The Willowz - Concert à la Boule Noire - 28/09/2007

/ Compte-rendu de concert - écrit par arth, le 08/10/2007

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 3 réactions

Parfois un concert à 15€ dans une salle avec 40 personnes devient le " best gig ever ".

Pour la première fois, et probablement la meilleure, The Willowz, groupe d'un rock sulfureux surfant sur la côte Ouest des Etats-Unis, foulait le pavé parisien. Découvert avec ses clips « faits à la maison » il y a quelques années, j'étais très loin d'imaginer ce concert comme l'un des meilleurs de ma courte vie.

Un peu avant 20h30, une bande de « cousins machins » ingénieurs du son fait son boulot et prouve à la France entière, ou plutot à 40 Français, que la moustache et les cheveux qui arrivent aux coudes, c'est pas ringard. Quelques minutes plus tard, Richie James Follin, chanteur, monte sur scène arborant le chapeau du père Ingalls, mais c'est sûrement son voisin, donc c'est crédible, voir même beau. Something ouvre le bal d'une liste de chansons écrite encore au feutre ; la voix de Richie est reconnaissable entre mille, nous sommes bien en face des créateurs de CHAUTAUQUA, leur dernier album sorti en début d'année. Sur scène, les « chansons-bougies » du disque s'embrasent, impressionnent, et nous embrassent. Guitariste du band, Aric est en transe, il le sait, nous le savons. Sur des riffs implacables du haut de son grand corps tout arc-bouté il tombe en moyenne dix fois par terre par chanson, fait des roulades, veut balancer sa guitare à chaque explosion, une vraie pile électrique totalement jouissive à observer. Les autres se contentent de jouer leur musique dans la bonne humeur, sourires aux lèvres.

Un flot de rock dur et malicieux, plein et captivant.. Cons & Tricks d'une efficacité diabolique. Pour moi quelques souvenirs avec Ulcer Soul. Keep On Lookin' le moment le plus caféiné de la soirée. Le morceau est déja TRES efficace sur album mais en live, il devient une incitation troublante à un peu d'air guitar. Ce sera le morceau qui réveillera la quarantaine de personnes venue les voir. Peu de temps après, Richie annonce Jubilee, un des plus beaux titres des Willowz, balade country qui éclate comme un feu d'artifices à la guimauve. Un lyrisme du Sud qui touche droit au coeur, une authenticité candide qui fait chavirer les corps, les petits frissons vous savez. Malheureusement pour nous, les Parisiens n'ont jamais de chance et recoivent toujours un coup de fil dans les moments les plus calmes et précieux des concerts. Richie s'écrie " OOOOHH DAAAMMMNNN FFUCKKK " puis Aric coupe l'intro du morceau, la montée, le sens du morceau, un vrai gâchis. We Live Your Street, souvenir de leur clip amateur filmé dans la rue de leur maison à embêter les voitures qui passent en s'allongeant sur le bitume. Evil Son et son clin d'oeil à l'Imagine de Lennon, berceuse de white trash romantique malheureusement détruite par les problèmes techniques qui rendent fou un Aric explosant de rage sur le clavier en roulant dessus .. une cascade dangereuse et imprévisible... I Wonder, morceau figurant dans la B.O de La Science des Rêves (un rappel fut-il nécessaire ?) où finalement tous descendent pour laisser Richie seul sur scène ; le groupe profitant du doux instant pour aller gueuler sur l'ingé son de la salle. Agrippé à sa guitare, les yeux fermés, I Wonder nous emporte sur un nuage jusqu'à la fenêtre aux volets écaillés de la chambre de Richie, un instant loin de Paris, le moment que l'on cherche toujours quand on se déplace dans une salle de concert.

Le set se finit dans un chaos planant et progressif, (effectivement " they go crazy ") très loin des balades et grillades rock country sur disque. Un solo de batterie du jeune bleu pour montrer un peu ses dents, une impression d'improvisation, puis l'imcompréhension générale, le rangé dérangé, l'harmonie dans la tempête, Richie et notre jolie bassiste quittent la scène et laissent Loren et Aric finir ce set anachronique, peut-être 30 ans en retard...

Personne ne s'attendait à une telle démonstration de rock, plongé dans les racines d'une Amérique relâchée, décomplexée, libre et pourtant le nez encore impregné de l'odeur du foin. Ce concert des Willowz fut une révélation musicale, une claque comme celles qu'on cherche tout les soirs.
Parfois un concert à 15€ dans une salle avec 40 personnes devient le " best gig ever ".

Setlist
Something
Meet Yo Denise
Cons & Tricks
Ulcer Soul
Marking Certain
Toy
Keep On Lookin
Beware
Nobody
Siren Song
Jubilee
We Live your street
Evil Son
I Wonder
I'll go crazy

A découvrir
Lavigne (Avril) - Let Go
Lavigne (Avril) - Let Go
Superbus - Aeromusical
Superbus - Aeromusical
t.A.T.u. - 200km/h in the Wrong Lane
t.A.T.u. - 200km/h in the Wrong Lane