7/10Sum 41 - Chuck

/ Critique - écrit par Filipe, le 24/11/2004
Notre verdict : 7/10 - Punk engagé (Ecrivez votre critique)

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A l'instar des autres groupes punk américains, semblables à Green Day ou Offspring, Sum 41 a fait valoir ses droits sur la scène rock à la toute fin du siècle passé. Derick Whibley est à la fois son chanteur et son guitariste. Accessoirement, il est aussi le compagnon d'une certaine Avril Lavigne, tous deux étant originaires de l'Ontario. Dave Baksh, alias Brown Sound, est le second guitariste du groupe. Adepte des guitares estampillées PRS, Dave est également un fervent supporter de Led Zeppelin, AC/DC, Van Halen et autres Metallica et Iron Maiden. Enfin, Jason Cone McCaslin et Steve Jocz agissent respectivement en qualité de bassiste et batteur au sein du même groupe. Le premier se veut un adepte des crèmes glacées, ce qui semblerait être à l'origine de son surnom. Selon les mêmes sources, le second se confinerait à un régime végétarien.

Affilié aux alentours de 1999 au label Islands, Sum 41 publie un premier EP dès l'année suivante : Half Hour Of Power, grâce auquel le groupe gagne peu à peu l'estime du public américain. Sous l'égide du producteur Jerry Finn, le groupe s'offre même un premier album : All Killer, No Filler, puis entame une tournée promotionnelle à travers les Etats-Unis. En 2002, les aventures de Spider-man sont accompagnées de leur célèbre What We're All About. Peu après est édité leur second album : Does This Look Infected ?, qui est loin d'être un mauvais disque, selon nos confrères des Inrocks. Chuck est donc leur troisième album, si mes calculs sont bons. Un album dont le titre serait un hommage à un représentant de l'ONU, Chuck Pelletier, dont ils firent la connaissance en juin dernier, à l'occasion d'un rapatriement organisé dans l'urgence. Le groupe tournait au Congo un documentaire intitulé From the Front Lines, au profit de l'association canadienne War Child, lorsque la situation politique du pays s'est subitement aggravée. On voulait utiliser notre célébrité pour réaliser quelque chose de positif. War Child Canada nous a rapidement semblé l'organisme le mieux placé pour nous aider à concrétiser notre projet, car il a souvent collaboré avec des artistes, expliquait à l'époque Dave Baksh, le second guitariste du groupe. Les quatre canadiens ont eu le malheur de se retrouver mêlés à des affrontements entre milices armées. La guerre civile congolaise n'a pas connu de répit depuis 1998. A ce jour, elle pèserait plus de trois millions de victimes, parmi lesquelles de nombreux civils. Chuck Pelletier a mis sur pied un plan d'évacuation. C'était un héros. Il a sauvé la vie de 45 personnes ce jour-là !, s'exclamait Deryck Whibley à l'occasion de son retour du Congo.

Les membres du groupe ont donc mis leur vie en péril, ce que l'album illustre à travers ses nombreux passages effrénés. Le plaisir éprouvé par les quatre fantastiques à l'interprétation de leurs titres est pleinement apparent. On les devine débordant d'enthousiasme, à l'idée de pouvoir agir à leur guise et vivre à nouveau leur passion pour la musique sans contrainte. A l'évidence, l'épreuve a induit une certaine prise de conscience collective autour des malheurs qui inondent ce monde. L'album illustre également ce bouleversement, dont ils firent les frais, à travers une série de propos engagés, qui dénoncent alentour le haut désespoir des uns ou bien la franche passivité des autres. Ainsi donc, le groupe se tournerait-il vers une sorte de punk intelligent ? Les puristes du genre ne sauraient apprécier la mise en relation de deux termes aussi contradictoires.

Morceaux choisis :

Tell me why can't you see, it's not the way ; When we all fall down, it won't be too late ; Why is there no reason we can't change ; When we all fall down, who will take the blame ; Will it take ? (No reason)

And we're all to blame ; We've gone too far ; From pride to shame ; We're trying so hard ; We're dying in vain ; We're hopelessly blissful and blind ; It's all we are ; We want it all with no sacrifice ! (We're all to blame)

Alternant les démonstrations de pop rock, de punk hardcore et de heavy metal, multipliant les cadences jusqu'à en perdre le nord, Sum 41 nous livre enfin son album de la maturité. Le titre We're all to blame en assure actuellement la promotion, via nos principaux médias. En diversifiant son produit, le groupe s'éloigne de ses concurrents attitrés, américains pour la plupart (Greenday, Offspring) et s'implante sur d'autres marchés porteurs, parmi lesquels ceux de Linkin Park et System of a Down. Même si No Reason se rapproche assez de leurs dernières productions, d'autres titres, tels Bitter End, sont particulièrement alourdis et assombris, à la fois par les percussions du batteur et les cordes de ses trois acolytes. On notera à ce propos le contraste flagrant que présentent ces morceaux avec la légèreté des accords de Slipping Away et l'introduction à la Wonderwall du titre Some Way.

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