9/10Tamino, une voix d'or sur une gueule d'ange

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 09/05/2018
Notre verdict : 9/10 - Prince des Belges (Ecrivez votre critique)

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Rarement 4 titres nous auront autant emportés. Chronique du premier EP de Tamino.

Arrêtez tout ce que vous êtes en train de faire, arrêtez tout sans vous retourner, sans arrière pensée et ruez-vous sur l’EP 4 titres de Tamino. Quoi ? Vous êtes encore là ? Merci de votre confiance. Tamino est donc un artiste belge (flamand même) d’origine égyptienne qui a, de toute évidence, longuement écouté Jeff Buckley. Car il a tout de l’Américain : de la gueule d’ange au talent d’écriture, de la sensibilité à fleur de peau à la voix de velours.


DR.

Cet EP est court (17 minutes), ne contient que 4 titres mais hante longuement les pensées de celui qui le découvre. Habibi qui ouvre l’EP est un monument, une chanson dont on ne peut que tomber amoureux dès la première écoute : l’interprétation au piano et la voix qui passe du grave le plus soyeux à l’aigu le plus sublime remplissent le cœur d’une douceur bienvenue, même si l’on sent toujours de la douleur dans ce « Habibi » (chéri(e) en arabe) très Bagdad Café. On se dit alors que ce magnifique titre est le sommet de l’EP mais, dès les premières notes d’Indigo night, on se rend vite compte que Tamino assène, sans coup férir, une deuxième douceur douloureuse et sublime. Les premières versions d’Indigo night, notamment celle sur l’EP sorti en Belgique, étaient certainement encore meilleures car plus dépouillées, moins instrumentées. Mais ce titre touche tellement la perfection qu’on ne peut vouloir autre chose que l’écouter en boucle, les yeux perdus dans les étoiles.

Bien sûr, une fois que l’on a balancé deux bombes comme Habibi et Indigo night, le reste ne peut que paraître bien fade en comparaison. Et c’est au fil des écoutes que se dévoile Cigar, un autre petit bijou pop aux accents de Radiohead : la voix de Tamino y est d’une chaleur lumineuse, loin des accents plaintifs des premiers titres. Thom Yorke peut d'ailleurs être de nouveau convoqué sur Sun may shine, la seule exclusivité de ce 4 titres. Mais un Thom Yorke qui aurait légèrement mâtiné son œuvre d’influences orientales, notamment sur la façon de chanter, un aspect qu’on retrouve aussi sur Habibi. Si l’on évoque Radiohead ou Buckley, ce n’est pas pour tenter de rattacher absolument Tamino à leur influence, l’artiste trace sa propre voie mais pour tenter de faire passer au lecteur la fragilité et la sensibilité qui se dégagent de la musique et de la voix de Tamino.

Au cours de ces 17 minutes, Tamino nous montre toute l’étendue de son talent et il ne nous reste plus qu’une chose à faire : écouter en boucle l’EP en attendant patiemment la sortie de l’album qui devrait survenir avant la fin de l’été.

La critique en 140 caractères : en 4 titres, Tamino balance un EP qui fera date et nous fait attendre avec impatience son album

En écoute, une version live de Habibi

Tamino – EP

01. Habibi
02. Indigo night
03. Cigar
04. Sun may shine

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