Gaijin. Celui qui se tient, raide comme un piquet, sur la droite d’un escalator. Qui reste planté devant une carte du métro pendant des heures. Qui achète de la lessive en pensant prendre un paquet de gâteau. Qui salope les rues de Roppongi en rendant ses derniers litres de bière. Qui change de restaurant jusqu’à trouver un menu avec des images. Qui tente de mener une vie tranquille, installé et intégré depuis 10 ans dans le même quartier. Un mot, une boutade, une caresse, un compliment, une insulte, une définition qui en englobe mille.
Le paysage musical japonais, et particulièrement tokyoïte, ne se limite pas aux Koda Kumi aguicheuses, aux groupes de hardcore hystériques et aux expérimentations merzbow-iennes. Car des étrangers débarquent souvent dans la mégalopole avec un tout autre objectif que de s’enfiler du sushi au kilomètre. Une guitare à la main, un sampler dans l’autre. Il est facile de jouer en live à Tokyo. De trouver une salle, de se confronter au public, de se bruler la rétine face à un projecteur. Des concerts dans toutes les rues, des brochettes de groupes prêts à en découdre 7 jours sur 7. On est loin de la nécrose effarante s’emparant des villes françaises. Les gaijins, après s’être délicieusement perdus dans Tokyo, se cherchent, se croisent, et tissent des liens avec leurs congénères.
Les Watanabes se sont trouvés il y quelques années, brassage de nationalités, entre Anglais, Neo-zélandais, Suédois et Belge. Apres un premier album sympathique mais encore bancal, Ils ont bourlingué de petites salles en petites salles, de zones crades de Shinjuku aux lumières frénétiques de Shibuya, entre deux formations japonaises. Ca trime dur pour finir par se faire repérer par la BBC, et être sélectionné, par deux fois, par l’une des deux principales parutions anglophones du pays, Japanzine, histoire de préfigurer dans leurs compilations Gaijin Sounds. Logique, les Watanabes font du rock de Gaijin.
I want to go inside the molecule girl of a rainbow girl
2 ans pour rouler leur bosse et affiner la production, c’est ce qu’il a surement fallu à 
photo : Aaron Jenkinla formation pour sortir un nouvel EP, enrichi de la présence d’un clavier et d’une guitare électrique beaucoup plus présente. Mais les membres sont toujours perdus dans ce brouillard inhérent à la vie tokyoïte, entre découvertes, incompréhensions, émerveillement, mélancolie. Et toujours cette présence de l’absente, de l’amour annihilé mais impossible à oublier, semblant parasiter gestes et pensées du quotidien. La dame fantôme qui se trouvait être le fil rouge du premier album, et qui semble toujours tirer le groupe dans une même direction.
Hot Water Hills est d’ailleurs la chanson la plus réussie de cet EP (le magazine suscité ne s’y est pas trompé) : parfait petit morceau pop, entre lignes de guitares limpides, chant posé et nappes de synthés ambiant. Mais c’est surtout dans la science de la mélodie et des refrains que les Watanabes se démarquent. Pondre un truc qui va se chanter sous la douche, se siffler au boulot, se fredonner en attendant de croiser la belle demoiselle saillant le rayon légumes tous les jours, à la même heure. Le meilleur des ingrédients restant ces notes de gratte cristallines, lâchées tout au long du morceau, et portant complètement ce dernier. On pense à des groupes comme Travis, construisant une mélodie imparable avec pas grand chose, sans grandiloquence ni pleurnicherie.
L’autre côté de cet EP est à l'image du plus frontal et amusant Love Princess, qui traine sur le web depuis déjà quelques temps (mais heureusement entièrement refaite pour l'occasion). Plus fédérateur aussi, il s’adresse à deux publics : les gaijins eux même, en jouant avec le registre des étrangers perdus dans la campagne japonaise, permettant à tous ceux ayant posé un pied là-bas de s’identifier facilement aux situations décrites ; de l'autre, faire marrer les japonais, évidemment, en exposant ces gaffes presque inévitables. "When I arrived in my town they said : There’s a super down the road ansd it’s not too far. / It took 2 hours by train, another hour by car" "And now i can read a menu / well at least the first page / And now i understand that people don’t mean to be dicks when they say with a patronising smile that i’m good with chopsticks / I have grown to love the love princess / I just wish i had more success / with the opposite sex / Or if i was gay, with the same sex." Le groupe s’essaye même au chant japonais sur Ikebana With Kana, avec le même succès sur la clarté du tout, très pop anglaise, couplée avec le découpage particulier du parler nippon.

Photo : Marcus LovittLe seul grief que l’on pourrait trouver à ces compositions (si l‘on adhère évidemment au style), c’est de rester sur terre. Les mélopées sont là, sont belles, sont incontestables, mais n’ont parfois pas la place de s’éteindre, de nous enjôler, de nous transporter. Elles nous effleurent, puis se retirent. Le parfait exemple pour illustrer cela, c’est justement dans le meilleur titre du groupe qu’on le trouve. On aurait aimé entendre, dans ce Hot Water Hills, la guitare partir seule, la litanie se dérouler. Aguicher la colonne vertébrale, tenter l’ascension, flirter avec les nuages. La mélodie est là, le boulot était fait, il suffisait juste de l’étendre, de la déployer, de lui octroyer quelques minutes de plus. On aurait aimé entendre un violon perler, des chœurs habiller le tout. Espérons qu’après leur petite tournée en Angleterre, ils s'autoriserons à expérimenter dans la voie de la belle mélodie virale.
