7.5/10Tribeqa - Qolors

/ Critique - écrit par athanagor, le 16/04/2010
Notre verdict : 7.5/10 - Qanon (Ecrivez votre critique)

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Deuxième album d'une formation cocorico, qui aligne de sérieuses mises en place, sur un fond jazz, hip-hop et fun, et entre nous... ça fait plaisir.

Nouvel album d'un quintette de musiciens plutôt pointus, ce disque, baptisé Qolors, en évoque principalement une : le jaune. Mais pas le jaune maladif des fonds de seringues ou des chambres d'hôpitaux psychiatriques, ni celui qu'évoquent les fragrances de parkings. Ici c'est un jaune solaire, éblouissant, qui domine et teinte l'ensemble de la production d'une joie saine et communicative.

Poussées par un vibraphone euphorique, les titres se succèdent dans un mélange électrisant, aux mises en place de furieux, en introduisant de-ci de-là des intervenants dont les dialectes sentent bon les côtes dorées de pays
du Sud. Brésilien, espagnol, créole, un ou deux dialectes burkinabés (?) et de l'anglais pour l'équilibre, le monde est à nos pieds, et pas celui où on grelotte en attendant le bus. Et quand les chanteurs ne sont pas là, c'est le DJ qui s'occupe des lyrics, DJ dont il faut noter l'excellente capacité à suivre les changements rythmiques et à se fondre dans le travail de composition. Non pas que les DJs ne puissent pas être considérés comme des musiciens à part entière, mais avouons qu'on n'en a pas souvent la preuve. Merci donc à DJ Djo. Merci aussi à Etienne Arnoux Moreau pour ses solos de guitares sautillant, à Jeff Vincendeau pour l'étendue de sa basse et à Benjamin Bouton (dit Benji Blow) pour sa tenue irréprochable du rythme, dans tous ses états. Merci aussi à tous les intervenants qui enrichissent cet album, avec une mention spéciale pour Geoffroy Tamisier et sa trompette rapeuse. Mais surtout merci à Josselin Quentin pour la joie de son vibraphone, de son balafon et l'inventivité de ses compositions.

Pourtant et malgré tous ces points qui provoquent l'enthousiame, cet album reste le travail d'un set dont le style est indéniablement jazz fusion (cerclé de hip-hop), avec tout ce que cela inclus de complexité musicale, parfois rébarbative. Le problème étant qu'on prend son pied plus vite en tant que musicien qu'en tant que simple auditeur. Pour vraiment commencer à se structurer l'album dans les oreilles, il faut 4 ou 5 écoutes. Heureusement, peut-être conscient de cela, ou tout simplement parce que ça leur faisait plaisir, les artistes disséminent dans leur album des chansons plus fun comme Dr. Jekill, Sands of time et Qartoon, où se frottent avec bonheur Cypress Hill et Fred Flintstone. On se rendra d'ailleurs assez vite compte que c'est le fun qui prédomine, les signatures rythmiques complexes et les systèmes de stop/start n'étant jamais disposés de manière à en mettre plein les yeux, mais toujours dans une justification en regard de l'évolution musicale des titres.

Toutes ces impressions de soleil et cette technique, au service d'une musique belle et inventive, rappellent fortement le travail d'Al di Meola autour des musiques latines et orientales, influence très sensible dans Ceremony très proche, à la fois du Paradisio de Orange and Blue et du Egyptian Danza de Casino.

Album très fun, il n'en reste pas moins très pointu et très technique. Et cet aspect, comme nous le disions, parle immédiatement au musicien et un peu moins à l'auditeur, pour qui la fusion est une musique d'ascenseur améliorée. Pour ceux d'entre eux qui ne seraient pas à l'aise avec cette galette, on pourra se risquer à conseiller d'aller voir la formation en concert, sur la foi de l'absolue conviction que ce groupe en live doit offrir des moments particulièrement mémorables.

 

Tribeqa - Qolors

01. Rose
02. Dr. Jekyll
03. Sands of time
04. Dienamoro
05. Groove band
06. Sun
07. Phatz
08. Qartoon
09. Vaudoo
10. Ceremony
11. Tribu

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