White crocodile et Fragile, deux EPs, deux univers, deux réussites

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 13/06/2014

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Comment faire quand on veut chroniquer deux 5 titres et qu'on n'a pas le temps de développer longtemps chaque galette ? On fait plus court et on fait deux chroniques pour le prix d'une : voici donc Smile(s) de Fragile et Je t'aime l'amour de White Crocodile.

Smile(s) de Fragile

En général les CD que l'on nous envoie sont soit la copie conforme de celui qui sortira dans les bacs, soit une version allégée. Et parfois, troisième cas, le dossier de presse est juste superbe. C'est le cas pour ce Smile(s) de Fragile qui respire la classe par tous ses pores, comme sur cette déclaration enfiévrée :

« fragile est un besoin, le manque nécessaire.

fragile est une réponse, une proposition, une vision de plus…

fragile est un texte sur un bout de papier, un moment passé, un moment présent ».

Quant à l'image ci-dessous, elle se passe de commentaires !


DR.

De quoi avoir envie d'en savoir plus, de découvrir ce que peut nous proposer le groupe. La classe de Smile(s) repose sur deux forts aspects : un piano dépouillé et une voix douce, légèrement tremblante, avant que, sur le titre éponyme, la musique ne se développe et s'ouvre comme une corolle lumineuse. Avec un parallèle immanquable : ce titre rappelle férocement les plus beaux morceaux de Coldplay, ceux qui nous avaient charmés à la sortie de A rush of blood to the head. Les trois premiers titres restent d'ailleurs dans la même veine avec des envolées bien senties. Il faut toutefois noter que Juste un instant ose le chant français qui apporte un phrasé particulier et finalement tellement évident ! Malgré la présence du piano des premiers titres, Je reste prend une autre voie, encore plus calme, encore plus insaisissable mais toujours d'une beauté renversante : c'est notre coup de cœur ! Tuer le temps clôt l'EP en partant dans une toute autre direction plus électrique, plus énervée, plus rock. Un morceau qui sonne un peu comme l'étrange rencontre entre Noir Désir pour la musique et Fauve ≠ pour les paroles scandées.

En moins de 20 minutes, Smile(s) nous convainc pleinement, on en redemande même !

En écoute Smile(s)

Fragile – Smile(s)

01. Smile(s)
02. Either you or me
03. Juste un instant
04. Je reste
05. Tuer le temps
06. Je cours

Je t'aime l'amour de White Crocodile

Une chanteuse anglaise qui alterne la langue de Molière et celle de Shakespeare, un batteur et
DR.
percussionniste suédois, un bassiste américain, un ingé du son qui a travaillé avec Izia, un réalisateur d'album qui a bossé pour Phoenix, un poète et un artiste plasticien qui mêle peinture et collage… Voilà un bien beau bazar organisé autour du projet White Crocodile dont la musique n'est qu'à peine moins bordélique avec un peu de cabaret lancinant habité par une voix aux accents si fous qu'ils en sont effrayants et rappellent Amanda Palmer (Je t'aime l'amour), beaucoup de rock enragé plus classique (Big city), un poil de post-rock (Different roads que l'on aurait bien du mal à décrire tant le morceau, superbe, emprunte justement une palanquée de routes), un rien de post-punk/new-wave qui ressort par moment sur ce Restless rock and folk, folk qu'on retrouve d'ailleurs sur The walker (rien à avoir a priori avec Game of thrones ou The walking dead) qui termine l'album d'une belle façon.

Un EP est souvent un condensé de ce qu'un groupe fait de mieux. On attendra donc la sortie de l'album en novembre pour connaître ce que ce crocodile blanc a dans le ventre. Mais lui aussi nous séduit parfaitement !

Pour écoute : Je t'aime l'amour

White crocodile – Je t'aime l'amour

01. Je t'aime l'amour
02. Big city
03. Different roads
04. Restless
05. The walker

A découvrir

Vous pouvez aussi découvrir d'autres excellents articles sur Krinein, comme celui-ci : White crocodile et Fragile, deux EPs, deux univers, deux réussites