The Dø, à pleines dents

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par - le 10/03/2011

À moins d'habiter dans une grotte, au fin fond du Bhoutan, en 2008 vous n'avez pas pu passer à côté du tube On my shoulders qui a permis au groupe parisien (mais chantant en anglais) de The Dø d'accéder aux meilleures ventes d'album. Au final, A mouthful s'est écoulé à plus de 150.000 exemplaires. Trois ans après, Olivia Merilahti (c'est elle, le O) et Dan Levy (et lui, le D) reviennent avec un nouvel opus à la pochette bien étrange, Both ways open jaws.

Pour capitaliser le succès de A mouthful, The Dø aurait pu faire simple en sortant un album rock à la musique tendance, aux refrains accrocheurs. En The Dø, à pleines dents
Belle en concert
bref, remplir un disque d'une douzaine de On my shoulders. Mais le duo ne se chauffe pas de ce bois-là : ils se sont enfermés pendant près d'un an pour écrire Both ways open jaws, et à l'écoute de celui-ci, on peut largement les imaginer bidouiller, expérimenter, peaufiner jusqu'aux moindres détails un album qui, sans cesse, glisse entre les doigts, part dans un sens puis brusquement prend le contre-pied. Dust it off ouvre l'album et donne une bonne idée de celui-ci : la voix d'Olivia est incroyablement belle, cristalline, à deux doigts de la fêlure. Dans le fond, une musique hypnotique charme l'auditeur et tourne encore et encore, sans cesse renouvelée. Et puis c'est le break, un instant de silence et un orgue sourd s'invite sur le titre. Quelques secondes après, des beats déstructurés, un brin crados débarquent sans crier gare, surprenant l'auditeur. Mais le plus étonnant, c'est que la mixture n'est pas indigeste : au contraire, elle est d'un goût exquis et l'on ne peut s'empêcher d'y revenir.

À la suite de ce formidable titre, les douze autres chansons ouvrent sans cesse de nouvelles voies : The wicked & the blind débute de façon assez classique The Dø, à pleines dents
Belle aussi avec une main sur la tête
avant de prendre son envol grâce à la voix spatiale d'Olivia, un titre qui n'est pas sans rappeler certains grands moments de Sigur Ros, Leo Leo prend la forme d'une comptine aqueuse, Moon mermaids se la joue Björk période Medulla, l'étonnant premier single, Slippery slope, se laisse aller dans une transe païenne sur des rythmes tribaux et une voix chamanique. Un véritable kaléidoscope musical qui innove et qui multiplie les trouvailles, mais qui semble parfois en faire un peu trop : The calendar est vraiment déroutante par ses évidentes références à la musique de saloon, au Japon et à la musique classique ( !! comme on dit). De l'autre côté de la frise musicale, Too insistent est l'hymne typique qui plaira à la ménagère de moins de 50 ans avec ce qu'il faut de cordes, ce qu'il faut de cuivres, une voix toute mignonne et une envolée entraînante juste où il faut. Un nouveau tube de façon évidente.

Avec Both ways open jaws qui fourmille de 1000 idées, les mâchoires musicales de The Dø restent grandes ouvertes, histoire sans doute de pouvoir avaler et digérer leurs nombreuses influences, et finalement de les mettre au service d'une musique originale ET dansante ET efficace. C'est assez étonnant pour être signalé. Et c'est franchement ce qu'on aime chez Krinein.

nazonfly [8.5/10]

Sylvain - 10/03/2011 à 09h47

Très bon album, et pour les gens qui sont sur spotify, on le trouve à the do (sans le o barré).
http://musique.krinein.com/the-do-p ... 15379.html

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Maat - 10/03/2011 à 11h20

Je ne connaissais pas c'est assez plaisant à écouter en tous cas, merci pour l'article qui m'a donné envie :)

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wiwi - 10/03/2011 à 11h31

Autant vous l’avouer tout de suite, je suis passé complètement à côté de A mouthful sorti en 2008 et qui avait fait un carton y compris dans l’hexagone de Renaud qu’en dehors. Sûrement qu’à l’époque, j’avais something else to do ! Du coup, je ne vais pas pouvoir comparer les deux albums, c’est au moins l’avantage. De toutes façons, comme le disait si bien Yahya Haqqï : Celui qui aime n’a pas besoin de comparer : quand la comparaison entre par la porte, l’amour sort par la fenêtre. L’album comporte 13 titres et j’ai souvent envie de m’envoler par la fenêtre dès le 3ème titre The wicked & the blind, mais je m’accroche ! Too insistent avec sa mélodie pop à souhait me donne envie de rester, comme l’avaient fait les deux premiers titres : Dust it off et Gonna be sick ! Sans doute ai-je besoin de me lancer dans plusieurs écoutes approfondies de la chose pas nécessairement accessible dès la première oreille ? Ou alors j’ai peut-être atteint mon quota de mélodie pop pour le mois ? L’avenir me le dira…

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nazonfly - 10/03/2011 à 11h38

Ma première écoute en bossant m'a fait dire : "ouais pas mal". La deuxième et troisième en voiture m'ont laissé indifférent. La quatrième avec casque sur la tête m'a franchement enthousiasmé.

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