Sidilarsen - Interview

/ Interview - écrit par Loic, le 15/03/2005

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Interview de Sidilarsen

Nous avions rencontré Viber Sabash, les deux guitaristes de Sidilarsen lors de leur passage à Orsay en février dernier. A quelques jours de la sortie de leur nouvel album Eau, retour sur cette interview.

Krinein : Avant de parler de votre deuxième album Eau à sortir le 21 mars prochain, pouvez vous nous décrire les deux ans qui viennent de passer depuis la sortie de Biotop, votre premier opus ?
Viber : On a pris beaucoup de plaisir à tourner. Et je pense qu'on a pas mal appris, et mûri aussi.
Sabash : Je pense qu'un premier album, c'est toujours particulier pour un groupe, car c'est la concrétisation de plusieurs années tous ensemble. Et même s'il y avait des démos et des maxis avant, on retrouve dessus des morceaux récents qui viennent d'être composés, des morceaux plus vieux ayant été retravaillés. C'est un patchwork de l'histoire du groupe. Alors que là, pour le deuxième album, le plus vieux des morceaux n'a même pas deux ans. Les morceaux sont plus cohérents entre eux, et collent plus à l'identité Sidilarsen. Pour Biotop, les morceaux les plus récents avaient déjà cette identité, mais pour Eau, elle sera présente sur tous les morceaux.
V : Le premier album pose surtout les bases du style d'un groupe, ce qu'a très bien fait Biotop, asseoir cette fusion. Pour celui là, on s'est un laissé un peu plus le champ libre. Même si c'est loin de partir dans tous les sens, on a d'autres influences. On est aussi bien fan de Rammstein, de Nine Inch Nails que de Noir Dez, et je pense que ça ce ressent plus sur celui là.

K : A propos de Rammstein, êtes vous allé au concert d'hier soir à Bercy ?
V : M'en parle pas ! Certains membres du groupe oui ! Je les avais vu sur la tournée Mutter à Barcelone, mais là, on n'avait pas assez de places. Seul Didou (le chanteur) et Frabristi (le manager) ont pu y aller. Ils nous ont raconté, ça avait l'air génial !
S : Nous, on a regardé le DVD !

K : Venons-en au vif du sujet : Eau sort dans près d'un mois. Vous pouvez nous raconter les conditions de sa genèse ?
V : En fait, on a continué à travailler avec Fred Norguet, avec qui on avait fait Biotop et ça s'était super bien passé. Après, ça a suivi une évolution naturelle dans nos compos, c'est sans doute plus rock et plus mélodique que sur Biotop, peut être plus tendu aussi. Ça a pris 15 jours d'enregistrement, 15 jours de mix. On a collaboré avec Fred de manière tout à fait amicale, encore mieux que sur le premier, puisqu'on se connaissait mieux. On a trouvé de bonnes solutions techniques, et on est très satisfait du résultat.

K : Et au niveau de la sonorité de l'album, cela reste dans la continuité du premier, c'est toujours du « dance metal » ?
V : Sur ce plan là, pas tout à fait. En plus, nous parlions plus de « cardio rock », déjà pour le premier. Pour celui là, c'est bien sûr toujours une fusion techno metal, mais il y a vraiment une dimension rock en plus. Maintenant, on préfère le terme electro rock à techno metal. C'est plus ouvert, et ça touche un domaine plus large. Mais ça reste très énergique, saturé dans le son.
S : Et au niveau de l'enregistrement, on a retravaillé avec Fred, mais dans un autre studio, au chalet, près de Bordeaux. Et grâce à ce studio, on a pu retrouver un son plus chaud, qui nous correspond plus au niveau des guitares, basse et batterie. Même au niveau des machines, ça sonne moins froid que sur Biotop, où on avait moins de moyens aussi. C'est aussi ça qui participe à donner ce son plus rock, avec les compos en elles-mêmes bien sûr. Même si ça reste assez metal et rentre dedans.

