7.5/10Vieilles Charrues - Edition 2005 : 22 juillet

/ Critique - écrit par Loic, le 10/08/2005
Notre verdict : 7.5/10 - Premier jour (Ecrivez votre critique)

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Le temps d'un week-end, Carhaix et ses champs deviennent la capitale française de la musique, grâce a son festival les Vieilles Charrues. En 14 éditions, cette petite ville de Bretagne a réussis l'impossible, transformer le petit festival associatif des premières éditions en festival gigantesque, le plus grand de France, se permettant d'accueillir des stars internationales, comme Deep Purple ou Iggy Pop et les Stooges pour cette édition.

La recette de ce succès? L'éclectisme. Quel autre festival peux se targuer d'accueillir des artistes aussi divers que Ibrahim Ferrer du Buena Vista Social Club, Jane Birkin, Deep Purple et Ghinzu lors d'une même soirée?
Et cela se répercute forcement sur le public du festival. Il est impossible de dresser un portrait robot du festivalier type venant aux vieilles charrues. Quinquagénaire barbu, chevelu, poilu ayant toujours une bière à la main, présent exclusivement pour Deep Purple, teenagers imbibés venu principalement pour faire la fête entre potes, monsieur tout le monde, avec femme et enfants, le festival ratisse large, et tout ce petit monde cohabite dans la joie et la bonne humeur.

Me voila donc arrive a Carhaix ce 22 juillet 2005. La route depuis la région parisienne étant assez longue, et le temps de planter la tente et de retirer le pass nous ferons rater entre autre les concerts de Sheer K, Ba Cissoko, et surtout Jeanne Cherhal. Et voila le principale problème de ces grands festivals: Entre les conférences de presse et les concerts qui se chevauchent, il est impossible de voir tous les concerts, et les dilemmes sont souvent très difficiles: Conférence de presse de New Order ou concert de Deep Purple ? Concert de Ghinzu ou de New Order ?

Premier concert du festival, Ibrahim Ferrer du Buena vista social club, jouant sur la grande scène du festival. Bon, on va le dire de suite, la musique latine n'est pas vraiment mon dada, mais le cubain arrive a attirer un public conséquent devant la grande scène (les mauvaises langues diront que c'était le seul concert a ce moment la). Cependant, on aurait préféré voir Ibrahim jouer dans une petite salle obscure et enfumée de la Havane, plutôt que dans un champs Breton en plein jour.

"Putain, elle va nous endormir cette conne". C'est par ces mots peu respectueux que mon chevelu de voisin accueil Jane Birkin, icône de la variété "franglaise". Mais même si sa musique n'est pas des plus énergiques, Jane est loin d'endormir le public amassé en nombre. Alternant chansons de la période Gainsbourg, avec des chansons plus récentes, Jane, accompagnée par des musiciens orientaux, délivre un beau message de tolérance. L'émotion est à son comble quand elle reprend la Javanaise à capela, et qu'elle dédie cette chanson a Ingrid Betancourt.

Peu après la fin du concert de Jane, c'est au tour des dinosaures du hard rock d'investir la scène Glenmor, pour réveiller les chevelus assoupis par le set de Jane.
Et de chevelus, il y en avait, mais ne constituaient pas la majorité du public. Il était étonnant de voir se côtoyer ces fans de la première heure, avec des "kids" plus habitues aux concerts de neo metal, et ne connaissant de Deep Purple que Smoke on the Water.
Même s'ils jouent assez tôt (il fait encore jour lors du debut du concert) les Australiens sont LA tête d'affiche de ce premier jour, et la foule se presse en masse devant la scène pour admirer le phénomène. On ne va pas se leurrer, la musique de Deep Purple a quand même assez vieillie, mais tout le monde s'en fout, on n'as pas tout les jours l'occasion de voir les inventeurs (ou peu s'en faut) du hard rock sur scène. Et sur scène, les papis s'amusent comme des petits fou, sans doute plus qu'il y a 30 ans. Et oui, ici, pas de pression, pas de disque a défendre, ils jouent pour le plaisir de jouer, et cela se voit.

Après Deep Purple, direction vers la scène Xavier Gall, petite parcelle de Belgique au milieu de la bretagne. En effet, ce soir la, suite a un partenariat entre les Vieilles Charrues et le festival des Botanique, cette scène est réservée a des groupes belges.
Apres les Hollywood Porn Stars, c'est au tour d'An Pierle d'investir la scène.
La jolie belge n'aura aucun mal à séduire le public breton.
Assise sur un gros ballon devant son piano pendant les chansons calme, invitant des couples a monter sur scène pour danser un slow, la belle ne restera pas longtemps assise lorsque le tempo s'accélère, et finira même debout sur son instrument pour marteler ses touches a grands coups de pied.

Et après le concert d'An Pierle, c'est le drame: Ghinzu et New Order, deux groupes que je n'ai jamais vu en concert sont programmés en même temps. Que choisir, le groupe mythique, bâti sur les cendre des encore plus mythique Joy Division, mais que je ne connais (presque) que par Blue Monday, ou Ghinzu, LA révélation de l'année dernière, dont le dernier disque Blow tourne en boucle sur ma platine depuis des mois, et chouchous de krinein (critique de Blow, interview du groupe).
Le choix sera dur, et les belges gagneront mes faveurs.
D'après les échos que j'ai du concert de New Order, celui ci s'avéra très bon, mais je ne regrette absolument pas mon choix.
Arrivant sur scène sur la marche impériale, tirée de la BO de Star Wars, les Ghinzu n'ont plus besoin de perruque pour assurer sur scène. Des les premières notes de Blow (a l'intro tronquée), le public rentre dans l'ambiance. Comme An Pierle, John Stargasm commence le concert assis devant son synthé, mais ne restera pas longtemps immobile, et nous fera une démonstration de danse, avec un déhanchement proche de celui d'Elvis, dont il reprendra la chanson Blue Suede Shoes.
Avec John, Greg est la deuxième attraction majeur de Ghinzu. Sautant partout, se roulant par terre, c'est une vraie pile électrique. A noter pour l'anecdote que les membres du groupe échangent leurs instrument lors d'une chansons, Greg prenant la batterie, John la guitare et Fabrice le sampler.
Comme d'habitude, John finira le concert debout sur son synthé.
A noter, dans le public, un poupée gonflable tenue en haut d'une canne a pêche aura la meilleure vue de toute l'audience !

Apres Ghinzu, c'est au tour de Luke de jouer. Les ayant déjà vus deux fois, l'heure se faisant tardive et la pluie commençant à tomber, on ne restera que quelques chansons pour retourner au camping et se préparer pour le lendemain.

Nous tenons à remercier les organisateurs du festival, qui nous ont permis de couvrir cet événement et qui mettent à notre disposition ces photos.

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