8.5/10Vieilles Charrues - Edition 2006 : 21 juillet

/ Critique - écrit par Loic, le 22/07/2006
Notre verdict : 8.5/10 - Première vraie journée de festival (Ecrivez votre critique)

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Après la journée quelque peu à part de la veille, le festival des Vieilles Charrues reprend une apparence plus classique. Les Harley-Davidson ont été remplacées par des super 5 sur le parking, et la moyenne d'âge du public a du chuter de 20 ans. Le retour à la normale vient aussi dans la programmation, avec des groupes habitués aux festivals.

En ce qui nous concerne, le festival commencera par Rhesus, jeune groupe grenoblois que j'avais découvert lors d'un petit showcase Fnac, et qui est le premier groupe à jouer sur cette grande scène après Johnny, ça en fait du chemin parcouru en deux ans. Le groupe distille un rock personnel, intimiste, ce qui n'empêche pas le chanteur de se défouler sur scène. Nous ne pourrons pas rester bien longtemps, les conférences de presse commençant juste après le début du concert, et c'est avec regret que nous nous éloignerons de la scène.
Les concert reprendront pour nous avec Raphaël, que nous avions déjà vu aux Solidays. Le show est toujours aussi bon, mais nous décidons de nous éloigner assez rapidement vers la petite scène voir Hocus Pocus. Le discours intelligent de son chanteur lors de la conférence de presse, ainsi que la description flatteuse du groupe sur le programme nous a convaincu de laisser en plan la tête d'affiche pour assister à leur concert, ce que nous n'avons pas regretté. Hocus Pocus est un groupe de Hip Hop assez inhabituel. Il est formé bien entendu d'un MC et d'un DJ aux platines, mais aussi de vrais musiciens, batteur, bassiste et pianiste. Le résultat donne un Hip Hop aux accents jazzy, proche de ce que peut faire the Herbalizer, voir même parfois Java. Au niveau de la présence scénique, le show est mené tambours battants par leur leader, loin du calme qu'il arborait en conférence de presse, allant même jusqu'à appeler à la désertion du concert de Raphaël pour agrandir leur public.

Nous quittons le set d'Hocus Pocus un peu avant la fin, pour assister au concert de dEUS. Ils nous avaient emballés lors de leur concert au Cabaret sauvage, ou plus récemment, sous le chapiteau des Solidays. Sur cette scène plus grande, le contact avec le public est plus difficile, mais sur scène, le groupe se donne toujours autant à fond, d'autant plus que ce show est leur dernier concert en France, le dernier avant leur prochain disque, qui devrait arriver dans les bacs d'ici deux ans. Leurs morceaux font toujours mouche, et même si leurs nouveaux titres sont magnifiques en live, les deux points d'orgue étaient des chansons plus anciennes, les mega tubes Instant Street et Suds and Soda. C'est avec un certain pincement au coeur que nous les voyons quitter la scène, sachant qu'ils ne reviendront plus en France avant deux ans.

Mais pour nous consoler, il suffit de penser que c'est au tour de Placebo de monter sur scène, LA tête d'affiche de la journée. Le groupe n'est plus aussi sulfureux ni provocateur qu'à ses débuts, le show est plus carré, plus professionnel, moins spontané, mais avec des tubes comme Every You Every Me, Special K, Black Eyed, Special Needs, The Bitter End et tant d'autres, il leur suffit de jouer pour gagner le coeur du public. Le groupe ne délaisse pas son dernier album, en jouant les singles Infra-Red et Song To Say Goodbye, qui fonctionnent étrangement bien en live. Pour faire simple, un concert pro, carré, rempli de tubes (mais malheureusement sans Pure Morning), des petits messages en Français pour faire bonne figure, deux rappels et puis au revoir. Placebo est devenu une véritable machine, et ce n'est pas dans le cadre d'un grand festival que l'on assistera au meilleur concert de leur carrière, mais ce n'était de toute façon pas ce que le public attendait.

Après Placebo, autre moment fort. Malgré l'heure tardive (plus de minuit), un public conséquent attend devant la deuxième grande scène l'enfant du pays, Yann Tiersen, propulsé sur le devant de la scène grâce à la BO du Fabuleux Destin d'Amélie Poulain. Et comme celui ci nous l'avait annoncé en conférence de presse, ceux qui attendaient du Amélie Poulain live risquent d'être décus. Car monsieur Tiersen est depuis revenu à ses racines, à sa passion d'ado, le rock, allant même jusqu'à jouer le thème d'Amélie Poulain boosté à la guitare éléctrique. Mais le rock de Tiersen n'est pas un rock facile, il est tout en finesse, torturé parfois, utilisant des instruments assez étranger au monde parfois trop formaté du rock, comme le violon bien entendu, mais aussi une perceuse (sur le magnifique titre la Perceuse), une guitare frottée par un archet, un xylophone, un accordéon... Sa musique, majoritairement instrumentale n'a pas besoin de parole pour faire passer des émotions. Et pour faire passer un message plus clair, Yann communique avec son public entre les morceaux, dédiant un morceau à Ingrid Betancourt, comme lui avait proposé un militant lors de la conférence de presse, ou en nous invitant à réagir pour « virer ces vieux cons qui nous gouvernent ». Un esprit engagé qui correspond parfaitement avec ce virage rock.

Après en avoir eu plein les yeux et plein les oreilles, c'est sur le chemin vers le camping et dans la tente que nous écouterons le set des !!!, qui nous tiendront éveillés jusqu'à près de 3H du matin. Je ne peux donc pas juger de la qualité de ce groupe autrement qu'en vous disant que les !!! font du rock, bruyant, vous empêchant de dormir. Je crois que je commence à comprendre ce que ressentent mes voisins de palier !

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