8/10Tchéky Karyo, du ciné à la musique

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 12/12/2013
Notre verdict : 8/10 - Je crois en seul Karyo (Ecrivez votre critique)

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Le célèbre flic Neetah de Crying Freeman est de retour... mais sur disque. Qu'en penser ? Krinein vous répond.

Il y a quasiment 5 ans de cela jour pour jour que Krinein se lançait dans une thématique « Quand votre cœur fait boum ». À l'époque j'avais évoqué l'un de mes coups de cœur cinématographique : Crying Freeman de Christophe Gans. Dans ce superbe monument d'une poésie et d'un esthétisme magnifiques, le méchant de service avec sa voix rocailleuse dénotait franchement mais permettait de fixer l'image du parfait vilain. Et ce méchant parfait était incarné par Tchéky Karyo qui a une filmo plutôt sympathique avec, entre autres, Nikita, Dobermann, Un long dimanche de fiançailles. Mais l'homme n'est pas qu'acteur... il est aussi chanteur, son premier opus est sorti en 2006. Depuis... depuis... je ne sais pas trop ce que sa carrière est devenue, mais son nouveau disque, Credo, vient de sortir dans les bacs. Chronique.

Accrochez-vous bien, nous allons vous faire une révélation absolument incroyable. Cet album de Tchéky Karyo n'est pas de la pop de latin lover, ni du black-metal d'inspiration nordique, ni même de la techno bariolée. Non, Credo est plutôt du genre à se terrer dans des bars miteux avec un piano éclairé par une lampe faiblarde tandis que les poivrots noient leur chagrin dans leur verre et que des passants aux imperméables trempés d'une froide pluie de novembre tentent de prendre un peu de chaleur, attirés par la lueur tremblotante d'une enseigne clignotant maladivement dans la nuit. Au milieu de ce bar, on pourrait y croiser un homme d'un âge incertain, mal rasé et avec une tronche marquée par le temps. Le genre de mec dont la voix brisée, pas forcément toujours agréable, chanterait sa tristesse, sa mélancolie et ses souvenirs amoureux dans ce bar oublié.


DR.

 

Cette carte postale, directement issue des films noirs, plante le décor du Credo de Tcheky Karyo dans lequel le piano a une très grande place, souvent avec bonheur comme sur Olive tree café ou Autour de la mémoire, deux titres sur lesquels la voix si particulière de Karyo se lamente dans un désenchantement palpable. L'honnêteté nous poussera quand même à vous préciser que Credo n'est pas qu'un album piano/voix (même si les deux sont omniprésents) : Les toits du monde, Games of love ou La rumeur y adjoignent une guitare et une batterie qui lâchent un peu la bride et embarquent l'album dans un rock assez malsain. Si Les guerriers dorment est un retour vers la froide beauté des premiers titres avec toutefois une légère explosion de cordes métalliques qui ravissent l'auditeur et en font peut-être le meilleur titre, le morceau le plus étonnant est CREDO, sorte de long slam transcendantal et mystique, aux paroles parfois obscures, le tout sous des effets de pluie et d'orage, une constante de l'album d'ailleurs.

Tchéky Karyo n'est pas le premier acteur (et sans doute pas le dernier non plus) à se lancer dans la chanson. Mais il a pour lui une voix qui entraîne avec elle mille références toutes plus sombres les unes que les autres. Et le résultat, notamment grâce à un piano omniprésent, est à classer dans les bonnes surprises.

Point fort : la voix évidemment (bon le piano aussi on vous l'accorde)

Point faible : Mars (pas le mois, la chanson)

En écoute, Autour de la mémoire réalisé, excusez du peu, par Enki Bilal :

Tchéky Karyo – Credo

01. Olive tree café
02. Poisoned lipstick
03. Autour de la mémoire
04. Mars
05. CREDO
06. La rumeur
07. Games of love
08. Undelicate transgression
09. Les toits du monde
10. From the inside
11. Angel's confess
12. Les guerriers dorment

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