6/10Talk Talk - It's my life

/ Critique - écrit par athanagor, le 10/03/2010
Notre verdict : 6/10 - Talk talk à mon tube, ma life est malade (Ecrivez votre critique)

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En 1984 sortait le deuxième album de ce groupe qui, donnant alors deux tubes pops immortels, allait ensuite s'orienter vers une voie plus personnelle.

En 1984, après un premier album prometteur, le groupe Talk Talk, emmené par l'inénarrable Mark Hollis débarque dans l'inconscient collectif avec It's my life, album pop et bien de son temps, où 2 titres, Such a shame et It's my life, tubes instantanés, boostent un ensemble qui ne présente pas la même qualité, mais donne de nombreux indices de ce que deviendra la ligne musicale de ce groupe sept ans plus tard.

Marqué d'une empreinte sonore immédiatement identifiable comme celle de la New Wave anglaise des années 80, cet album offre beaucoup de bonnes choses à défaut d'être irréprochable de bout en bout. Victimes d'une surcharge sonore se manifestant par des effets systématiques et intempestifs, qui habillent toutes les introductions de simili-cris d'oiseaux, crissements de pneus et autres sons étranges, on reconnaît bien là le style d'une époque où une majorité de musiciens dodelinaient de la tête avec énergie, cachés derrière un synthétiseur. Nombre de passages pâtissent ici de cette surenchère de sons synthétiques, qui semblent souvent n'avoir été posés là que parce qu'on pouvait les faire, sans aucune considération pour l'intégrité musicale. Ainsi les titres Tomorrow started et The last time sont construits sur des lignes mélodiques criardes et suraigües, qui contrastent d'une assez vilaine façon avec la voix mélancolique de Hollis, et le reste de l'album est parsemé d'interventions sonores aussi surprenantes qu'inappropriées.

Mais passé ces éléments qui font partie du style particulier de l'époque, reste un objet qui donne de beaux moments de pure inspiration. Mettons immédiatement de côté Dum dum girl et The last time, morceaux inutiles sauf à rajouter deux titres à un album qui, sans eux, n'en compterait que sept et serait alors trop léger pour être proposé à la vente. Mettons également de côté les célèbres et excellents Such a shame
et It's my life, et attardons-nous sur les cinq pièces restantes pour constater que chacune propose son petit truc à elle. Tous ces petits trucs se retrouvent, condensés, dans les deux tubes de l'album, comme si on les délayait ensuite pour en prolonger l'impact. Bien évidemment le premier d'entre eux (qui n'est en fait pas un truc) reste la voix si particulière de Hollis, envoûtante dans tous les moments de l'album, même les plus mauvais. Puis on découvre un véritable savoir faire, ou savoir composer, sur une partie qu'on voit de moins en moins et qui, pourtant, alors, semblait un passage obligé, le pré-refrain. Même dans les petits morceaux sans intérêt, celui-ci est, presque à tout les coups, suffisamment entrainant pour donner envie de l'entendre à nouveau. Pourtant bien souvent, ils se cassent le nez sur des refrains plus fades, à l'exception notable de Renée, qui offre à Hollis un écrin de mélancolie où s'exprimer à loisir. Puis d'autres moments sont captivants, d'abord par la présence de la basse de Paul Webb, sautillante, toujours sur le temps ou la croche, qui accouche d'une propulsion rythmique inconsciente et imparable. Dans le même registre, c'est l'intervention d'un solo de piano, assez hors de propos et pourtant bienvenu, sur Call in the night boy qui montre un vrai désir de musique et surtout une vraie envie de tenter des trucs, quitte à se rétamer. C'est d'ailleurs une autre particularité de l'époque, cette envie d'aller chercher des formules rythmiques, harmoniques, musicales en dehors des cadres, pour voir ce que ça donne. Cette audace se traduit par l'abord de passages moins occidentaux dans Call in the night boy et Does Caroline knows ?, où un rythme un rien caraïbe contraste d'abord avec la voix lancinante d'Hollis, pour finir par se transformer en un rapport hypnotique dans son déséquilibre.

Ainsi, offrant, en dehors de deux tubes planétaires, qui ne trouveront d'ailleurs jamais leur publique en Angleterre, un album assez inégal et d'un intérêt relatif, on a tout de même droit à un produit typique de ces années. A savoir que la patte sonore, synthétique et ultra-produite, qui en insupporte certain jusqu'à la nausée, cache des moments de musique tout à fait admirables que tous ces jeunes gens aux cheveux mi-longs, cachés derrière leurs pianos électriques, ne nous auraient jamais laissé soupçonner.

 Talk Talk - It's my life

01. Dum Dum Girl
02. Such a Shame
03. Renée
04. It's My Life
05. Tomorrow Started
06. The Last Time
07. Call in the Night Boy
08. Does Caroline Know ?
09. It's You
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