7.5/10Sum 41 - La maturité parfois brouillonne

/ Critique - écrit par Maat (), le 02/04/2011
Notre verdict : 7.5/10 - Du sombre, de l'énervé et de l'inégal (Ecrivez votre critique)

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Sum 41, après un album quelque peu décrié, revient sur le devant de la scène avec Screaming Bloody Murder assez sombre dans les paroles et fort énervé dans la musique. Le groupe varie les rythmes, alternant la balade aux riffs énervés presque speed metal.

Sum 41 est un groupe canadien aux diverses influences, allant de Queen, Metallica, NOFX à Rancid en passant par Police ou Oasis. Cela s’en ressent dans leurs différents albums teintés punk metal. Krinein n’est pas Voici, mais il faut tout de même signaler que Deryck Whibley était marié avec Avril Lavigne, et qu’ils sont actuellement séparés. Cette information est essentielle pour comprendre l’orientation quelque peu mélancolique – et c’est un euphémisme – de leur nouvel album Screaming Bloody Murder.

Sum 41 - La maturité parfois brouillonne
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Des paroles un peu sombres

Dans une grande majorité des chansons, Deryck parle de rupture, de laisser partir l’être aimé. Même si parfois il ne baisse pas les bras, comme en début d’album avec Reason To Believe, qui laisse une lueur d’espoir, ou encore dans des paroles accompagnant des chansons très énervées, il lance qu’il ne la laissera pas partir. Au final, l’album se termine sur cet Exit Song qui symbolise bien ce départ et même si l’auteur infirme que cet album traite de sa vie personnelle, on le ressent de toutes parts.
Cette contradiction dans le discours se retrouve aussi dans la musique, où l’on sent que les musiciens malgré les années de scène cherchent leur style, certains diront qu’on retrouve tous les styles par lesquels ils sont passés, question d’angle de vue.

Sum 41 - La maturité parfois brouillonne
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Des riffs assez énervés

Dans cet opus, l’ouverture s’effectue sur un riff lourd accompagné d’une batterie puissante dans Reason To Believe, puis ça s’accélère pour finir sur une accalmie au piano.  Instrument que l’on retrouve beaucoup, tant dans les introductions, pour Screaming Bloody Murder par exemple, que dans le corps des chansons comme dans Sick Of Everyone qui complète une rythmique bien en place. Parfois il semble quelque peu déplacé, mais donne un peu de pêche comme dans Skumf*k. En parcourant l’album, on a affaire à une batterie rythmée parfois punk, parfois nu métal dans des titres tels que Screaming Bloody Murder, Skumf*k qui arrivent à mettre la patate, ou encore Jessica Kill avec son passage presque speed metal qui fait penser à leur album de consécration : Chuck dont Filipe a fait la critique sur Krinein. Back Where I Belong avec son chant puissant, ses riffs enthousiasmants et son passage acoustique suivi d’un sympathique arpège  pour repartir sur le couplet nous font revivre cet album. Des lignes de chants épurées, alternant entre murmure et voix poussée, très énervée parsèment les morceaux. Au détour de l’album se trouvent quelques petites ballades tranquillisant quelque peu la ligne musicale, telle que What Am I To Say, mais on retourne rapidement sur un ton plus excité, toujours bien introduit comme Holy Image Of Lies. On découvre à mon grand regret des morceaux qui me paraissent complètement superflus dans cet album, comme Time For You To Go ou Baby You Don’t Wanna Know qui sonnent très Pop Rock et jurent quelque peu avec le reste.
Ma dernière remarque ciblera des changements de rythme bien placés comme dans un Blood In My Eyes bien pêchu, mais d’autres paraissant sortir de nulle part et perturbent quelque peu comme dans Holy image of lies par exemple qui change beaucoup de rythme sans grande cohérence, avec même un morceau de piano à la Muse, qui, bien qu'efficace, semble un peu perdu au milieu de la chanson.

Sum 41 - La maturité parfois brouillonne
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Un album inégal mais au final efficace

Au final, Sum 41 ont de bonnes idées. De bons riffs d’un côté, de bonnes ballades de l’autre, un petit morceau de piano par-là, un chant intéressant. Cependant ils ont essayé de faire coller ensemble tout ce qui fonctionne dans le genre et, au final, on se retrouve avec parfois un problème de cohésion. À vouloir plaire à beaucoup de monde, on finit par se disperser. De plus, les changements de rythmes que j’adore en temps normal se font difficilement dans certaines chansons et auraient mérité d’être quelque peu plus travaillés pour ne pas donner le sentiment d’avoir écouté trois ou quatre chansons différentes en une seule. On se demande même parfois d’où sortent ces enchainements. Screaming Bloody Murder regorge donc de bon et de moins bon. Pris à part, des morceaux de chanson peuvent être excellents : Screaming bloody murder, Skumf*k, Blood In My Eyes ou Sick of everyone peuvent faire un carton. Mais le tout mis ensemble, je ne dirais pas que c’est indigeste, car ça reste un album très intéressant, mais on se demandera juste ce que font certains morceaux au milieu de tout ça et j’aurais apprécié un plus gros travail sur les transitions. Cet opus permet cependant de prouver que Sum 41 a évolué, a acquis une certaine maturité et n’est peut-être plus uniquement ce groupe pour ado que l’on connaissait.

Sum 41 - La maturité parfois brouillonne
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Sum 41 - Screaming Bloody Murder

1. Reason To Believe
2. Screaming Bloody Murder
3. Skumf*k
4. Time For You To Go
5. Jessica Kill
6. What Am I To Say
7. A Dark Road Out Of Hell
8. Sick Of Everyone
9. Happiness Machine
10. Over Now
11. Blood In My Eyes
12. Baby You Don't Wanna Know
13. Back Where I Belong
14. Exit Song
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