The Servant - Interview

/ Interview - écrit par Loic, le 23/07/2004

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Interview de The Servant

Dans le cadre du festival « indétendance » organisé pour Paris plage, nous avons eu l'occasion de rencontrer Dan Black, homme à tout faire du groupe The Servant :

Krinein : Qu'avez vous pensé de votre concert de ce soir ?
Dan : C'était vraiment sympa. Le public a bien réagi aux chansons, mais c'est surtout le cadre qui m'a impressionné, on est bien sur « les quais » (en français dans le texte) c'est ça ? Je n'ai pas osé le dire tout à l'heure de peur de dire une connerie, j'en dis déjà assez ! Depuis la scène, on avait une superbe vue sur la Seine et les immeubles parisiens... En plus, le public français est vraiment sympa.

Vous ne dites pas ça juste pour faire plaisir aux Français ?
Si bien sûr, je dis ça dans tous les pays où je vais (rires) ! Non, vraiment, le public français réagit bien. Il est à la fois fun et sérieux, suivant les chansons. Dans d'autres pays, comme l'Italie, le public est plus déconneur, en Allemagne, il est plus sérieux, mais en France, ils sont bien entre les deux.

Je crois que vous êtes plus connus à l'étranger qu'en Angleterre ?
En fait, ça dépend des lieux où on joue en Angleterre. Mais dans l'ensemble, c'est vrai. Ca marche pas mal en France, en Italie, en Allemagne, un peu partout en Europe en fait. Le problème avec l'Angleterre, c'est que ce sont surtout les groupes Américains qui marchent fort. En plus, il y a tellement de maisons de disques et de labels en Angleterre qui sortent plein de nouveautés qu'il est difficile de se faire bien connaître dans tout le pays. Mais on ne se plaint pas !

Quand on lit une bio de the Servant, le groupe est présenté comme le groupe de Dan Black...
C'est vrai, mais c'est parce que je suis le plus beau, le plus grand, le plus fort (rire) ! En fait, je fais presque tout dans le groupe. C'est moi qui compose, qui écrit les textes, qui produit l'album...

Et vous n'avez jamais pensé à appeler le groupe Dan Black and his Servants (Dan Black et ses serviteurs) ?
Non, jamais (rire). En fait, si ça avait été quelque chose comme Dan Black and the Servant, le disque n'aurait vraiment pas été le même. J'ai beau faire beaucoup de choses, les autres participent quand même pas mal, on se concerte souvent. Quand on n'est pas tout à fait d'accord pour un truc, on fait des votes. Mon vote est le plus important, mais si jamais je suis le seul pour un truc, et que les autres sont contre, on ne va pas le faire. The Servant est un vrai groupe de 4 personnes.

Et si jamais vous aviez 4 paires de jambes et de bras, seriez-vous seul sur scène ?
Houla, non ! Déjà, même avec ces bras et jambes en plus, je vois pas comment je pourrais a la fois jouer de la guitare, de la basse et de la batterie en même temps ! Pour jouer correctement de la batterie, de la basse, et même de la guitare, il faut être vachement concentré, alors les 3 en même temps, je ne pourrais plus faire mes bêtises sur scène ! En plus, les autres sont bien meilleurs musiciens que moi. J'ai joué un peu de basse, et de guitare, en fait, je joue toujours de la guitare sur certains morceaux, mais les autres sont vraiment meilleures que moi. Et je n'ai jamais fait de batterie.

Pour en revenir à votre album, en l'écoutant, on a l'impression qu'il y a deux types de morceaux. Certains sont des morceaux de pop assez classiques, mais d'autres sont plus "funky", comme Jesus Says par exemple. Vous l'avez remarqué pendant l'écriture ou plus tard ?
C'est vrai, je pense que ça doit dépendre de la façon dont j'ai composé les morceaux. Pour certains, j'étais assis à un piano ou avec une guitare, avec une idée de texte, à le chanter en essayant de trouver une mélodie et la musique qui va bien avec. Pour d'autres, le processus était complètement différent, comme Jesus Says effectivement, où j'étais devant mon ordinateur, à faire des petits bidouillages, pour trouver des rythmiques et des sons intéressants. Et ça doit se ressentir sur l'album.

