on a un label ! Avant, on n'en avait pas vraiment !
Déjà, c'était important pour nous de signer, ça nous a montré que des gens croyaient en nous et en notre musique, on est super content d'être chez Athome, c'est un label indé, avec un vrai esprit indé, on voulait vraiment avoir un contrôle sur notre développement, sur notre musique, et donc, chez Athome on a ce contrôle, tout en étant encadré par de vrais professionnels. Sinon, ce qu'ils nous ont apporté, c'est le soutient au niveau de la promo, la distrib... tout ce qu'un label peut apporter en fait.

K: Et le fait qu'Aqme soit déjà chez Athome, ça vous a conforté...
F: Non pas vraiment, mais c'est vrai que c'est marrant, on s'entend grave bien avec eux, et ça fait un peu label de famille.

K: La team nowhere semble divisée en deux, d'un coté vous et Aqme sur un label indé, et Pleymo et Enhancer chez de grosses majors...
F: Ça peut paraître divisé comme ça, et en plus niveau musical, Pleymo et Enhancer se rapprochent pas mal, mais après, tout dépend de l'ambition du groupe. Pleymo et Enhancer ont eu des opportunités, tant mieux pour eux, nous on a eu nos opportunités, en plus on était intéressé de bosser avec des indépendants. En plus, je ne parle pas du style, mais mentalement, on est plus dans un délire Aqme, plus indé, rock'n'roll on va dire.

K: Musicalement, quelles sont vos principales influences ?
F: Dans le groupe c'est assez varié, je suis à fond dans du brutal en ce moment, d'autres écoutent du death, mais on écoute tous un peu de pop, du Pearl Jam, Alice in Chains, Glassjaws, mais on écoute vraiment de tout, on ne veut pas s'enfermer dans un style musicale, ce n'est pas bon de s'enfermer.

K: Vous pouvez nous parler de la piste cachée à la fin de nouveau départ ?
F: C'est parti d'un délire, on avait fini nos prises et en fait on a mis un micro d'ambiance, perché, et on a fait une impro, un peu un délire a la Patton. Et perso, je trouve le son mortel, j'aime bien ce son, bien roots, bien brut, il y a une énergie qui se dégage, et on s'est bien marrer, c'était un petit clin d'oeil.

K: Vous ne trouvez pas que l'influence grandissante des producteurs fait que tous les groupes de metal sonnent a peu près pareil ?
F: Dans le metal ouais, mais on ne se considère pas comme un groupe de metal, plus comme un groupe de rock. Mais après, tout dépend des envies des groupes, c'est vrai qu'en ce moment c'est un peu la guerre au « gros son », mais le « gros son », ce n'est pas ce qui nous préoccupe. T'as pu le voir sur Extralucide, on n'a pas un gros son monstrueux, plus un son rock, avec vraiment de l'émotion, un son comme quand tu va nous voir un concert, il n'y a pas de sur production, on préfère avoir de bons morceaux plutôt que de se cacher derrière des artifices de production.

K: Vous travaillez beaucoup les ambiances, avec des effets, des samples...
F: Oui, on contraste beaucoup notre musique, on aime bien les passages très intenses, énergiques, mais aussi des passages plus calmes, plus planants, et je trouve ça intéressant de faire un mélange des deux. Même sur scène, ça permet d'adoucir, de calmer le jeu pour repartir de plus belle. Ça fait ressortir les passages énergiques. Et même les passages mélodiques sont mis en relief comme ça. Je trouverais ça assez ennuyeux de ne faire que du mélodique, ou que du bourrin.

K: Maintenant que tous les groupes de la team nowhere ont signé, à part vendre des t-shirts, à quoi sert la team nowhere aujourd'hui ?
F: C'est vrai qu'à la base, ça a servit à se faire connaître, se refiler des plans, des concerts, un réseau de fidèle avec la street team. Ca a bien marché pour faire notre promo, on avait un réseau dans toute la France ou on pouvait envoyer nos flyers... Maintenant c'est vrai, on a chacun un label, un tourneur, maintenant on fait des t-shirt, mais on voudrait développer une marque de fringues, on a un projet pour produire des groupes, on a d'ailleurs commencer a faire des maquettes avec un groupe du midi, ce sera intéressant. Oui, dans l'avenir c'est ce qu'on voudrait faire, produire et aider des jeunes groupes.

K: Sur ce festival (le Rocksound Festival à Clermont-Ferrand), il a y eu Aqme hier, vous et Enhancer aujourd'hui. Il ne manque que Pleymo pour que la team soit au complet. Ça ne vous donne pas envie de faire un événement en commun ?
F: Si bien sur, ça fait longtemps que cette idée germe dans notre tête, faire une tournée nowhere. Ça ne s'est pas encore fait parce que la logistique est vachement dure à gérer, et en plus chaque groupe a son actualité individuelle, et arriver à trouver un créneau où tous les groupes sont dispo, ce n'est pas évident. En plus, il y a un décalage dans le calendrier, tu vois on a sortie notre album en mai, notre tournée ne fait que commencer, les Aqme vont bientôt retourner en studio, il y a toujours des décalages, et c'est chaud de trouver, ne serait ce qu'un mois, où tous les groupes sont dispo. Mais ça reste un projet. Ce serait vraiment mortel.

K: Au niveau de vos textes, vous êtes sans doute le groupe le plus engagé de la team nowhere, c'est important pour vous ?
F: En fait, on n'est pas là pour changer les choses, mais j'écrit des textes qui me touchent, des histoires que j'ai dans la tête, des choses qui me choquent, c'est très perso, mais en aucun cas on n'est là pour changer la face du monde. Pour Extralucide, il y avait pas mal de textes engagés, après, pour le prochain disque, je ne peux pas te dire, on verra.

K: Vous parler déjà d'un prochain disque, vous avez déjà des idées, des compos de prêtes ?
F: Oui, on a déjà 10 morceaux, qu'on continue à peaufiner. On voudrait en faire une trentaine, pour pouvoir sélectionner les meilleurs. Enfin, pour l'instant, il n'y a rien de prévu pour l'immédiat pas de date de sortie, on pense juste partir enregistrer au mois d'août prochain, tout dépend des opportunités. Je pense que les gens seront surpris, comme ils l'ont été entre Ventoline et Extralucide, on ne veut pas faire des albums qui se ressemblent. On veut évoluer, faire des choses différentes, surprendre les gens.

K: Comme ce qu'a fait Pleymo avec leur troisième album ?
F: Oui, un peu, sauf que nous on n'a jamais touché au rap metal, on fait du rock, on restera dans le rock, on va sans doute accentuer ce coté là. Peut être un peu plus dur qu'Extralucide.

K: Pour revenir à la dureté qu'il y avait sur Ventoline ?
F: En fait, on se pose pas trop de question sur ça, on calcule pas ça, on fait morceaux qu'on kiffe, et là, on est revenue sur des choses plus intenses, mais on ne se dit pas « il faut qu'on fasse ça pour que ça marche », on fait ce qu'on ressent.

Nous tenons à remercier Flavien pour sa disponibilité.

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