8.5/10Villazon (Rolando) & Placido Domingo - Gitano

/ Critique - écrit par juro, le 05/02/2007
Notre verdict : 8.5/10 - Zarzuela fantastica (Ecrivez votre critique)

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Rolando Villazon est le ténor du moment mis sous les feux des projecteurs. De sa voix puissante, il impressionne même dans les conversations. Sa chaleur humaine latine transparaît à chacun de ses interviews et sa bonhomie est forcément communicative. Le mexicain polyglotte s'esclaffe à grands rires de tout, aucunement pour cacher une gêne quelconque mais pour interpréter à merveille un équivalent de l'opéra. Sous la direction du maître Placido Domingo, Gitano, classique de la zarzuela, prend vie sur des mélodies riches qui emmène dans un véritable voyage au plus près des terres espagnoles.

Avec l'orchestre de la communauté de Madrid, Placido Domingo se dote de musiciens du crû de la zarzuela. Ce mouvement musical initié en 1850 par des compositeurs espagnols est le mouvement typique et jusqu'à peu non exporté. La question prédominante demeure : pourquoi ? Les mélodies sont surprenantes avec une large place accordée au violon qui donne la réplique à Rolando Villazon (Pajarin, tu que vuelas). Reprenant à la manière d'un pot pourri les plus grands airs de différents compositeurs, l'interprète livre une véritable performance en castillan. La facilité du ténor ne s'illustre pas par une puissance démesurée (comme Pavarotti) mais par une clarté de voix admirable et cette fameuse chaleur vibrante si bien retranscrite dans des airs légers, traînante sur des notes au beau milieu des flûtes (Bella enamorada). Les airs épiques ne sont pas oubliés, l'émotion est semblable (La roca fria del Calvario). Les thèmes sont variés, populaires, explorant l'amour dans la grande tradition des opéras latins (No puede ser, Por el humo se sabe donde esta el fuego).


Le charme de la langue et une chose mais la précision d'un orchestre réglé à la perfection sous la main de leur chef Domingo l'est tout autant. Déclaration d'amour sensuelle (Raquel), ode à une guitare qui devra se faire le messager d'une sérénade (Suena guitarico). Le plaisir est encore plus intense sur l'enflammé et vibrant Te quiero, morena et le doux Madrileña bonita qui refilent pas mal de frissons. Mais comme le laisse supposer le titre de l'album, le meilleur reste pour la fin avec Un gitano sin su honor. Le titre le plus long de l'album est remarquable en tout point, l'artiste étant obligé d'imposer son registre dans une demi-teinte encore plus impressionnante, le tout dans un contexte larmoyant. Unique.

Un court DVD de la session d'enregistrement complète le CD en bluffant encore plus par la maîtrise de Villazon. Le ténor est à l'aise sur tous les titres, nous transportant véritablement dans un monde rempli d'émotions par sa présence formidablement chaleureuse et seule la récurrence du thème peut laisse supposer une certaine moue. Car sinon, amis de l'opéra et de la découverte de nouveaux horizons (même en tant qu'amateur), vous serez comblés par la zarzuela.


Rolando Villazon & Placido Domingo - Gitano
01. No puede ser
02. Por el humo se sabe donde esta el fuego
03. Cancion guajira
04. Pajarin, tu que vuelas
05. De este apacibe rincon de Madrid
06. Bella enamorada
07. La roca fria del Calvario
08. Mi aldea
09. Raquel
10. Suena guitarico mio
11. Te quiero, morena
12. Madrileña bonita
13. Ya mis horas felices
14. Amor, vida de mi vida
15. Un gitano sin su honor

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