Welcome to Hell ! Un compte rendu du Hellfest 2013 - Premier jour

/ Compte-rendu de concert - écrit par Draly, le 16/07/2013

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Nantes, Vendredi 7h30, réveil prématuré, 3h c’est définitivement pas assez. Je me prépare pour aller prendre le TER qui m’amènera jusqu’à Clisson, et me met en tête de reprendre ma partie de  « Mais qui va donc au Hellfest ?». J'ai à peine posé un pied dans la rue que j’aperçois une cohorte de types fringués de noir arborant tout un tas de symboles ostentatoires. J’arrête de jouer, trop facile…

J’arrive en gare de Clisson, première surprise : aucune indication concernant la localisation du Hellfest. Je me doute que c’est pas bien grave étant donné qu’il suffit de quelques secondes pour remarquer l’armée de vikings se dirigeant d’un seul homme vers l’extérieur de la ville. Mais quand même, ça fait pas très pro tout ça. J’ai ensuite appris qu’il existait des navettes qui, pour la modique somme de 2 euros, véhiculaient les festivaliers de la gare au champ de bataille. Initiative plus qu’appréciable. Enfin, un petit panneau ç’aurait pu être sympa.

Vous trouvez que je délaie ? Oooh, si peu !

Une fois sur place je plante ma tente et  file au Temple voir The Great Old Ones, un groupe français (bordelais qui plus est !) qui pratique un Black Metal atmosphérique lovecraftien. Le groupe propose une musique ésotérique et plutôt mélodique mêlant breaks planants et riffings énervés pour un résultat, malgré l’heure,  assez hypnotique. Petite déception cependant en ce qui concerne le son, les claviers étaient difficilement audibles et si on entendait les guitares il devenait vite ardu de comprendre ce qu’elles faisaient… alors que la batterie était désespérément surmixée (volonté du groupe ?).

Et c’est une tare que l’on retrouvera au Temple (principalement, mais pas seulement) tout au long du fest. Pas étonnant me direz-vous. Assurer un son correct sous un chapiteau alors que deux autres scènes jouent à quelques 50 mètres, on a déjà vu tâche plus simple. Toujours est-il que le problème persiste, et que certains groupes s’en sont mieux tiré que d’autres, comme quoi c’est pas impossible.

Je profite du fait qu’il n’y ait pas de groupes qui m’intéressent vraiment pendant la prochaine demi-heure pour faire un petit tour du site et m’acheter des boules quies (que je bénie mille fois au passage) réutilisables.

De retour au Temple pour  Stille Volk cette fois. Encore un groupe français, pyrénéens pour le coup, qui tape dans le Folk… Mais le Folk Folk, pas Metal Folk. Alors exit les guitares électriques pliant sous la distorsion, et bienvenue aux cornemuses, guimbardes et mandolines. Le groupe nous sert des mélodies festives aux accents médiévaux très agréables. Et il peut en plus se fendre d’avoir une des meilleures qualités sonores du festival !

Je me dirige ensuite vers l’Altar où se préparent les français (et oui encore !) de Misanthrope. Je suis plus mitigé en ce qui les concerne. Une set list sympa avec des morceaux empruntant à toutes les époques du groupe pour une prestation scénique en demi-teinte. Le chanteur manquait cruellement de charisme et la basse était quasiment imperceptible (un comble quand on sait que les lignes de basse improbables sont une des marques de fabrique du groupe). Déçu, je reste tout même jusqu’à la fin.

Dans la foulée on attaque avec Vektor à la Main Stage 2. Les ricains balancent un Thrash  pseudo old-school gavé à la SF avec un certain second degré (on notera le tatouage « Sci-fi or Die » sur l’épaule du chanteur). Alors ça braille, ça tricote, ça blast dans tous les sens… Bref ça joue vite et c’est fichtrement entrainant. Au point que malgré la pluie, la fosse se remplie.

