4/10Verone - La fiancée du crocodile

/ Critique - écrit par athanagor, le 03/06/2010
Notre verdict : 4/10 - A se mordre la queue (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 3 réactions

Après Retour au Zoo, Verone tente une approche différente et mûrement digérée (5 ans tout de même). Mais la digestion, ça marche pas toujours comme on veut.

C'est un style très particulier que celui développé par Verone sur cet album, de ceux qu'on aime ou qu'on n'aime pas. Vu les intervenants extérieurs qui viennent prêter main forte au duo d'origine (par exemple, Jeanne Balibar sur Transparent), il faut croire que beaucoup aiment. Et en fait on serait assez curieux de connaître leurs raisons, parce que par ici ça passe plutôt mal. Ceci dit, un léger retour en arrière et une écoute rapide de leur premier album, donne déjà de forts éléments de réponses. Il y a 5 ans, avec Retour au Zoo, Verone développait une mixture onirique entre rock et électro, sur des textes intéressants, chantés.

5 ans plus tard, que sont ces intentions devenues ? On se le demande. Une grande partie du disque est construite sur une orchestration molle et creuse qui vient accompagnée la drôle de voix de Fabien Guidollet, qui ne passe plus trop de temps à se concentrer sur sa technique vocale. Terminant presque toutes ses interventions, plus parlées que chantées, sur une inflexion, et avec une tessiture légèrement nasillarde, on a l'impression tenace d'entendre la marionnette de Frédéric Mitterand nous raconter Les yeux dans les yeux, Verone
Les yeux dans les yeux, Verone
ces chansons, comme elle le ferait d'hommages à des artistes disparus. Dans ce flot plat et lénifiant, on a énormément de mal à détacher les titres les uns des autres, et la maigreur des arrangements musicaux, délaissés par la voix, confine à l'anorexie.

Puis un second élément viendra titiller l'esprit, à savoir la teneur des paroles. Très vite, on se pose cette question : mais de quoi parle-t-il donc ? Autant le premier album parvenait à sortir des textes dont la poésie, parfois limitée, inspirait malgré tout des images ou des impressions. Autant ici, à part le fait d'établir que le chanteur est une feignasse (et c'est lui qui le dit), on n'apprend pas grand chose. On n'a jamais l'impression de se trouver face à un sujet pertinent, même à chercher au-delà des allusions et des allégories. Evidemment on sent bien que tout est écrit au second degré et que des chansons comme Etre beau ou mourir et Le bal de l'empereur cherchent à dénoncer quelque chose. Mais la façon est soit nébuleuse, soit ampoulée, tant et si bien qu'on n'arrive pas à se détacher de l'impression que tout ça est très maladroit, impression renforcée par la sonorité de la voix et de l'orchestration conjuguées.

Ainsi, hormis quelques passages tout de même intéressants musicalement (Hamac), on ne saura retenir autre chose que beaucoup d'ennui de ce disque. Entre la voix qui agace et l'orchestration trop peu souvent inspirée, il n'est même pas sûr que les amateurs de la première heure y trouvent de quoi se réjouir.

 

Verone – La fiancée du crocodile

01. La fiancée du crocodile
02. Silence Radio
03. Transparent
04. Etre beau ou mourir
05. Garage
06. Le bal de l’Empereur
07. L’élixir du suédois
08. La tête à l’envers
09. Hamac
10. Le concours d’imitation

 

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