9/10Sziget Festival - 2005

/ Critique - écrit par François, le 17/10/2005
Notre verdict : 9/10 - Plus grand festival d'Europe (Ecrivez votre critique)

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Pour sa première exportation à l'étranger, Krinein musique a tapé dans le gros événement : le Sziget Festival, le plus grand festival d'Europe.
Le Sziget, c'est un festival qui squatte, et le mot n'est pas exagéré, toute une île (Sziget signifiant île en hongrois, pas con les types) de Budapest, belle capitale hongroise. Vous me direz, une île ou un parc ferme, c'est bien pareil. Et bien non, car sur l'île du Sziget s'installe pendant une semaine un véritable petit village, accueillant 400 000 festivaliers sur une semaine. Le principe est que chacun a le droit de planter sa tente ou il veut. Donc c'est un squat géant qui se met en place. L'île est lieu de festival, de concerts, de buvettes et de longues et belles soirées, mais c'est aussi pour beaucoup le lieu de vie, de repos, d'hygiène (des rangées de toilettes et de douches impressionnantes !), de bouffe, d'actions humanitaires, de loisirs, de courses, de beuveries, de culture, de découvertes, .... !

Parlons quand même un peu musique, car même si on a parfois tendance à l'oublier tant il y a de chose à faire à côté, c'est quand même pour ça qu'on est venu !
La programmation est, elle aussi, impressionnante. Le Sziget, c'est douze scènes, qui tournent en parallèle et quasiment en continue durant sept jours. Voilà un aperçu :

Commençons par la plus grande : la grande scène internationale. Elle a vu se succéder Ska P, ouvrant le bal, devant un public connaisseur ; Morcheeba envoûtant de sa superbe voix un public nombreux et encore frais ; Sean Paul, Jamaïcain exilé aux Etats Unis, sort alors son dancehall-reggae pour mettre le feu au public de la grande scène. On est qu'au premier jour.

Sean Paul
Sean Paul
La grande scène offrira ensuite : Anima Sound System, l'un des groupes hongrois le plus en vogue en ce moment. Il mélange hip-hop, dub, allant parfois vers des passages house, et ça met le feu. J'ai adoré ! Le trio d'Underworld a aussi installé ses platines sur la grande scène du Sziget pour envoyer du gros, du très gros, devant un public nombreux, éclectique, et bougeant ensemble sur le rythme proposé par ce trio virtuose. Le groupe fondé par Bob Marley, Bunny Wailer et Peter Tosh, The Wailers a envahie la grande scène pour lancer le troisième jour. Ils ont remis en route les festivaliers commençant à sentir la fatigue. Puis Louise Attaque est monté sur scène. Je les ai trouvés assez décevant, n'emportant le public, majoritairement français, que sur les chansons de leur premier album. Vont-ils vraiment réussir à revenir ? La soirée sur la grande scène s'est termine sur le duo de Basement Jaxx, entraînant un public nombreux et danseur. Je n'ai pas pu participer au week-end, mais le programme était aussi de grande qualité, faisant succéder Les tambours du Bronx, Mando Diao, Tankcsapda, et la grosse tête d'affiche de ce festival Korn.

Mais aussi Toy Dolls, Juliette and the Licks, Kispal es a Borz, un bon groupe Korn
Korn
hongrois qui mérite à être connu, et le toujours plus réputé Franz Ferdinand. Puis le lundi nous a offert Roots Manuva, initiant le rap sur la grande scène, puis les Australiens Nick Cave & the bad Seeds, qui ont eut un franc succès. Et pour fermer le festival, le mardi se sont succédés The Hives qui ont fait très bonne impression auprès des festivaliers, Sex Action et Good Charlotte. Déjà pas mal, mais je ne vous ai parlé que de la grande scène !

La scène world proposait aussi une belle programmation. Entre Watcha Clan qui a inauguré la scène le mercredi et Khaled qui l'a fermé le mardi, se sont succédés LB27, le rai de Cheikha Rimitti, Youssou'n Dour, Barbaro, Daau, Ivo Papasov, les grandioses Hurlements de Leo, attirant un public très varies, et loin d'être que Français, Zap Mama, qui lui aussi avait attiré pas mal de monde mais au final assez décevant, Mahala Rai Banda, les londoniens de Oi Va Voi, la fanfare funk de Tarace Boulba, Tinariwen, le Malien Mory Kante, Woven Hand, Tolhaje, ... et tant d'autres.