Refusant catégoriquement d’aller me poser devant Hardcore Superstar, je vais me prendre un sandwich et écoute d’une oreille distante Hooded Menace à l’Altar. Et je me suis trouvé un peu con parce que ce que j’ai aperçu m’a semblé franchement pas mal. Un petit côté diSEMBOWELMENT ou Cathedral dans sa lourdeur, auquel il adjoint quelques accélérations bienvenues. En plus j’adore leurs capuches !

Enfin passons, et préparons-nous pour Tyr ! Les Vikings ont une musique qui se prête particulièrement bien au live. Autant je les trouve sympa sans plus (ni moins d’ailleurs) en studio, autant c’est la meilleure perf jusque-là. Et le public semble comblé. Côté set-list, on a tous les classiques qu’on était en droit d’attendre : Hail to the Hammer, Shadow of the Swatiska, Hold the Heathen Hammer High (oui beaucoup de hammer)…  De l’ultra classique et tout aussi efficace. C’était cool.

Maintenant direction Main Stage 1 pour une des principales têtes d’affiches en la personne de Saxon ! Un show sans réelles fausses notes mais qui ne m’a pas pleinement convaincu, on sent qu’ils ont vieillis les messieurs… Alors oui y’a du gros son, c’est passablement entrainant et la setlist est gorgée de classiques remontant jusqu’aux premiers efforts du groupe. Mais je sais pas, ça prend pas… Le concert aura quand même drainé pas mal de monde.

On repart pour le Temple et Aura Noir, et là… Ouh putain ça tabasse ! Nos Norvégiens sont quand même des gros bourrins, et nous proposent un Thrash blackisé (pour la crasse, l’imagerie, et la rage agréablement honnête qui s’en dégage) très, très agressif. Oreilles sensibles s’abstenir ! Le groupe tire de sa grande spontanéité de gros riffs bien gras, primaires et puissants, et on en ressort lessivé. Un groupe à qui la scène sied très bien et que, comme Tyr, j’apprécie bien plus en live. Seule réelle faute de goût, une compo hommage à Jeff Hanneman qui ressemblait plus à un ersatz forcé de sous-Slayer

Une nouvelle tête d’affiche avec Europe, et… ben j’ai pas grand-chose à dire la dessus… Pareil que Saxon,  ça m’a pas plus emballé que ça. Peut-être même moins vu que je suis arrivé un peu en retard (entendez par rapport à la marée de fans) et que je me suis retrouvé tout au fond à facilement 100 mètres de la scène…

Premier gros dilemme du festival qui finalement n’en comportera dans le fond pas tant que ça en ce qui me concerne. Testament ou Absu ? J’ai cinq petites minutes pour me décider. Bon, j’ai déjà vu deux groupes de Thrash aujourd’hui, et seulement un de Black. Et puis Testament est nettement plus connu et donc plus sujet à revenir en France. Je décide donc de repartir au Temple pour aller voir Absu d’autant plus conforté dans mon idée que la Main Stage est noire de monde. Une fois encore on a droit à de grands fins. Déjà ces gentils cultistes font du Black mais en plus sont américains (les US sont pas vraiment réputés pour la douceur de leurs groupes de Black, si on excepte les originaires de Cascadia, quitte parfois à en dénaturer le style). Ils jouent une musique occulte et puissante, épique, parfois pompeuse, et étonnamment complexe. À ça on doit ajouter une ambiance mythologique assez appréciable car rare dans le domaine et on obtient un cocktail doux-amer qui décape.

Je fais une pause pour cette heure-ci, et vais accueillir un pote qui ne pouvait arriver plus tôt. On se prend à nouveau un sandwich au coin restauration que l’on savoure avec, en fond, les Twisted Sister qui avaient échangé  leur place avec Whitesnake.

Direction le Temple (encore et toujours) pour acclamer… une scène vide ?! Ouais, Primordial a eu quelques problèmes avec Air Lingus et aura un bon quart d’heure de retard. Sur un show d’une heure ça fait beaucoup… Mais bon, passons sur leurs déboires et sur les balances faites à l’arrache car  Primordial est grand ! Quatre titres puissants, épiques et très biens construits s’enchainent avec une aisance déconcertante et happent littéralement l’auditeur. La chanteur n’hésite pas à communiquer avec un public totalement acquis à sa cause et contribue à dynamiser une prestation plutôt mal partie. Mon principal coup de cœur jusque-là, et à mon sens un des groupes les plus injustement méconnus de ces dix dernières années.