Et les nombreux petits arrangements, les sons électroniques, vous aviez l'idée de les placer dès l'écriture ou c'est venu plus tard, en studio ?
Ca aussi ça dépend des chansons en fait. Celles que j'ai composées à l'aide de l'ordinateurs, je savais déjà ou mettre les petits arrangements. Pour les autres, j'avais une idée générale, mais tu ne peux jamais savoir à l'avance comment va sonner ton morceau final. Je différencie pas mal la chanson, que tu écris et compose, et la "version", que tu trouves sur l'album. La chanson est finie avant d'entrer en studio, alors que la "version" n'est finalisée que quand tu sors du studio. Et c'est pour ça que j'ai voulu produire l'album moi-même. Avec un producteur extérieur, t'es toujours en train de lui dire ce qui te plait ou pas, tu lui explique ce que tu veux, tu va 5 min sur la console pour lui montrer qu'un truc te plaisait mieux... Alors qu'en le faisant toi-même, tu n'as pas tous ces problèmes de communication, tu te retrousses les manches, tu sues sur la console, mais tu obtiens vraiment ce que tu veux.

Et ce que vous jouez en concert, c'est la chanson ou la "version" ?
Ca dépend. Avant, on jouait avec un disque en fond, pour coller plus à l'album. Mais on s'est vite rendu compte que c'était contraignant, c'est le disque qui te dirige, tu ne peux pas faire ce que tu veux, tu es plus stressé car tu ne dois pas perdre le fil. Maintenant, on a réduit ça au minimum, on est plus libre, on peut plus jouer avec le public. Sur certaines chansons, comme Orchestra, on est obligé d'avoir des accompagnements, mais on évite pour le maximum de chansons. Parfois, ça dérange le public, mais on préfère vraiment ça.

Vous pourriez avoir un DJ ou un claviériste qui s'occupe de tout ça ?
Oui, mais on n'a pas assez d'argent ! Quand on sera riche, on aura un DJ, et on achètera tout un tas de machines pour s'occuper de ça !

Sinon, ce n'est pas trop contraignant de faire un disque seul ?
Si, c'est extrêmement dur et long. Je pense que pour le prochain, on le fera avec un producteur. C'était vraiment très dur.

Et ça a pris combien de temps, de l'écriture des chansons à l'objet final ?
Alors, ça dépend des chansons, mais au pire, ça doit être trois ans, et au mieux, deux ans et onze mois !

Vous n'avez jamais pensé à faire une chanson en français, vu que vous parlez assez bien français ?
On me l'a déjà proposé, mais je ne me sens pas suffisamment à l'aise en français pour écrire un texte. Où alors, ce sera quelque chose de partiellement en français, ou de vraiment simple, comme « Michelle, ma belle »... Et puis, après, dans d'autres pays, on me dira « vous avez fait une chanson en français, pourquoi pas une dans notre langue ». Mais pourquoi pas.

Et vous connaissez/aimez des artistes français ?
Oui, quelques-uns. -M- par exemple. Je connaissais ses disques, et je l'ai vu aux Solidays, avec toutes ses guitares, sa guitare qui tombe du toit. C'était vraiment un bon show. J'aime bien aussi Miossec, Vincent Delerm... Sinon, j'ai découvert récemment Daniel Balavoine. Et puis bien sur, Gainsbourg.

Beaucoup de jeunes filles sont fans de vous...
C'est drôle car quand j'étais plus jeune et que j'allais au ciné, je fantasmais sur Isabelle Adjani, Sophie Marceau... Et maintenant c'est moi que les filles apprécient... je ne sais pas trop pourquoi.


Je tiens à remercier Dominique de chez Recall, sans qui l'interview n'aurait pas pu se faire, ainsi que Dan pour sa disponibilité.

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