K : Beaucoup de groupes parlent d'une certaine pression inhérente au deuxième album. L'avez-vous ressentie pendant l'enregistrement ?
V : En fait, pas trop, car on s'est débrouillé pour être en avance, avec une préprod qui avait un peu de gueule, permettant d'avoir déjà une très bonne idée de ce que seraient les morceaux une fois enregistrés. En plus, le studio n'était pas du tout stressant, perdu dans la nature, donc pas trop de pression au niveau de l'enregistrement. En plus, on ne savait pas encore où on allait signer, ça s'est fait assez récemment, donc pas de pression non plus de la part du label. Par contre, on se la met nous même la pression.
S : Oui, voila, on savait que le cap du deuxième album peut être assez difficile pour un groupe, qu'il y en a beaucoup qui clashent ou qui font un mauvais album à ce stade, mais on s'y est préparé, et on savait que ça allait être difficile. Et personnellement, et je crois que c'est pareil pour les autre, j'ai compris ce que disaient certains groupes, car la pression, même si on s'y prépare, elle y est, parce que c'est un album de confirmation. Quand en plus le premier album a relativement bien marché, on est un peu attendu au tournant. Et au delà de ça, il y a aussi des choses à régler au niveau de la carrière du groupe. C'est très souvent un moment charnière au niveau du vécu d'un groupe, c'est le moment où professionnellement, on passe de l'autre coté. Le premier album c'est une rampe de lancement, et pour le deuxième, il faut confirmer et ne pas s'écraser. C'est plus difficile de pousser un deuxième album qu'un premier album. Mais à partir du moment où on n'y va pas les mains dans les poches, qu'on prépare ses arrières et qu'on sait que ça ne va pas être facile, tout ne peut que bien se passer. Je pense qu'on a géré ça du mieux qu'on le pouvait, ce qui fait qu'on est très serein pour attaquer la tournée, la sortie du CD et la promo qui va avec.
V : Et ce qui est vraiment agréable, c'est qu'on a fait ce qu'on voulait. On ne savait pas chez qui on allait signer, donc on n'avait personne derrière nous pour nous dire quoi faire, et même entre nous, on ne s'est pas dit « faut qu'on fasse un Biotop 2 », tout en sachant que ce deuxième album, fallait que ce soit le bon, que ce soit efficace et rentable à tous les niveaux ! (rires)

K : Pouvez vous nous dire quand et comment ont été composés les morceaux de Eau ?
S : On a volontairement voulu commencer assez tôt. Dès la sortie de Biotop, on a tourné. D'ailleurs, en deux ans on a tourné un an et demi.
V : Facilement.
S : Mais néanmoins, on n'a pas fait de tournée marathon, il y a eu beaucoup de dates, mais de façon assez espacée. Donc en parallèle de tout ça, on a commencé à composer. Et heureusement, car on est un groupe qui compose assez lentement. Et ce qui nous a vraiment fait avancer, c'est tout ce travail de préproduction. On a commencé à composer tous ensemble en salle de répet, et on a vite peaufiné tout ce travail en studio, dans le studio de notre collectif Antistatic. On a donc fait tout un travail d'enregistrement studio, sur ordinateur, et ça nous a vraiment permis d'avancer plus vite, de résoudre certains problèmes qu'on peut avoir dans notre style de musical, qui est le coté mi organique mi machine de la musique. De travailler par ordinateur, ça permet de tout peser comme il faut, de vraiment commencer le travail studio. Si on avait continué à travailler comme le font beaucoup de groupes, dans le local de repet, je crois que le disque ne sortirait pas avant deux ans.
V : Oui, c'est beaucoup plus rapide, et ça permet de visualiser les morceaux.

K : Et c'est avec toute cette matière issue de la preproduction que vous avez démarché les labels ?
S : Oui, on a commencé cette démarche avec ça, avec des petites maquettes faites avec nos moyens, et qui étaient tout à fait honorable. Mais actuellement, les labels sont assez frileux, ce qui les intéresse, c'est le produit fini. Ça nous a donc permis de créer une attente, mais on n'a pas eu de réponse avant d'avoir eu la vraie version du disque.

K : Et vous avez donc signé chez Active entertainment / PIAS...
S : Oui. Active Entertainment est un label indépendant assez récent, et l'avantage, c'est qu'on connaît les gens de ce label depuis 2 ans, et c'est des gens en qui on fait confiance, on connaît leur travail. Et même si c'est assez récent, on ne va pas dans l'inconnu. Et le meilleur gage de qualité, c'est la distribution PIAS, qui est actuellement l'une des meilleures distributions indépendantes avec Wagram. C'est par exemple la distribution de Soma de Eths, et quand on voit le résultat que ça a donné, que le disque était vraiment présent partout, on ne peut que se réjouir d'être distribué par eux. Ça va nous apporter très certainement une bien meilleure visibilité en magasin que la distribution M10 (qui a fait faillite NDLR) qu'on avait pour Biotop.

K : Et pour le visuel de Eau, il va encore y avoir le traditionnel tire-bouchon ?
V : Non, ça change ! En fait, ça a été un débat, on en a discuté au sein du groupe, et on s'est dit que si on gardait ce tire-bouchon stylisé, on allait le garder à vie. On s'est dit qu'il valait mieux évoluer un peu.
S : Mais il y aura néanmoins une petite surprise dans le packaging, une petite réminiscence.