Je m’en vais maintenant du côté de Ceremonial Oath, un groupe qui m’est inconnu mais qui, paraît-il, est culte. Apparemment ils feraient partie des premiers groupes de Death Mélo aux côtés de At the Gates ou Dark Tranquility, et auraient disparu juste après leur second album… Pour refaire surface l’année dernière avec quelques lives. Pour ce qui est du concert, les mecs ont l’air de s’amuser, et ça c’est un bon point. En revanche, les compos ne m’impactent pas plus que ça. Je les trouve vraiment datées. A l’époque c’était peut-être génial et novateur (autant que peut l’être le Death Mélo), mais aujourd’hui… Elles n’ont pas ce petit plus qui fait que l’on se souvient des deux groupes précités malgré leur âge. Petite déception, même si j’en attendais pas trop, pour ce qui semble vraiment être un groupe de niche (attention pour le coup ce n’est pas un reproche, simplement un constat, le groupe s’adressant donc aux fans du genre).

Go Helloween, sur le Mainstage 2 (rien que pour le principe ils auraient pu les mettre sur la 1…) ! Et comme papys je les ai trouvé bien plus convaincants que les Saxon et autres Europe. Grâce à une meilleure interactivité avec le public certainement. Mais aussi à cette bonne humeur et cet humour potache qui fait inexplicablement mouche à chaque fois. Petite déception tout de même du côté setlist, notamment en ce qui concerne le dernier album. On a eu Straight out of Hell (pas mal), Waiting for the Thunder (allez, pourquoi pas ?) et Live Now (ah, ça c’est bien!) , mais ni Nabatea ni Burning Sun. Allez savoir… Sinon on a eu droit aux grands classiques qu’on retrouve à chaque fois. Mais pourquoi mettre de la double sur Eagles Fly Free ??? Un bon concert somme toute.

At the Gates à l’Altar, la soirée s’intensifie ! Et là on a eu un super show ! Une prestation très énergique, des morceaux puissants, précis et mélodiques, ainsi qu’un public très réceptif. On a eu d’à peu près tout avec bien sur un Slaughter of the Soul surreprésenté. Le groupe se permet lui-aussi de rendre un bel hommage à Hanneman, avec une très bonne reprise de Captor of Sin, et qui pour une fois ne paraît ni forcée, ni déplacée (ni même ridicule diront certains).

Va pour God Seed maintenant.  Les choses sérieuses commencent du côté Black Metal, on a en face de nous des vrais méchants avec le corpse-paint, les bracelets à clous et tout le tintouin. Le groupe est « Trve » et leur musique aussi. Des compos hermétiques, denses et rageuses qui vous transportent dans un imaginaire nordique quelque peu dénaturé par un fort antichristianisme. Le groupe paraît relativement honnête et à fleur de peau, malgré un certain classicisme, laissant transparaître tantôt colère, tantôt mélancolie. Mention spéciale au vocaliste particulièrement charismatique et imposant dans son immobilité.

On termine cette journée par le concert d’Avantasia en Mainstage 2 qui commencera en retard parce que Def Leppard a décidé de déborder (et qui finira encore plus en retard parce que Tobias s’est dit que si Def pouvait, pourquoi pas eux ?). Un bon concert pour terminer, avec un jeu de scène très fouillé et de nombreux guests (dont Michael fuckin Kiske !). Après, la setlist m’a pas des masses emballé n’étant pas un grand fan du groupe (et encore moins de leurs derniers albums). Ils ont tout de même eu le bon goût de ne pas terminer sur Lost in Space.

Voilà pour le premier jour. Vingt-quatre premières heures ma foi assez intenses et que je ne regrette absolument pas. Je fais un petit détour par le Metal Corner voir ce qu’il s’y passe puis vais me coucher attendant le lendemain avec hâte. Il est 7h…

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