6/10Trois petits points, écoutez-les

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 07/04/2011
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Isma... de Trois Petits Points est un maxi intéressant qui fourmille d'idées et d'ambiances, malgré une production qui fleure un peu trop l'amateurisme.

C'est en 2003 que David Margaine et Céline Robert décident de lancer ces Trois Petits Points dans une volonté de créer un univers poétique et musical. Leur histoire, c'est celle de bien d'autres petits groupes qui se forment et se déforment au gré des arrivées et des départs des musiciens. Depuis 2007 cependant, Julien Bruneteau, Mathieu Laperche et Jérémy Teulade ont rejoint le groupe et font désormais partie du noyau dur qu'a intégré Simon Crespeau en 2010. Entre temps, Trois Petits Points auront sorti un album, Pourquoi j'ose et trois maxi, Trois petits points... en 2006, Petite chose en 2010 et Isma... en 2011. C'est ce dernier maxi que nous allons tâcher de vous faire découvrir.

L'une des premières sensations que l'on a à l'écoute de cet album n'est pas forcément bonne : la voix de David Margaine sonne comme peut sonner une voix autoproduite. On pourrait du reste presque appliquer l'estampille « petit groupe » rien qu'en entendant cette voix. Passé ce léger défaut, Isma... se révèle d'une richesse intéressante en dévoilant 5 titres tous plus différents les
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uns des autres. Bleu pétrole nous rappelle les méfaits de l'exploitation pétrolière entre dégazages et marées noires, sur une musique à la couleur orientale, peuplée de samples de vagues et de mouettes. Une chanson comme un poing qui se lève tranquillement. Sweet Lorelei nous prend, elle, complètement au dépourvu en s'ouvrant sur une musique traditionnelle : la sublime sirène invite véritablement l'auditeur à une Fest Noz endiablée bien lointaine de la quiétude relative de Bleu pétrole. Troisième titre et troisième ambiance pour Isma qu'on peut traduire par « écoute » : le morceau débute par un long monologue en arabe qui sera vite complété par un chant en français et un dub tout doux à sonorités arabisantes et planantes. Vieille folle passe du coq à l'âne dans la même chanson d'un début poétique à base d'horloges cliquetantes à un gros son de guitare, de mantra lancinant à des chants plus traditionnels, d'un poil de piano à une basse ronflante. Et, comme une cerise sur le gâteau, Pas peur choisit de s'engager dans une direction jazzy, bien portée par la voix de Céline Robert, histoire de dénoncer l'atmosphère française de ces dernières années basée principalement sur la peur et la peur de l'autre en particulier.

Ces cinq titres sont tellement différents les uns des autres qu'il est assez difficile de conclure sereinement sur ce maxi. On pourra ainsi regretter qu'il n'y ait pas de ligne directrice claire dans ce projet pluriel. Le résultat est néanmoins bien sympathique et s'écoute sans déplaisir.

Trois petits points – Isma...

01. Bleu pétrole
02. Sweet Lorelei
03. Isma
04. Vieille folle
05. Pas peur

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