K : Maintenant que vous avez une certaine renommée et que vous avez un label et un tourneur, à quoi vous sert le collectif Antistatic ?
S : Ça sert vraiment à beaucoup de choses. Déjà, il nous a apporté beaucoup de choses dans le cadre de notre développement. Sans Antistatic, on ne serait vraiment pas là où nous en sommes aujourd'hui. Maintenant, à l'heure d'aujourd'hui, ce collectif nous sert vraiment dans notre vie de tous les jours. Déjà, parce que notre local de répétition, c'est le local du collectif.
Ensuite, Antistatic n'est pas un label, pas un distributeur, c'est un collectif d'artistes, qui a un impact régional, puisque nous organisons des concerts dans plusieurs départements des Midi-pyrénées et à Toulouse. Et Antistatic continue d'avoir ce rôle d'aide au développement pour des groupes comme Leiden, Delicatessen ou Mary slut, en leur trouvant des dates dans la région, ou ailleurs. Nous n'avons plus besoin de ce genre d'actions, étant donné qu'on est accompagnés maintenant par Sriracha Sauce pour tout ce travail de booking. Ce n'est plus la peine de prendre de l'énergie à Antistatic pour trouver des dates à Sidilarsen. Mais le collectif nous apporte toujours cette infrastructure qui nous sert a faire vivre la musique tous les jours, à travailler, à répéter et à composer.
V : Et on continue à travailler dedans, en organisant des soirées, des échanges. On a maintenant un festival annuel, le furia, qu'on a envie de développer. Maintenant qu'Antistatic nous a beaucoup aidé, on essaye de rendre la pareille en aidant des groupes émergeants.

K : Tout ce qui est piratage et téléchargement illégal de la musique est en pleine actualité, avec les condamnations d'internautes et les réactions de certains artistes et hommes politiques que l'on sait. En tant qu'artistes, qui sortez bientôt un album, vous vous positionnez comment par rapport à tout cela ?
V : Nous on va se positionner entre les deux. Pas trop démago en disant « allez y, téléchargez, c'est bien ! », mais par contre, c'est très injuste pour les gens qui ont étés condamnés, c'était pour faire des exemples. Après, il serait bien d'avoir un peu d'esprit critique en étant consommateur de ça, avec le sempiternel truc : Ne pas graver les jeunes artistes émergeants qui ont déjà du mal a vendre des albums.
S : Et ce qu'il faut savoir, c'est que beaucoup d'artistes qui se sont prononcés en faveur du téléchargement gratuit sur Internet, du peer to peer et tout ça, comme David Bowie, ou David Hallyday en France, et qui disent « allez y, téléchargez nous gratuitement ». Ils faut savoir que ces artistes, ce sont de vraies entreprises capitalistes, cotés en bourse à eux tous seuls ! Ils n'ont même plus besoins de droits d'auteurs pour vivre ! David Hallyday ne vend pas énormément, mais il est producteur et a beaucoup d'entrées d'argent à côté. Pour les artistes auteurs compositeurs, et il y en a beaucoup, un CD acheté égal des droits d'auteurs, reversés par la Sacem. Beaucoup d'artistes vivent grâce à ça. Car faire des concerts, ça va, mais on ne peut pas non plus tourner 24/24h toute l'année ! Au bout d'un moment, c'est les droits d'auteurs qui permettent de vivre. Et c'est aussi simple que ça : Un CD acheté = des droits d'auteur, un CD téléchargé ou gravé, pas de droits d'auteur. L'explication s'arrête là. On n'est pas contre le téléchargement non plus, dans une certaine limite. Il y a des gens qui le font pour découvrir un groupe, savoir à quoi ça ressemble... Et parfois, ce sont des gens qui après vont acheter le disque, pour avoir la pochette, les paroles, le packaging. Mais télécharger tout, même les groupes qu'on adore, parce que c'est gratuit, et que c'est pareil d'avoir un CD gravé, ceux sont des personnes irresponsables qui ne voient que par le profit à court terme. Car si ça continue comme ça, il n'y aura bientôt plus d'artistes véritables ! Il n'y aura plus que des « artistes » financés par les maisons de disques, choisis par les patrons. Il n'y aura plus de création libre.
V : Et un album, c'est aussi un objet, comparable à un tableau. Et il y a une différence entre une toile et une photocopie. Est-ce qu'une réalisation artistique a un prix, je pense que oui, même symboliquement. Je ne vois pas pourquoi la musique serait un art très très mineur, disponible comme ça gratuitement. Mais après, je pense que le marché va évoluer, parce que le marché du disque est en déclin, mais il va y avoir d'autres façons d'acheter la musique. Mais dans l'état actuel des choses, on ne peut pas dire « allez y, téléchargez », parce qu'il y a des groupes qui en pâtissent vraiment, qui n'ont pas de chiffre de vente alors qu'ils remplissent les salles de concert, et qui se font virer de leur label, parce que les labels, ce qu'ils regardent, c'est les chiffres de vente. Le système est comme ça, peut être qu'il changera, mais pour l'instant, un artiste qui ne vend pas, c'est un artiste qui ne va pas durer longtemps, parce que tu ne peux pas vivre que de musique et d'eau fraîche !
S : Après, c'est aussi la faute des labels, principalement des majors et des grosses maisons de disques. Elles sont les premières à se plaindre du téléchargement, que ça détruit le marché du disque, mais ils n'ont qu'à baisser le prix du disque. Ils prennent des marges énormes sur un disque. Sur une disque vendu 20€, l'artiste touche 2€. Il y aussi la marge du disquaire, la Fnac prend peut être 5€ sur un disque, mais c'est la maison de disques qui se prend la plus grosse marge, s'ils pouvaient la baisser un petit peu. En plus, maintenant, il n'y a plus beaucoup d'artistes qui vont enregistrer aux Iles Canaries, 2 mois dans un studio à je ne sais combien de milliers de dollars la journée. Ça n'existe quasiment plus ça, s'est fini. On peut très bien faire un très bon album chez soit avec un ordinateur. En plus, elles sont un peu hypocrites, car effectivement le marché du CD a baissé, mais le marché du DVD musical a explosé. Et ça, on n'en entend jamais parlé. Effectivement le CD baisse, mais quand le CD est arrivé, la cassette s'est cassée la gueule. Donc au niveau du gain, les maisons de disques sont gagnantes. En plus, le DVD est beaucoup plus difficilement piratable, donc les gens achètent les DVD musicaux. Donc au final, j'aimerais remettre les choses en place, le chiffre d'affaire des maisons de disques a augmenté, et pas baissé, contrairement à ce qu'ils voudraient faire croire. Mais pour eux, c'est un moyen de faire du ménage, de rompre des contrats, de virer des artistes, ce sont des entreprises...