En attendant, le groupe va surement poursuivre son développement (le fossé est déjà énorme entre le premier album et ce nouvel EP), égratigner les salles tokyoites, entre deux restaurant de ramens, regardant du coin de l’œil des mini-jupes virevoltantes en pensant à un amour perdu. S’étouffer dans des métros bondés, s’enrichir au grès des rencontres... et surtout, continuer de se perdre dans cette ville gargantuesque. Tout cela semble etre la formule magique pour accoucher d'une pop anglo-japonaise aux chansons s'agrippant au cortex toute une journée.
The Watanabes - There Are Ghosts Around Here
1. Hot Water Hills
2. Love Princess
3. Katsudon
4. Ikebana With Kana
Dat' []

Welcome to Hotel William Child Bird T.2
Sanctum T.2
Mélusine - Tome 20 - Envoûtement
Récapitulatif du 21/05 au 27/05 - La semaine Krinein
Seven Shakespeare T.1
L'habitant de l'infini T.27
The Walking Dead - Le guide de A à Z
Qui a gagné l'Eurovision ?
Clip du jour : Rocky ground de Bruce Springsteen
La critique du film De rouille et d'os
The Dark Knight Rises : les affiches des personnages
La critique de Margin Call
La critique de Moonrise Kingdom
Abraham Lincoln : chasseur de vampire ! Vraiment ?
Underworld 4 : arrêtez, par pitié !
La critique de Dark Shadows, le nouveau Tim Burton
Dossier Spécial : Ces acteurs qui jouent ou qui surjouent
The Amazing Spider-Man : la nouvelle bande-annonce !
Expendables 2 : la bande-annonce est là !
La kitscherie du vendredi #4 : Tarzan boy
Reprise de poids #65 : le top NME
Clip du jour : L'enfant sauvage de Gojira
Séverin - Séverin
Clip du jour : Move in the right direction de Gossip
Liars - WIXIW
Clip du jour : Jersey des Naive New Beaters
Black Bomb A - Enemies of the state
Kaboul Kitchen S1 - Le patron... C'est Jacky !
Catch - WWE - Over the Limit - 2012
Koh-Lanta 2012 : les stratégies pour gagner
Mafiosa, le clan saisons 1, 2 et 3
Africa - A rede invisivel : un documentaire sur les héroïnes invisibles d'Afrique
La première vidéo d'Elementary, Sherlock version US
Récapitulatif du 14/05 au 20/05 - La semaine Krinein
Catch - Impact Wrestling - Sacrifice - 2012
Koh-Lanta 2012 : la revanche des héros : qui a été éliminé ?
La critique de la série The Walking Dead, Saison 2
Buffy contre les vampires - Saison 3 - Tome 7 - Mauvais sang (I)
Sherman - Tome 6 - Le pardon. Jeannie
7 Dragons
Brit - Tome 2 - Déserteur
Festival d'Aubenas 2012
La Nouvelle Bande des Pieds Nickelés - Tome 3 - Expulsés volontaires
SHELLEY, de Casanave et Vandermeulen - Dédicace à PARIS
Les Légendaires Origines - Danaël
Le Berceau des Esprits - T.3
Kuroko's Basket T.3
Waltz T.2
Re:BIRTH The Lunatic Taker T.3
Puella Magi Madoka Magica T.1
Reborn T.30
Mario Tennis Open - Test 3DS
The Secret World : Alan Wake dans Left 4 Dead ?
Tom Clancy's Ghost Recon : Future Soldier - Test Xbox 360
The Walking Dead - Episode 1 : A new Day - Test XBLA
Diablo III - Test PC
Best of Collector #26 : Borderlands 2
Mise à jour de Mario Kart 7 : la fin des glitchs-raccourcis Pic Wuhu et cie !
Minecraft Xbox 360 Edition - Test XBLA
Diablo III - Blizzard est dépassé
J'irai glander chez vous avec ... GTA San Andreas !
Sur la route, le livre
Chansons du monde : du Brésil au Viêtnam
Les Maximonstres en deuil : Maurice Sendak nous a quittés.
Le mille-pattes
Tonio
The Casual Vacancy, le nouveau JK Rowling après Harry Potter
7 ans après (mais un an plus tard) : le nouveau Guillaume Musso
Au revoir cauchemar
Lunaparc en pyjamarama
Le salon du livre 2012
Femmes nues dans Paris ?
Exposition Beauté Animale au Grand Palais
Exposition Tim Burton à la Cinémathèque
Didier pousse la Porte du Dejazet à Paris, et fait rire les masses !
Frantz Treichler joue dada - Zone Libre joue Nosferatu
Visiter le château de Cheverny : quand Tintin rencontre le 17e siècle
Le Puy du Fou reçoit le Thea Classic Awards
Berenice Abbott au Jeu de Paume
Les visiteurs du soir
Expo Gerhard Richter à la Tate Modern
Le trône de fer JCE
La critique du Signe des Anciens
Takenoko
Rök
Dungeon Lords
Une première extension pour les Demeures de l'Epouvante : vous reprendrez bien un peu d'Horreur...?
Trajan est de sortie chez Gigamic
Deux extensions Print On Demand Pour Space Hulk Death Angel
Uluru, comme un goût d'Australie
Ice 3 en magasin le 13 Avril