La scène métal avait l'un des programmes les plus pleins, ne laissant aucun répit aux grands fans. Ils ont pu y voir Nervekiller, Remorse, Casket Garden, Vale of Tears, Obituary, Moby Dick, Wall of sleep, Neochrome, Stress, Iron Maidnem (feinteur ces hongrois), Lord Akela, Mantra, Replika, The 69 eyes, Subscribe, Szeg, Depresszio, Sentenced, P box, Zorall, Amok, Black-out, Sin of kain, Ignite, Aurora... Et j'en oublie plein !

J'ai découvert la scène Wan2, attiré par la musique des Têtes Raides. Fidèles, ils ont offert un magnifique concert a un public exclusivement français, même un peu trop. Ils étaient suivis par, entre autres, la musique novatrice du groupe hongrois Toy Division, les Italiens de CFF e il nomade venerabile, Matmatah devant les drapeaux bretons flottants, The (International) Noise Conspiracy qu'on ne présente plus, Hollywoodoo, ... L'occasion aussi de découvrir des groupes hongrois comme Tereskova, Beat Dis, electro, et Zagar envoûtant, qui mérite à se faire connaitre, Double Punkt, Giant Robot proposant un bon rock garage a la Finlandaise, le funk hip-hop de Resin dogs, l'European Band, The Hellacopters toujours fidèle au bon rock'n roll, le rock alternatif revendiquant des roumains de Luna Romana, une découverte bulgare Wickeda, ou le pure mix de tous genres musicales existants avec les Californiens de Fishbone.

Passons maintenant à la scène tsigane, ou j'avoue avoir pas mal squatté, vu la qualité de sa programmation. Il s'y succédait des artistes inconnus du grand public, mais très bons. Voila quelque nom à retenir : les formations hongroises Teka, Vodku v Glotku, Rajko, Romano Drom, Besh O Drom, Cabaret Medrano et Tecsoi Banda, le célèbre groupe russe Loyko, les Allemands de Casino Gitano, et aussi les Français avec Kaloome, Titi Robin, Gulabi Sapera et Slonovski bal.

La scène Bahia a aussi offert de bons groupes. Pour n'en citer que quelques-uns uns : les Hongrois de Nemtom, de Vidampark, de Balaton ou de Korog, Masfel, le groupe rock techno acoustique le plus populaire de Budapest, Kampec Dolores, un coup de coeur pour cette hongroise a la voix d'Alanis Morisette, le groupe italien Prozac+, le groupe de shunk-rock autrichien Soup Shop, et les super Clermontois de Kunamaka...

Kunamaka
Kunamaka
Le Sziget, c'est aussi une scène électronique, avec Monk, Poli, Secta Sound System, Budai, Jay Cortez, Sizenine, The Advent, Newl, Igor Do, Slam Jr, Play Paul, Coyote, Sterbinszky.

On a aussi l'occasion de flâner devant la scène théâtre, danse, cirque. On a pu y contempler les parait-il célèbre Ballets C. de la B., ainsi que les troupes hongroises de Pal Frenak et Yvette Bozsik, la troupe française Dynamogene, le State Opera of South Australia, la compagnie Chamber Made Opera, mais aussi un concert de Yann Tiersen, devant une foule impressionnante, les organisateurs se mordent sûrement encore les doigts de ne pas l'avoir programmé sur une plus grande scène !

Et le Sziget c'est aussi une scène Blues, une scène Jazz, une scène Découverte. C'est énorme.

Comme vous l'avez compris, pour survivre du Sziget, il faut y arriver bien en forme, car c'est du très gros pendant sept jours complets. La programmation musicale y est énorme, et il y a une multitude d'autres activités à ne pas rater. C'est même peut être TROP : trop grand, trop de monde, trop de jours, trop de scène, pour pouvoir vraiment en profiter à fond !

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