6/10Watine - Dermaphrodite

/ Critique - écrit par Danorah, le 17/03/2006
Notre verdict : 6/10 - Ouatine (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 2 minute(s) - 2 réactions

Présentée comme la digne héritière de Kate Bush ou Suzanne Vega (rien que ça !), Watine nous arrive avec son album Dermaphrodite, album que Krinein s'est fait un plaisir de découvrir et disséquer, afin d'en démêler le vrai et le faux, l'authentique et le simulé, les points forts mais aussi les faiblesses. En tout cas, c'est indéniable, la dame ne manque pas de classe.

N'attendez pas de la musique de Catherine Watine la moindre explosion d'énergie, le moindre excès de rage ou même d'émotion : tout y est ténu, tamisé, filtré, du chant très peu appuyé, presque en retrait, aux instrumentations sobres et intimistes. De fait, « intimisme » semble avoir été le maître mot dans la conception de cet album, fil rouge qui relie toutes les chansons dans un cocon protecteur... parfois presque trop. Dermaphrodite manque d'un peu de piquant, d'un petit grain de folie qui aurait donné du relief à des compositions au bon goût certain, mais tellement lisses... Une voix toujours plus ou moins murmurée, fragile, aux montées dans les aigus plus qu'incertaines, ne fait qu'accentuer cette impression de devoir marcher sur des oeufs tout au long de l'album.

Du reste, Dermaphrodite tire son épingle du jeu grâce à des arrangements élégants, un son très propre, mariant à merveille petits éléments électroniques pleins de douceur, piano en sourdine et guitares acoustiques, conviant parfois même un peu d'électricité dans ce monde feutré et cotonneux. On retiendra en particulier Need I Go On ou Milkshake, particulièrement bien pensés et exécutés. Watine semble flotter entre maturité (Not A Pretence) et enfance (Sing C'est La Vie, aux faux airs de comptine) : la personnalité est là et bien là, imprègne la musique et l'anime. Encore faut-il s'attacher à cette personnalité, et ce n'est pas tâche facile. Ceux qui ne sont pas rebutés par des titres à la monotonie visiblement assumée, par une voix monocorde presque éteinte et par une diction anglaise étrange et quelque peu dérangeante, devraient trouver avec Dermaphrodite leur compte de douceur, de complexité et d'élégance un peu surannée. Pour les autres, en revanche, il sera difficile de se laisser séduire par l'univers particulier de Catherine Watine.

Entièrement en anglais, Dermaphrodite semble revendiquer une unicité et une originalité qui, du reste, sont loin de lui faire défaut. Pourtant, on peine à se laisser captiver, la faute aux quelques défauts évoqués plus haut, et ce malgré des arrangements hors normes sur lesquels nombre d'artistes feraient bien de prendre exemple. Un bilan mitigé, en somme, et qui laisse dans la bouche un goût amer d'inachevé.


Watine - Dermaphrodite
01. Follow My Vision
02. Sing C'est La vie
03. Afraid
04. Like Those Films
05. Not A Pretence
06. Milkshake
07. Charabia
08. Need I Go On
09. Anymore
10. I Adore

A découvrir
Korn -
Korn -
Eminem - The Eminem Show
Eminem - The Eminem Show
Stereotypical Working Class - Illusions
Stereotypical Working Class - Illusions