7.5/10Travis - The Boy With No Name

/ Critique - écrit par Vincent.L, le 01/05/2007
Notre verdict : 7.5/10 - Retour sans changement (Ecrivez votre critique)

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En janvier dernier, Chris Martin a déclaré sur une radio britannique que « Travis est le groupe qui a inventé Coldplay et bien d'autres ». Il est vrai que les deux groupes anglo-saxons partagent un goût pour le succès, la mélancolie poignante et l'accessibilité mélodique. Des caractéristiques qu'il est facile de retrouver chez Keane ou encore Aqualung.

Pop romantique et positive

Comme tous les autres opus depuis la révélation du deuxième album (The Man Who en 1999), The Boy With No Name n'est toujours pas là pour froisser vos oreilles. Bien au contraire, il s'applique à les dorloter, les caresser, leur susurrer des mots doux avec la très belle voix de Francis Healy. Certes, le groupe, qui s'est absenté pendant quatre ans pour s'occuper des vies privées des uns et des autres, ne revient pas en 2007 avec un nouveau style. Mais il propose 11 titres d'une pop romantique, toujours profondément positive.
Si aucun titre ne vexe vos tympans, le premier single Closer sort indéniablement du lot. Face à une telle bombe émotionnelle, étonnante de simplicité et d'efficacité en apparence, on a l'impression que faire une parfaite chanson pop est un jeu d'enfant. Ici, quelques accords de guitares, un rythme mid-tempo basique et régulier, un pont vers le refrain et une explosion émotive tout en subtilité au refrain semblent suffire. Pourtant, en forçant un peu l'attention, on se rend compte que ce côté épuré contient des petits détails d'arrangements qui révèlent une intelligente réflexion, où les choeurs se répondent et où les violons savent rester discrets. On ne doute pas que les producteurs Nigel Godrich, Mike Hedges et Brian Eno ont veillé au grain pour que les mélodies s'enchaînent sans heurt, avec une belle délicatesse, comme sur Big Chair et My Eyes, qui n'ont pas grand-chose à envier à Closer.

Même si certaines intonations du chanteur rappellent parfois sérieusement d'autres titres des trois précédents albums, une certaine perfection artistique permet d'offrir une intéressante palette de chansons : une ballade faussement folk et touchante (Out of Space), des titres tristes pour stades d'adolescentes en pleine croissance (One Night, Battleships, New Amsterdam et Colder, où l'électronique fait une apparition remarquée, accompagnée d'un harmonica percutant), de futures potentiels singles dans la lignée des Sing et Side de The Invisible Band en 2001 (3 Times and You Lose et Selfish Jean, coup de tonnerre pop évident et deuxième single assuré) ainsi qu'un rock assez peu inspiré (Eyes With Open).
La seule critique que l'on peut vraiment formuler à l'encontre de ce The Boy With No Name est que le groupe ne se renouvelle pas pour un sou et qu'il ne prend que trop rarement le temps de s'écarter du format 3-4 minutes couplets-refrains. Ainsi, on a l'impression qu'il ne souffle jamais vraiment en proposant par exemple, un solo de guitare qui dure plus de 5 secondes, un délire psychédélique qui se maintien plus de 2 secondes... C'est en cela que Coldplay a pour l'instant le dessus sur Travis, même si le groupe de Chris Martin franchit plus facilement les barrières de la ballade mièvre et du titre grandiloquent pour ratisser très large.


Travis - The Boy With No Name

01. 3 Times and You Lose
02. Selfish Jean
03. Closer
04. Big Chair
05. Battleships
06. Eyes Wide Open
07. My Eyes
08. One Night
09. Out in Space
10. Colder
11. New Amsterdam
11. Sailing Away (piste cachée)

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