K : Jouer sur scène avec les machines, ça n'est pas un peu contraignant, d'être obliger de toujours suivre leur tempo ? Ça retire toute place pour l'improvisation ?
V : En fait, c'est vrai, quand on joue les morceaux, c'est toujours le même tempo tous les soirs, mais on peu quand même changer l'ordre des morceaux. Mais d'un autre coté, ça peut être une force, quand on les a apprivoisées. Il y a toujours un impact, qui est régulier. Et il faut que les musiciens soient maîtres des machines, et pas l'inverse ! Après, je ne pense pas que ça enferme, quand on joue un morceau, on peut aller où on veut, il n'y a pas forcement un carcan rythmique dans tous les morceaux.
S : Après effectivement, il y a quelque chose qui pourrait apparaître comme un contrainte et qui ne l'est pas pour nous, c'est qu'il n'y a aucune place pour l'improvisation. Mais bon, on n'est pas non plus un groupe de jazz expérimental. C'est plus un parti pris qu'une fatalité. A partir du moment ou on joue sur bande et qu'on a des machines qui tournent, l'improvisation est très très délicate au niveau harmonique et tout simplement au niveau rythmique, on sait que les machines ne s'arrêtent pas. C'est un choix, voila tout.
V : Mais on peut quand même comparer des concerts, on voit qu'on ne joue pas les morceaux de la même façon, on a quand même une marge de manoeuvre dans la manière de jouer les morceaux, plus tendu parfois, plus flottant...
S : Et ça peut venir beaucoup du chant également, au niveau du flot de parole, ça peut donner de l'originalité, et des différences par rapport au disque.

K : Que pensez vous du pseudo renouveau du rock en France ?
V : Au début, j'étais très content de ça, parce qu'il y a eu des bons trucs, et ça met des guitares dans les radios. J'avais l'impression que la France avait très peur du son saturé, maintenant ça va un peu mieux.
S : Oui, mais ça met pas les nôtres !
V (en riant): Oui, ça met toujours pas les nôtres d'une part, et d'autre part les groupes en "the" machin et toute cette vague où les groupes sont tous les mêmes, ça commence à saouler maintenant. Le retour aux années 70, 80, vintage, avec le look qui va avec ça va 5 minutes. Nous on revendique vraiment de faire une musique moderne, de 2005.
S : La France est un des pays au monde, où au niveau de la musique dans les medias, on sort tout droit du préhistorique. Il n'y a vraiment que très peu de média qui suit la scène des musiques amplifiées, et c'est pourtant large ! Ce qui vend, c'est ce qui passe à la télé, et ce qui passe à la radio, c'est ce qui passe à la télé !
V : Sarkozy devrait sortir un disque !
S : Alors oui, après, le rock est à la mode, alors ils fabriquent des Kyo, des Steeve Estatoff, comme ils ont fabriqués à une époque des artistes de rap, ou de R'n'B. Il faut voir à quel point le R'n'B français est pauvre par rapport au R'n'B américain, c'est déplorable ! Mais bon, vu que c'est la mode, il fallait en fabriquer.

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